
Dahesh par lui-même
Portrait littéraire inédit sur la vie intime, les œuvres et la pensée
d’une figure universelle hors du commun
à travers ses nombreux écrits, ses mémoires et ses récits de voyage
[ Sélection mise à jour et réalisée par Jeune Lévrier ]
« Je suis étranger à ce monde, et combien j’aspire à
cette heure où je retournerai à ma véritable patrie. »
*
«
Homme, puisses-tu comprendre un jour, que si puissant que tu sois, aussi
merveilleuses et étonnantes que soient les actions que tu réalises, aussi
admirables les travaux que tu accomplis, et même si tes découvertes dépassaient
l’horizon, comme personne ne l’a fait avant toi, et quelles qu’elles soient... il est dans les profondeurs de l’existence quelque chose
d’incompréhensible et d’insaisissable, dont la nature et l’essence sont
ignorées... Ce quelque chose se raille et se moque
de tes œuvres, jusqu’à ce que vienne une heure où s’achèvera ton temps
éphémère. Et tu t’en
iras comme si tu n’étais point venu. »
*
« J’aime
les livres avec l’amour de l’ivrogne pour le vin. Et plus j’en bois et plus ils
m’éveillent. »
*
« Les mystères de l’Existence, de
même que les buts derniers de la Création, Dieu les a scellés même à Ses
prophètes. »
*
«
Dieu, personne ne L’a vu, personne ne Le connaît… Les
mystères de la création échappent même à Ses archanges. Et pourtant
tout dans cet Univers porte Son empreinte, nous parle
de Lui et chante Ses louanges dans les galaxies insondables de la pensée, de
l’infiniment petit à l’infiniment grand. »
*
« Les
hommes n’adorent qu’un seul Dieu : l’argent ! »
*
« Il
n’est de bonheur qu’universel. »
*
« Le fanatisme
est le premier ennemi du temple qu’il sert. »
*
« Il
suffit d’une étincelle, d’un caillou, d’une pensée philosophique pour ériger ou
abattre des royaumes qu’on croit éternels. »
*
« Dieu
est partout et en toutes choses. Mais si tu ne trouves
pas Son Royraume d’abord en toi, tu as beau Le chercher partout tu ne Le trouveras nulle part. »
*
Extrait du Dinar
La défense de la Patrie
Gilbert
[un soldat de la Guerre de Quatorze], la tête appuyée sur sa main, écoutait les
réflexions de Mackenzie [l’un de ses frères d’armes] sur la philosophie de la
guerre, sur les dirigeants qui en sont les auteurs et les porte-bannière.
Lorsque Mackenzie
eut achevé d’exprimer ses idées et de les analyser en psychologue, Gilbert lui
répondit :
« Je
te parlerai ouvertement, mon ami. La défense de la Patrie est un devoir sacré
si l’ennemi tente de l’abattre dans sa fierté et de conquérir son sol. La
sauvegarde de la terre de nos pères et des ancêtres est en ce cas une
obligation. Le Ciel nous a promus, nous et nos enfants, à la dignité de
défendre ce patrimoine. Se refuser à ce devoir impérieux entache l’honneur
d’une souillure que n’effacera point le cours des ans, cela si nous avons
acquis la certitude que l’ennemi violera nos frontières dans le but de nous
enchaîner dans la honte et l’infâme servitude.
Mais, si
nous provoquons une agression dans le dessein arrêté d’assujettir nous-même une
autre nation, si notre but est de subjuguer cette nation et de l’avilir, afin
de nous approprier ses richesses et d’assouvir nos ambitions démesurées, si
nous recourons aux intringues et aux subterfuges pour suciter les motifs qui
déclenchent le conflit ; et si, trompant le peuple par l’appât de paroles
illusoires et trompeuses, nous le poussons vers les champs de bataille, comme
proie à la mitraille et à l’acier des canons, nous sommes grandement coupables,
et devant le Juge Suprême, nous répondrons de notre conduite.
Et
même dans la victoire, si nous comparons nos profits et nos pertes, et ce que
nous perdons en vies humaines, notre bilan est sans contredit désastreux. L’expérience
millénaire et les leçons de la vie auraient dû assagir les hommes, et leur
enseigner que la guerre n’engendre que des maux, tant pour le vainqueur que
pour le vaincu.
En
plus de cela, la nation vaincue porte en son sein une rancune immense, et tel
un lion blessé et terrassé, elle souffre patiemment dans ses blessures
sanglantes. Les années passent, elle épie l’occasion qui lui permettra de
surprendre enfin l’ennemi. Frappée à mort, humiliée dans son orgueil, condamnée
à la déchéance, piétinée à la face de tous les peuples, elle attend. Et quand
sonne l’heure tant désirée, tel le lion maintenant debout et plein de vie, elle
fond sur l’adversaire, elle déchire, de ses griffes, le peuple abhorré qui l’a
méprisée et dégradée ; elle l’écrase et l’égorge, pour enfin s’enivrer du
sang de la vengeance. Ainsi s’accomplit la revanche dans le ressentiment et la
haine, car les ans, si long que soit leur cortège, n’ont pu les apaiser.
Puis
tourne la roue du changeant destin, et puis s’élève à nouveau l’autre plateau
de la balance. La dernière des nations vaincues se venge à son tour, et c’est
un perpétuel recommencement : guerres, victoires, défaites, représailles…
Ces
tristes comédies m’ont profondément ému et désemparé. Les nations n’ont-elles
point acquis quelque peu de sagesse par toutes les leçons du passé ?
L’histoire des siècles révolus remplit les pages de nombreux et lourds volumes
où sont exposées les véritables causes des guerres : l’ambition et la
cupidité. Elle dénonce les maux terribles qu’ont engendrés les convoitises des
agresseurs et les tristes conséquences de ces agressions. L’humanité chancelle
sous leur poids jusqu’à ce jour.
Il
incombe actuellement aux dirigeants des quatre parties du globe, d’édifier un
Monde Unique et Indivisible, s’ils aspirent à faire régner la paix universelle
sur cette terre maudite. Ils doivent prendre à tâche d’organiser une
collaboration générale entre les dirigeants de toutes les Grandes Nations. Ils
doivent faire appel à des hommes justes et compétents, et recueillir leur
opinion pour la réalisation de cette œuvre, si grande par son importance, si
noble par sa haute portée. Et que l’on écarte impitoyablement l’avidité
insatiable, l’égoïste intérêt et les ambitions démesurées, en vue du bonheur de
toute la Famille Humaine.
Enfin
les dirigeants doivent procéder à l’élaboration d’une Charte Mondiale qui
régirait tous les continents. Ils y rallieraient les petits peuples qui
dépendent de leur influence ; ils exigeraient une entente générale :
même sort, mêmes lois, mêmes visées, même idéal, et que cette Charte soit
appliquée dans un esprit pur, dans un désintéressement entier.
Tels
sont les facteurs qui peuvent conduire à la concorde et à l’universelle
harmonie. Je présume pourtant que cette conception est peu facile à réaliser,
et je ne crois point qu’elle se réalise dans le temps présents car, en ce
siècle, l’or est l’idole de tous et l’on voit, par les passions qu’il suscite,
qu’il domine de sa puissance souveraine le cœur et la raisons de tous les
hommes. Il en résulte que, les principes les plus élevés, les ambitions les
plus hautes, lui sont acquis. Suis-je donc blâmable, mon ami, si comme patriote
et comme soldat, je reconnais qu’il est mal d’exposer nos vies sur les champs
de bataille dans l’expectative de songes chimériques qui ne se réaliseront
jamais ? »
Mackenzie
répondit à son compagnon d’armes :
« Ce
sont les idées mêmes que j’exprimais tout à l’heure, mon cher Gilbert. Ton
opinion est la mienne, mais je te mets en gardes : n’en souffle point mot
à âme qui vive, car les balles te transperceraient de part en part et
fermeraient à jamais ta bouche trop éloquente. » (Mémoires d’un Dinar :
ce court passage qu’on vient de lire est puisé dans « Philosophie de la
Guerre » et « Vérités Constantes », deux chapitres
émouvants que nous publierons prochainement dans cette section et dans
lesquelles le Docteur Dahesh développe ses idées sur les droits de la guerre et les principes de la défense. >> Pour lire ce
passage en entier)
*
« Mais,
lorsqu’une nation puissante, désire étendre sa domination sur une nation moins
forte, elle ruse et la trompe par des paroles chimérique et des promesses
fallacieuses. Elle la fascine, comme le charmeur fascine le serpent qu’il veut
dompter, et puis elle la fait plier de bon gré à sa volonté afin de réaliser
ses égoïstes desseins. Et quand cette faible nation, leurrée et faussement
persuadée qu’elle jouira de la justice
promise, se rend compte enfin, qu’elle est tombée dans les filets du mensonge,
elle est déjà livrée à l’esclavage de l’étranger, à la honte et au
déshonneur. » (La suite de cette partie prochainement…)
*
« Le
bastion de toute doctrine, la fontaine de jouvence de toute foi, c’est justement
une permanente remise en question de nos propres certitudes. » (Paroles recueillies auprès de Dahesh par Awakel)
*
Le serment sacré du Prophète Bien-Aimé
« JE jure par Ton Nom, ô
mon Créateur, que s’il existait des millions de stupides railleurs et de
lâches perfides, prêts à inonder la Terre et ses parchemins – et même s’ils
gravaient sur chaque pierre de ce Monde et dans l’Autre – que ma Mission
n’était pas dans le vrai, je continuerai à marcher la tête haute, dignement,
et, sans me soucier de leurs opinions, je continuerai à prêcher Tes vérités
jusqu’au jour où mes enseignements auraient submergé à la fois la Terre et les
Cieux. Aucun effort, aucune volonté, aucune puissance dans l’Univers ne saurait
venir à bout de mon désir de propager Ton Verbe Saint dans les Deux Mondes,
tant que c’est Toi, Seigneur, qui sustente ma volonté ! »
*
Docteur Dahesh et la Liberté :
« CETTE liberté
que Dieu seul accorde à tous sans distinction, nul pouvoir d’aucune nature, n’y
peut attenter sans risque de perdre toute crédibilité, toute légitimité, voire
toute raison d’existence. »
« La liberté est un don du Ciel aux Fils de la Terre. En vain un gouvernement opportuniste essaye
de violer son sanctuaire, elle revient infailliblement l’aveugler de
l’éclat de sa poussière révoltée. »
« Le Daheshiste est conscient que défendre
la liberté est un devoir sacré, divin. Il la défendra de sa vie, car elle
est un don du Créateur à Ses créatures,
sans exception de race ou de croyance. »
[ Extrait d’une lettre
au Président de la République Libanaise
Monsieur Alfred Naccache ]
« Monsieur le Président
… quant à moi, bien que je ne me distingue d’aucune fonction officielle, malgré
ma pauvreté d’état [« mon manque de
moyens » (Dahesh étant de la Classe moyenne) manière orientale aussi de
dire « N’étant pas riche à millions comme mes ennemis » ou
« Quoique sans moyens financiers comme eux »], malgré les mille
raisons qui font croire à mes ennemis qu’ils peuvent impunément m’atteindre…
je n’aurai pas peur de les confronter face à face, ni ne me drapperai de
secrets et de mensonges comme ils font en lâches poltrons. [Et quand j’aurais réduit à néant mes ennemis] tous sauront enfin que ma force dérive de Dieu même, que
c’es Lui qui me défend et me cuirasse de Sa bonté infinie. Et ils glorifieront
le Dieu Créateur des Sphrères et des Mondes, car l’épée terrible de l’injustice
serait alors remise dans sa gaine, et gisera dans les profondeurs de la tombe…
pour l’éternité !
Monsieur le Président,
j’ai dit ce que j’avais à dire dans cette déclaration, afin que le juge un jour l’opinion et l’histoire. Et sachez, Votre
Honneur, que l’empire de l’injustice ne dure qu’une heure – celui de la justice
dure toujours ! Que celui qui a des oreilles entende et fasse son bon
profit sinon malheur et puis la destruction, sans doute aucun, suivront
l’injuste
et salut !
Beyrouth 26 février 1943
Docteur Dahesh »)
Lire >> sur le même
sujet une lettre de Dahesh adressée à Me Edouard Noun
*
La suite des citations de « Dahesh par
lui-même » prochainement… Mis à jour le 26 Février 2010 (autrement
dit 67 ans jour pour jour après que cette lettre qu’on vient de lire fut écrite
à Alfred Naccache, demandant justice au Président contre Béchara el-Khoury qui
cherchait par tous les moyens en son pouvoir à perdre le Docteur Dahesh aux
yeux de l’opinion… Preuve que les mots de vérité sont plus forts que la vie qui
passe et le temps qui oblitère nos souvenirs et ce qui nous était cher… GHC Lire
à ce propos la lettre historique de Marie Hadad adressée au Secrétaire
général des Nations Unies)
*
Cette page est en cours de réalisation
Merci de revenir prochainement.
Dénationaliser un citoyen – crime qui dépasse tous les crimes – et c'est
pourtant ce que s'est permis le président libanais Béchara el-Khoury contre le
Docteur Dahesh.
Lisez à ce propos la lettre historique de Marie
Hadad
adressée au Secrétaire général des Nations
Unies vingt-cinq ans avant l’éclatement de la guerre civile qui a ravagé le
Liban :
« J’en appelle donc à votre haute compétence, comme à la
plus grande autorité mondiale représentant tous les pouvoirs,
comme des justiciers suprêmes représentant sur la Terre
la Justice de Dieu.
[Nous les Daheshistes, nous réclamons] la restitution de
la nationalité du Docteur Dahesh. Et, remplissant
un devoir qui s’impose, nous avons recours à votre Cour
Suprême, vous pressant d’étudier
rigoureusement cette affaire qui dépasse les bornes du
Liban. Votre Cour fera en ce
cas œuvre de justice et d’humanité... Elle préviendra que
ce conflit ne se développe davantage encore.
Je vous l’affrime : il risque un peu plus tard
d’ensanglanter le Liban au même titre que la Palestine, cela si aucune
suite
n’est donnée de votre part à cette requête
accusatrice. »
[ Lettre de Marie Hadad, sœur de Michel
Chiha, au Secrétaire général des Nations Unies ]
*
Site Éditions Jeune Lévrier
Pour connaître l’auteur de
cette page
Pour lire ses Chronologies :
5000
ans d’histoire, religion, sciences, arts, découvertes
Fayçal et le monde arabe de
Versailles : 1850-1950
Pour lire un excellent ouvrage sur le Docteur
Dahesh en anglais :

Reflections on my life Before and After Doctor Dahesh (by Joseph H Chakkour)