Les Éditions Jeune Lévrier présentent : Le Rêve Brisé de Fayçal (1er Roi d'Irak) |
Pour lire quelques extraits : Extrait 1 (Introduction / Colonialisme et démembrement de l'Empire ottoman) --- Extrait 2 (Le Partage de la Syrie / Sunnites, Chiites et Druzes) ---
Extrait 3 (Chronologie raisonnée des événements / Fayçal et le Monde Arabe de Versailles) --- Extrait 4 (Le drame de Baabda et triomphe du confessionnalisme libanais)
Tout sur la naissance des pays arabes sous le mandat : l'Irak, le Liban, la Palestine, la Syrie, la Jordanie...
Et surtout le drame de Baabda, où l'auteur nous révèle que même les Maronites du pays du Cèdre actuel
étaient contre la folle idée de détacher le Liban de la Syrie
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De quoi s'agit-il dans cette étude sur le roi Fayçal d'Irak et les pays arabes sous le mandat ?
EN TRAVAILLANT la partie historique de mon deuxième volume de la Série Dahesh (La Porteuse de pierres), j’ai fait plus d’une curieuse découverte touchant le sujet que j’étudiais. La première est que le Mont-Liban[1] (cet antique massif syrien qu’on confond avec le Liban d’aujourd’hui), est si peu mentionné dans l’histoire des civilisations – et encore moins, dans l’histoire antique ou moderne, le Liban proprement dit. Le nom de ce pays ne fit son apparition qu’au début du vingtième siècle, à partir des années vingt. La seconde est qu’en revanche, le nom de Liban est partout présent dans la Bible, du Deutéronome au Livre des Rois, des Chroniques aux Psaumes ; de même qu’il est cité avec une sorte de ferveur idéale par presque tous les grands prophètes hébreux, notamment ceux qui ont annoncé la venue du Messie à l’ombre de ce massif méditerranéen, alors qu’il ne porta son nom et ne devint le pays que nous connaissons qu’en 1920, à l’issue de la Première Guerre mondiale. La troisième découverte, d’une importance capitale à mon avis, est que ce lieu-dit Liban se trouve au cœur de la « Terre promise » rêvée par Moïse, le plus grand législateur des tribus du désert. Au cœur de la Terre promise pour ne pas dire le cœur même de la Terre promise... Entre temps j’avais pris une montagne de notes sur la chute et le démembrement de l’Empire ottoman, et, à leur lumière, j’avais rédigé ce petit recueil de mémoire, sorte d’essai préparatoire au travail plus vaste que j’envisageais. Ce n’est qu’une ébauche, encore un brouillon... Le voici en tout cas, présenté à mes lecteurs avec le moins de commentaires possible, donnant à chaque groupe ethnique ou politique la parole, laissant parler l’Histoire par les documents mêmes de l’Histoire. J’ai surtout tenté d’expliquer comment le Mont-Liban devint le « Petit Liban » sous le régime du moutassarifat, puis forma le « Grand-Liban » des années vingt. Et j’ai enfin parlé de son peuple, de ses communautés religieuses et de ses dirigeants politiques avant, durant et après la Conférence de la Paix de Paris/Versailles qui a changé la carte géopolitique des pays du Proche-Orient et de la Mésopotamie. Enfin je me suis étendu sur les trois célèbres accords qui ont conduit au démembrement arbitraire de l’Empire ottoman, et au partage de ses provinces arabes et perses en petits « États autonomes et indépendants, organisés selon la volonté de la majorité ». Un leurre monumental supervisé par la Société des Nations ! Un leurre qui a permis aux grandes puissances occidentales de déguiser, voire de légitimer, au nom du prétendu « droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes » (principe d’autodétermination des peuples lancé par le président américain Wilson dans ses célèbres Quatorze Points qui ont présidé aux négociations du Pacte de Paris et donné en quelque sorte naissance à la Société des Nations), des crimes de droit international sans précédent dans l’histoire de l’humanité ! Notamment contre les peuples arabes. Quel ne fut pas mon étonnement de découvrir surtout que, contrairement à ce que l’on croit communément : la majorité des Maronites du Mont-Liban[2] était contre l’idée désastreuse de détacher le Liban de la Syrie. On voit à la lumière de ce regrettable gâchis qui désole aujourd’hui cette région rattrapée par ses démons du passé, que ces vrais héros démocrates de la Nation arabe n’avaient pas tort d’avoir recherché l’alliance naturelle avec la Syrie de Fayçal el-Hâchimi, fils du chérif de la Mecque. Ouvert à l’Occident, ami sincère des Sionistes et des peuples minoritaires d’Orient, hautement estimé par les Chrétiens et les Musulmans, rien de ce qui se passe aujourd’hui dans le monde arabe (tout ce sang versé inutilement entre des peuples frères, ces crimes atroces commis contre des pauvres populations sans défense, d’attentats à la voiture piégée, de génocides systématisés et de guerres civiles qui déstabilisent la paix mondiale), rien de tout cela, de Damas à Jérusalem, de Beyrouth à Bagdad et de Tel-Aviv à Gaza, n’aurait eu lieu actuellement s’ils s’étaient librement rangés derrière l’émir Fayçal, ce jeune prince arabe de la tribu des Quraychites ! Ai-je besoin de le dire ? Tout aurait été bien différent aujourd’hui dans cette région qui menace la paix et la stabilité internationales, et l’histoire du monde arabe entier aurait pris un autre cours s’il avait suivi ce jeune prince bédouin (devenu grâce à la politique arabe de Churchill le Ier Roi d’Irak après que la France de Clemenceau l’eût sottement exilé du Royaume de Damas), et si enfin les puissances occidentales, engagées dans un ultime marchandage qui devait aboutir au partage colonial de la région, n’avaient, dis-je, fait avorter son rêve de grande Nation Arabe Unie le jour de Mayssaloun. Ma conclusion de petit historien, ou plutôt de lecteur passionné d’histoire, tirée de mes recherches sur la naissance, l’évolution, le déclin et les « renaissances » à travers les âges de la ville sainte de Jérusalem, est que l’antique « Ourou-Salim »[3] ne prit l’importance que nous lui connaissons aujourd’hui que depuis le roi David, fondateur du Royaume d’Israël. Avant ce temps, la « cité palestinienne » était un lieu ignoré de l’histoire éthique des peuples, autant que l’est le Liban présentement. D’ailleurs, du point de vue purement social, le « Pays du Cèdre »[4] ne fit des remous à l’échelle internationale qu’à partir de la moitié du dix-neuvième siècle, quand les troupes de Napoléon III pénétrèrent au Mont-Liban pour y arrêter les massacres entre Druzes et Maronites. Quant à ma conviction de biographe
passionné de la vie, des pensées et des œuvres merveilleuses du Docteur Dahesh,
elle est la suivante : le jour où, à la lumière de ces événements dignes de
mémoire, sera dévoilée au monde la valeur messianique du Daheshisme (pour qui
il n’est point de religion véritable sans le respect de la croyance des
autres), Beyrouth, qui en fut le berceau, occupera le même rôle de foyer
universel, tenu depuis des siècles par Jérusalem. |
Pour lire Le Liban dans la Bible et l'Exode du pleuple juif vers la Terre de Canaan |
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