*
Beauté de l’expression
Et magie des mots
– Part II –
[ Mots, Expressions, Tournures de phrases, Sélection
littéraire]
Conçu et rédigé par Georges
H. Chakkour – Éditions
Jeune Lévrier
Copyright © 2010 Georges H. Chakkour – Tous
droits réservés
*
Galéjade (du provençal galéjado
« plaisanterie »):
Blague, histoire inventée de toutes pièces ou simplement éxagérée à laquelle on
essaie de faire croire. Plaisanterie provençale ayant généralement pour but de
mystifier ou simplement faire rire la galerie. (Synonyme
de plaisanterie, blague gasconnade)
Galéjer :
débiter des galéjades (farces, blagues, mensonges).
Blaguer, plaisanter, gasconner… badiner, faire marcher quelqu’un, le mener en
bateau.
Galoche :
Chaussure de cuir à semelle de bois avec ou sans tige, que les paysans
portaient par-dessus les souliers pour se protéger les pieds de l’humidité.
Menton en galoche (ou de galoche) : Menton long et légèrement relevé à l’avant (comme la pointe d’une galoche).
*
Quand faut-il dire : Amener
– Apporter / Emmener – Emporter (erreurs
que nous commettons tous)
« AMENER
s’utilise avec les PERSONNES et les ANIMAUX et APPORTER s’utilise avec les OBJETS inanimés. Par exemple, on
amène son enfant à l’école et un cheval à l’écurie, mais on apporte un livre à
la bibliothèque et un cadeau à quelqu’un. La règle vaut aussi pour les verbes
EMMENER et EMPORTER : on EMMÈNE des PERSONNES et des ANIMAUX et on EMPORTE
des CHOSES avec soi. On se dirige vers un endroit en apportant quelque chose ou en amenant quelqu’un, mais on quitte un endroit
en emportant quelque chose ou
en emmenant quelqu’un.
C’est une simple question de point de vue. On dira, par exemple : J’ai apporté des fleurs à ma mère et j’ai amené ma fille chez le dentiste. Par
contre, on dira : Elle a quitté la maison en emportant son parapluie et en emmenant
les enfants. » (Internet : Le
français au micro) Quelques phrases exemples : « Il est pourtant important d’apporter des solutions et des réponses à la question posée. »
« Tous les visiteurs qui veulent apporter
leur soutien au Site... » « J’apporte
avec moi le vin et la baguette. » « Jacques
amena chez nous un architecte de ses amis pour examiner le toit. » « Alors, tu t’amènes, et n’oublie pas d’apporter le
lait et le pain avec toi. » « Pourquoi n’amènes-tu pas ta
petite amie à la maison ? » « Tiens,
Jacques, mais qu’est-ce qui t’amène ici à cette heure ? »
*
« Ne dites pas c’est fini tant que la
grosse dame n’a pas chanté »
« Cette
fois c’est fini, bien fini… la grosse dame a chanté. » D’où vient
l’expression ? Probablement de l’anglais, inspirée de l’opéra
wagnérien : « It’s not over
until the fat lady sings. » Proverbe axiomatique (fréquemment employé par les Américains dans les jeux
sportifs : « It’s not over till the fat lady sings »)
signifiant essentiellement qu’il ne faudrait assumer de rien avant la fin des
jeux. Un peu comme si l’on disait : « Ne vendez pas la peau de l’ours
avant de l’avoir tué ». Ou : « Ne criez pas victoire avant
d’avoir gagné. » Ou encore, dans le jardon scolaire par exemple :
« La classe n’est pas finie tant que la cloche n’a pas sonné. » Donc,
ne dites pas nous avons gagné tant que le jeu n’est pas fini (ou avant le sifflet final). Le proverbe se réfère
à la fin d'un opéra de Richard Wagner
« Der Ring des Nibelungen » et sa dernière scène (le Götterdämemerung) où une « grosse
dame », la valkyrie Brünhilde (dans la
mythologie nordique les valkyries sont des vierres guerrières qui servaient
Odin, le maître des dieux), traditionnellement présentée comme une dame
bien en chair, coiffée d’un casque ailé et tenant une lance et un gros
bouclier. Son aria final dure une dizaine de minutes et marque la fin de cet
opéra. D’où le proverbe… « Ne dites pas que l’opéra est fini tant que la
grosse dame n’a pas chanté ». L’expression sportive est généralement
attribuée à l’auteur journaliste américain Dan Cook… Son mot était de toujours
lancer : « It ain’t over til the
fat lady sings. » La première fois dit-on qu’il a lancé cette
expression devenue si populaire, c’était en avril 1978, lors d’un tournoi de
basket-ball entre les San Antonio Spurs et les Washington Bullets. [ Pour en savoir plus… ]
*
D’où viennent ces deux expressions :
« Le chant du cygne » et « Être Gros-Jean comme devant »
On dit
que le cygne, connu pour son chant discordant, quand il sent que son heure
approche, lance un chant particulièrement mélodieux. Comme si avant de
s’éteindre, cet animal gracieux disait ainsi adieu à la vie, offrant à la
nature son plus beau chant. Ainsi Moïse, avant de mourir, lance-t-il son
dernier adieu à la vie, dans un chant de cygne d’une beauté incroyable aux
portes de la Palestine… alors que la parole et la Palestine lui étaient
défendues. Quant à l’expression populaire « Être ou se retrouver Gros-Jean
comme devant »… Le Gros-Jean (expession
employée par La Fontaine dans La Laitière et le pot au lait : « Quel
esprit ne bat la campagne ? Qui ne fait châteaux en Espagne ?... Tout
le bien est à nous, tous les honneurs, toutes les femmes… On m’élit roi, mon
peuple m’aime ; les diadèmes vont sur ma tête pleuvant : Quelque
accident fait-il que je rentre en moi-même, je suis Gros-Jean comme devant. ») était un personnage
célèbre de farce médiévale, un niais qui se laissait toujours duper par le
premier venu. D’où l’expression « se retrouver Gros-Jean comme
devant » pour dire se retrouver aussi démuni, aussi pauvre qu’auparavant… (« comme devant » signifiant « comme
auparavant »). Ainsi l’expression se retrouver Gros-Jean comme
devant signifie… Ne pas être plus avancé, être déçu de l’issue, de par la
réalité des choses après avoir bâti des châteaux en Espagne… tout comme
Perrette de la célèbre fable de La Fontaine. Une fois le pot renversé, elle
devait s’être dit : Qué sotta j’y suis… me revoilà grosse-bêbette comme
devant.
*
Rire jaune :
Se forcer à rire pour dissimuler un mécontentement ou une gêne, éclater d’un
rire articiel pour ne pas se montrer vexé d’un mot, d’une remarque ou d’une
boutage qui nous blesse. Le jaune, quand il est d’une teinte vive, est le
symbole des dieux et de la lumière spirituelle. C’est la couleur du soleil, de
l’or, du miel et du blé… et donc de la vie, de l’abondance, de la richesse et
de la nourriture par excellence. Aussi fut-elle de tout temps l’attribut des
rois Incas par exemple, en Chine et dans l’Égypte pharaonique où le jaune vif
était la couleur symbolique des pharaons et des empereurs qui prétendaient ou
croyaient détenir leur pouvoir des dieux. À l’inverse, le jaune pâle, qui est
aussi la couleur du soufre, représente les flammes de l’enfer, mais on
l’associe surtout à la perfidie et à la traîtrise. Judas qui a vendu son maître
pour quelques deniers était représenté vêtu de jaune, de même que Lucifer,
envieux de la Souveraineté divine, était peint en jaune soufre. Cependant
l’expression « rire jaune » provient surtout du fait que les
hépatiques (malades atteints d’insuffisance rénale
chronique sévère) sont souvent de mauvaise humeur, et lorsqu’ils se
forcent à rire, la bile teinte leur visage de cette couleur jaune pâle. Par
extension, l’expression s’applique à toute personne qui se force à rire pour
calmer sa colère ou ne pas montrer qu’elle est vexée. Aussi les voit-on éclater
d’un rire artificiel qui, loin de cacher ce qui les vexe, le souligne encore
plus par cette teinte jaune qui, entre autres, est celle de la perfidie !
*
Synonymes littéraires, populaires et imagés de
« mourir »
Abandonner
la partie, agoniser, avoir vécu, aller ad patres, calancher, caner, casser sa pipe,
se fendre la pipe, claboter, clamser, claquer, crever (comme un chien), cronir,
cesser d’être, cesser de vivre, décéder, expirer, diparaître, trouver la mort,
trouver sa fin, écrire son dernier chapitre, rejoindre l’au-delà, être rappelé
à Dieu, être mort, être tué, faire sa valise, plier bagage, fermer les
paupières (les yeux), finir, laisser ses guêtres, paraître devant Dieu (devant
le Grand Juge, le Juge Suprême), succomber, partir, faire son baluchon, sortir
(quitter ou partir) les pieds devant, passer l’arme à gauche, passer le pas,
trépasser, passer de vie à trépas, payer son tribut, perdre la vie, péricliter,
rendre l’âme (la vie, le dernier souffle), s’en aller, s’éteindre (comme la
flamme d’une bougie), s’effacer, s’estomper, décliner, s’éclipser, sortir entre
quatre planches (entre les quatres planches d’un cercueil, d’une bière), y
passer, périr (sur l’échafaut, à la guerre, noyé), y rester…
« Périr,
cela s’appelle manger des pissenlits par la racine. » (Victor Hugo)
Expressions, dictons et proverbes sur le thème de la mort
Périr d’ennui : S’ennuyer à
périr, à mourir.
Un mouroir (ne pas confondre avec l’adjectif moratoire qui veut dire accorder un
délai) : Lieu où on accueille ceux
qui agonisent et des malades incurables sur le point de mourir. Maison de
retraite, institution où l’on dispose un minimum de soins aux grands malades et
aux vieux sans soins ni secours en attendant leur mort. « Je me sentais
comme dans un mouroir, n’espérant plus rien de rien ni de personne. »
(Awakel) « Cet hôpital pour vieux était une honte médicale, un vrai mouroir
pour chiens abandonnés. C’est là qu’elles mirent leur père qui a tant travaillé
à leur bonheur. » (Awakel)
« Si
le grain ne meurt ! » : Paroles de Jésus dans l’Évangile de
St-Jean. « Si le grain de blé ne meurt, il reste seul, mais s’il
meurt il donne beaucoup de fruits. » Pour que la plante (une pensée, une
idée) pousse et offre au monde les fruits qu’elle porte en elle… il faut que
meure le grain (autrement dit par le sacrifice de soi consenti par celui qui la
porte).
« Qui
court après les souliers d’un mort risque souvent d’aller pieds nus. » (Baser ses calculs sur un héritage, c’est s’exposer à des
désillusions.)
« Pourquoi
nous faut-il mourir alors que la sauge pousse dans notre jardin ? »
Maxime médiévale de l’école de médecine de Salerne, en Italie :
« Pourquoi mourrait-on lorsqu’on cultive la sauge (connue
pour ses grandes vertus médicinales et même, croyait-on, de guérir toutes les
maladies), si ce n’est qu’aucune plante des jardins n’est assez forte
contre la mort ? »
Selon
des statistiques, une personne au moins meurt toutes les deux secondes dans le
monde, alors que naissent trois enfants par seconde.
« Avec de l’argent on fait parler les morts, sans argent
on ne peut faire taire les muets. » (Proverbe chinois)
« Depuis son terrible affrontement avec la
mort, il ne cessa de savourer l’existence comme un cadeau de tous les
instants. » (Note de lecture)
« Il
n’est rien de plus beau que de mourir pour ceux qu’on aime ».
(Jésus-Christ selon St-Jean)
« Laisse
les morts enterrer les morts, mais toi, va annoncer le Règne de Dieu. »
(Paroles de Jésus selon St-Luc)
« Assieds-toi au bord de la rivière, tu verras le cadavre de ton
ennemi passer. » (Proverbe bantou)
Regarder
avec des yeux de poisson mort (les yeux hébétés et
hagards ou figés dans le vide). Faire à quelqu’un une guerre à mort.
« On
peut mourir d’être immortel. » (Friedrich Nietzsche)
« L’approche
de la mort terrfie, mais si le nouveau-né avait conscience de l’approche de la
vie, il serait tout aussi terrifié. » (Charlie Chaplin)
« Philosopher, c’est apprendre à mourir. » (Cicéron)
Philosophie de
la mort :
« La mort n’existe pas… En effet, s’il existe un au-delà après
le décès, je veux dire une autre vie après celle-ci, c’est
que la mort n’existe pas ! Si au contraire, c’est le néant absolu
qui nous attend, c’est donc aussi que la mort n’existe pas, puisque le mort ne saura même pas qu’il a cessé d’exister.
Et dans ce cas, le seul qui sentira pas qu’il est passé de vie à trépas, ce
sera le disparu, puisqu’il n’en saura rien, ni de son état ni de sa mise dans
le tombeau : il n’entendra rien de ce qui se passe autour de lui, il ne
verra rien, en un mot il ne sentira même pas qu’il a cessé d’être. Énigme de la
mort… Mais allez donc savoir, personne n’est revenu pour nous le
dire ! » (Awakel)
*
Quelques proverbes contradictoires qui nous rappellent, comme a dit quelqu’un,
que « de la contradiction et de la lutte des idées, naissent la
lumière et la vie ».
« Ne réponds pas à l’homme stupide selon son imbécillité de peur de
lui ressembler toi-même. » (La
Bible : Proverbes 26,4) / « Réponds à l’homme
stupide selon son imbécillité de peur qu’il ne se croie sage. »
(Bible : Proverbe 26,5)
« Si tu veux être apprécié, meurs ou voyage. » (Proverbe persan) / « Loin des yeux, loin du cœur. »
« Jamais bon cheval ne devient rosse. » / « Il n’est si bon
cheval qui ne devienne rosse. »
« Abondance de bien ne nuit pas. » / « Qui trop embrasse mal étreint. » (Ou encore :
« Contentement passe richesse. » « Le mieux est l’ennemi du
bien. »)
« Qui se ressemblent s’assemblent. » / « Les opposés
s’attirent. »
« Tel père, tel fils. » / « À père avare, fils
prodigue. »
« Prudence est mère de
sûreté. » / « Qui ne risque rien n’a
rien. »
« L'homme est un loup pour
l'homme. » / « Les loups ne se
dévorent pas entre eux. »
« Beau visage n’a jamais eu
vilain nez ! » / « Un grand nez
ne gâte jamais un beau visage ! »
« Le monde appartient à ceux
qui se lèvent tôt. » / « La fortune
vient en dormant. »
« La parole est d’argent,
mais le silence est d’or. » / « Au
commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était
Dieu. »
« L’appétit vient en mangeant. »
(pris au sens de « Plus on a et plus
on veut avoir. ») / « L’habitude tue
le désir. »
« On récolte ce qu’on
sème. » (dans le sens de « Fais
le bien, tu récolteras le bien. ») /
« Ne fais pas le bien, tu ne verras aucun mal ! » (Dicton arabe)
(Ou encore cette expression empruntée à une parabole de l’Écriture, et qui
nous rappelle qu’on a beau labourer, bêcher et semer pour récolter le bien et
jouir de ses fruits… en toutes choses, sur la Terre comme au Ciel, on ne
récolte pas toujours à la sueur de son front : « Il y a beaucoup
d’appelés et peu d’élus. » Ou encore cet autre dicton arabe :
« Fais le bien et jette-le dans la mer ! » car, comme ajoutent
les Turcs : « … si les poissons l’ignorent, Dieu le
saura. » En
d’autres termes : Ne t’attends pas à de la reconnaissance, mais que cela
ne t’empêche pas de faire le bien chaque fois que tu le peux.)
Jeune
Lévrier vous serait reconnaissant de lui envoyer vos paires
de proverbes contradictoires… Waouf !
Waouf ! (Traduction : Merci d’avance !)
*
La Crise des caricatures de Mahomet… et la
liberté de la presse
Je
cite, à toutes fins morales ou littéraires utiles, quelques citations sur le
sujet que j’ai retrouvées dans mes carnets de notes :
« On
peut aussi faire un mauvais usage de la liberté de la presse, mais aussi et
surtout : on peut s’en servir comme un excellent moyen de réflexion,
d’analyse et d’auto-critique éducative. »
La liberté de la presse doit respecter la liberté de pensée, de conviction et de religion des autres.
La liberté de la presse s’arrête là où commence la liberté de croyance des
autres.
« Le droit à la liberté
d'expression » ne comprend pas « le droit de blesser les
sentiments religieux des croyants ».
Kofi Annan
avait affirmé jeudi que « la liberté de la presse devrait toujours être exercée
dans le plein respect des croyances et
des piliers de toutes les religions ». « J'appelle tout le monde à
s'abstenir de prendre des mesures propres à envenimer la situation », a-t-il
ajouté. « Il ne faudrait pas que des mesures soient prises pour punir toute la
nation danoise ou l'Europe entière pour les actions de particuliers », a estimé
M. Annan. « Je crois donc que mes frères Musulmans devraient accepter les
excuses », a-t-il conclu. [ Pour Lire l’article en entier… ]
« Nous reconnaissons tous et nous respectons complètement la liberté de la presse et de l'expression,
mais elle doit s'accompagner de la
responsabilité de la presse. »
« La liberté de la presse doit aller de pair avec la responsabilité
d’expression. »
*
Expressions et locutions : Dormir,
somnoler, piquer un roupillon / Sommeil, sieste, repos, paresse, musardise
Nous
passons presque 1/3 de notre vie à (bien ou mal) dormir. Aussi rien d’étonnant
que les mots, expressions et locutions imagées de la langue française se
rapportant au sommeil et à la sieste soient parmi les plus riches et les plus
variées.
Dormir,
s’endormir, dormailler, dormiller, sommeiller, somnoler, prendre un petit
somme, s’assoupir, ronfler, pioncer, roupiller… Piquer, s’offrir, se taper un roupillon (une
roupillade). Être, se jeter dans les bras de Morphée (dans la mythologie grecque, dieu des rêves et des
songes, fils de Hypnos, dieu du sommeil et de Nyx, déesse de la nuit).
Prendre une petite sieste, piquer un petit somme sur le canapé. « Et tout
en baillant de fatigue, il étira ses bras vers le plafond (tendre, élever, allonger les bras vers...) ».
« Je vais fermer les yeux quelques
minutes », annonça Stella. Le petit somme de Stella se mua en une sieste
d’une heure dix ; le fait d’avoir conduit une bonne partie de la journée,
ajouté à l’inquiétude accumulée, avait eu raison d’elle. Samat s’assoupit lui
aussi, ou en donna l’impression, le menton tombant sur la poitrine, les
paupières clauses frémissantes. (Légendes,
Robert Littell, pg 410) Je tombe de sommeil, allons nous coucher. « Elle
avait encore les yeux pleins de sommeil. » « Elle avait encore les
yeux barbouillés de sommeil. »
Dormir
comme un sabot ou comme une bûche (profondément).
Dormir sur ses deux oreilles : dormir sans crainte, en sécurité (dormir tranquille ou profondément, ou simplement être
rassuré sur l’issue d’un sujet qui nous occupe ou nous préoccupe).
Dormir les poings fermés (on dit également dans ce
sens dormir comme un bébé, comme un ange, un sonneur de cloches, comme un loir
ou comme une marmotte). Dormir comme un loup, ou comme une barrique (d’un sommeil profond et presque sans faire de mouvement).
Dormir comme une roche, une pierre, une bûche, ou encore comme une souche... Dormir en chien de fusil : dormir
sur le côté, les jambes ramenées vers le menton. Dormir comme un chien de moulin : ne dormir que d’un œil (en gardant l’autre à demi-ouvert pour « veiller au
grain »). On dit parfois « dormir comme un blaireau » (mais c'est par confusion avec une autre expression
bretonne : Roc'hal evel ur
broc'h : Ronfler comme un blaireau). Le sabot dort (se dit quand ce jouet
d’enfant, une toupie que l'on actionne avec un fouet ou une lanière, tourne
rapidement sur place, paraissant immobile). Je la vois venir avec ses
gros sabots (ses allusions sont un peu trop
grosses, ses intentions trop claires). Aller nourrir les puces : aller au lit. Je crois qu’il est temps d’aller nourrir les puces, dit-il en baillant. Envoyer quelqu'un dormir : l'envoyer promener. Aller chercher demain matin : se
dit également pour aller se coucher. Peser
du tabac : dodeliner de la tête à table lorsque le sommeil vous gagne.
Le loir ou la marotte : symbole du sommeil
profond et paisible
Le loir, un animal hibernant (très actif à la belle saison, il
passe sept mois par an en hibernation). On trouve surtout le loir gris
dans les vergers, les bocages (petits bois) et les parcs, mais il squatte aussi
les greniers, les cabanes de jardins, et hiberne volontiers dans un arbre
creux, un vieux nichoir (cage ou panier à claire-voie pour faire couver les
canaris et les oiseaux de basse-cour), ou dans l'isolation d'une maison. / Petit rongueur de la taille d'un rat, au pelage gris
argenté, blanc sur le ventre, le loir possède une queue terminée par un joli
panache. On le rencontre dans les bois, les vergers et aussi dans les greniers
où il aime se réfugier pour y passer l'hiver. Svelte et agile, il se déplace
avec aisance dans les arbres. / Dormir
comme un loir : avoir un sommeil profond. / Le loir ne s'anime que la
nuit et cherche dans les arbres sa nourriture, très variée. Il se nourrit, en
effet, aussi bien de fruits, de graines, que d’insectes, d’oiseaux et même de
petits rongeurs. Nichant dans les trous des arbres, il lui arrive d'emprunter
les nids des écureuils, des merles ou des pies qu'il aménage à son goût avec de
la mousse. Il y entasse ses provisions, souvent des glands de chênes. Glouton,
il consomme, quand arrive l’automne, une quantité importante d'aliments et
engraisse énormément. Cette réserve de
graisse lui permet de dormir, sans manger pendant près de 6 mois. Il est
alors en état d'hibernation. On capture le loir au moyen de pièges, l’été, ou
on le prend, l'hiver, quand il est profondément endormi. De caractère agressif,
il se laisse difficilement apprivoiser, dès qu'il a atteint l'âge adulte. [ Pour savoir plus sur ce rongeur : Article 1
/ Article 2 ]
Glander, glandouiller, paresser, flemmarder
Citations : « Il y a ceux qui glandent devant leur télé et ceux
qui bossent au bureau. » « Il y a ceux qui glandent au
bureau et ceux qui bossent sur le terrain. » « Je pense qu’à
son âge il a le droit de glander un peu. »
Glander (ou glandouiller) : Flemmarder,
paresser, musarder, lambiner, glandouiller. « En attendant votre arrivée,
je paresse, musarde, glandouille. » « Je lis, je dors, je
paresse... je me relaxe ! » Végéter,
s’endormir dans une molle indolence (paresse,
nonchalance, indifférence, insouciance, douce chaleur, douceur, torpeur).
Glandée :
récolte de glands. (Les cochons se nourrissent de
glands, d’où la métaphore de Léon Bloy sur Georges Ohnet : « Il n'a vu dans
la littérature qu'une appétissante glandée dont son âme de porc s'est réjouie. »)
« Il
musardait en longeant Park Avenue. »
« Éloge de la paresse ou éloge de la sieste au bord de l’eau... Sous la caresse du
soleil, les sens en éveil, je goutte la brise, je paresse, je m’enivre, je me
fais l’apologie de la fainéantise... » (Paul Lafargue)
Éloge de la paresse (extrait d’un article publié dans Magazine Littéraire
N° 433, juillet-août 2004) : « La paresse n’a pas toujours bonne réputation. Longtemps péché capital pour les uns,
crime contre la société du travail pour les autres, elle demeure encore
aujourd’hui une notion suspecte. On la réduit souvent à un état de molle
indifférence, voué à la veulerie et à l’accablement. On se trompe. La paresse peut être joyeuse, contemplative,
contestataire. Elle bouscule la logique économique et le temps réglé des
loisirs. Par l’inaction et le vide, elle favorise la reconquête de soi. Elle
est à la fois un acte de résistance et la voie de la sagesse. D’Épicure à
Gaston Lagaffe, petits tableaux de la vie paresseuse. L’Homo faber a vécu. Place
à l’Homo ludens. Après tant de labeur,
s’ouvre le règne du repos. Mais l’art de ne rien faire n’est pas si
facile. »
« La
paresse n’est pas la caractérisitique principale des cancres, mais l’ennui
scolaire. » (Note de lecture)
*
L’art et la manière de le dire
La
gratitude n’est pas la qualité principale de ces gens (On
a affaire à des ingrats).
La générosité n’est pas son défaut principal (C’est
un vrai radin).
Il n’a pas son pareil… Il est sans égal… Il est le seul dans son genre (ou le seul de son espèce)… Il est unique au
monde.
Veiller
au grain*… Rester prudent… Veiller à toute
éventualité… Être attentif au péril… (*En termes de marine
« grain » veut dire « vent violent et de peu de durée qui
s’élève soudainement et qui est généralement accompagné de précipitations de
pluie, de neige ou de grêle ». D’où l’expression « prendre garde au
grain » qui signifie « rester attentif », « prendre
garde », « garder l’œil », « rester vigilant ».)
Arriver chez quelqu’un, débarquer chez un ami « sans crier gare » (Sans prévenir, à l’improviste, brusquement).
*
Gérontocratie (du grec
« gêron » vieillard et « Kratos » pouvoir) :
Gouvernement dominé par les vieillards. Gérontologie : Étude des phénomènes liés à la
vieillesse (et qui tente également de résoudre les problèmes psychologiques, sociaux ou économiques des
personnes âgées). Gérontologue : Médecin spécialisé en gérontologie. Gérontophile : Attiré sexuellement par les vieillards. Un géronte : Dans les pièces de théâtre du XVIIe siècle…
vieillard qui se laisse dominer par ceux qui l’entourent (Le petit Littré).
Vieillard crédule et facile à berner (Le
Petit Robert). Gérontisme :
Vieillissement prématuré chez un adulte ou un enfant.
Une boudeuse : Siège double où
deux personnes peuvent s’asseoir en se tournant le dos.
C’est de la bouillie pour les
chats : Se dit d’un texte incompréhensible.
Démoralisateur : Sens
littéraire… corrupteur, qui pousse à l’immoralité. Emploi moderne…
démoralisant, qui tend à décourager, à briser le moral. « Il offre un
tableau démoralisant de la situation. » (Note de lecture)
Ne pas démordre de son avis :
Ne pas renoncer à un avis, s’y accrocher fermement malgré tout. « Il prit
la résolution de partir, et rien n’en put le faire démordre. »
Gourgane : Nom de la fève verte en québecois.
Gourgandine : Femme
« facile », dévergondée.
Locution comparative
À
première vue (à la première observation, de prime abord)… en dernière
analyse (après un examen plus attentif,
quand on y réfléchit bien, après une étude plus poussée)…
*
Accès aux autres parties de cette section
>> Part 1
Part 2 Part 3
Part 4 Part 5
Lire
>> Sélection littéraire des œuvres du Docteur Dahesh : « Dahesh
peint par lui-même
Lire >>
Sélection du même auteur dans « Mémoires d'un Dinar » : Pilosophie
de la guerre et défense de la Patrie



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Georges Henry Chakkour
L’Offrande Poétique

Sélection
Poèmes de jeunesse dédiés au Docteur Dahesh
Liban 1978
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