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Encyclopédie Universelle Daheshiste – Part III
[De 622 – à 1567]
(Chronologie des événements qui ont donné naissance au Liban et aux pays du
Proche-Orient)
Début de l’Islam
[ Conçue et rédigée par Georges H. Chakkour – Éditions Jeune Lévrier
]
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous
droits réservés
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16 juillet 622 :
Commencement de l’ère
musulmane.
Aujourd’hui, an 2010 de l’ère
chrétienne, 1/5 au moins de la population du globe confesse l’Islam comme sa
religion. Autrement dit plus d’un milliard et quelques centaines de millions.
Cette date fatidique, vendredi 16 juillet 622, marque pour eux le jour dit l’Hégire
(de l’arabe Al-Houjrât, l’Exil) où un
certain chef de tribu arabe, le mari de la riche Khadïdja, quitte avec ses compagnons d’armes La Mecque pour se réfugier à Yathrib
(la future Médine,
en Arabie Saoudite).
623 :
Installé à Médine, le père de
Fâtima épouse en secondes noces Ai’sha,
la fille d’Abû Bakr, un des chefs de tribu influente de La Mecque. Ai’sha,
qui n’a que neuf ans encore, devient pour ainsi dire la mère de Fâtima, qui en a déjà plus de dix-sept. Quelques
semaines après cette union disssonante, mais très naturelle en ce temps parmi
les tribus de l’Antiquité arabe, le nouvel époux de Yathrib, pour éliminer
cette note de désordre étrange sous sa tente (entre
sa fille Fâtima et son épouse Ai’sha),
donne la main de sa fille à Ali ibn
Abi Tâleb, son cousin germain qui avait quitté La Mecque pour le
suivre à Yathrib. C’est lui, Ali, le
quatrième calife de l’Islam ; et c’est lui, Mouhammad, le prophète des Arabes et le Fondateur de
l’Islam ; et ce sont elles, Ai’sha
et Fâtima (ou
Fâtmé), les deux figures ennemies qui, se haïssant à vie et à mort, vont
provoquer à la mort de Mouhammad (qui à travers son frère, qui son époux, qui
ses fils, ou qui encore ses champions), la première déchirure civile et
politique dans la communauté musulmane d’où naîtra le Sunnisme et le Chiisme dans l’Islam, à jamais ennemis. Les femmes nobles
des tribus arabes, contrairement à ce que pensent les Historiens (et qui ne
connaissent l’Arabie que par Les
Mille et une Nuits ou L’Arabia Deserta de Doughty), ont
joué un rôle immense dans la Péninsule Arabique, et le second mariage politique
de Mahomet à Médine, en est la preuve indélébile ! (La dernière guerre
sanglante entre l’Iran et l’Irak, tous les conflits honteux qui déchirent aujourd’hui
l’Orient, vient de ces trois Bédouines, dont deux se destestaient autant
qu’elles se jalousaient.) L’influence tribale de ces trois femmes ambitieuses
et possessives, Khadïdja d’abord,
puis Ai’sha et Fâtmé ensuite, sur les chefs des tribus arabes fut immense. Pour la
première de ces trois femmes, Mouhammad fut son chef caravanier et son mari avant
d’être son prophète [ 1 ] ;
pour la seconde, son prophète autant que son mari ; pour la troisième, son
père de chair et son prophète d’esprit. Trois femmes,
trois mondes, trois figures se disputant la genèse, le présent et le futur de
l’Islam. (Mais c’est Khadïdja
qui eut la plus grande influence sur le prophète de l’Islam, à preuve celui-ci
a attendu sa mort pour se marier et se livrer à la polygamie, chose qu’il
n’aurait certes pas osé faire de son vivant. Nez de Cléopâtre de l’Islam : si sa vie avait été un peu
plus longue ou plus courte, le Monde Musulman aurait pris un cours tout
différent, à commencer par le Coran [ 2 ].)
8 juin 632 :
[13 Al-Rabî’ de l’an 11 du calendrier musulman]
Mort à Al-Madina, ville du
Hidjaz, de Mahomet : Mouhammad
ibn Abd Allah, le Fondateur de l’Islam. « Ses successeurs, les
califes, au lendemain de sa mort bâtirent un empire aux dimensions du monde qui
s’étendait de l’Indus à l’Atlantique. Ce fut l’œuvre de quelques poignées de
guerriers nomades [ 3 ]. »
Son message imprégné des enseignements d’Abraham et de Jésus
[ 4 ], à qui il voue une admiration
semi-divine (“Wa kayyadnâhou birouhen’ min’ ladounnâ” « Et Nous l’avons doué d’une
parcelle de Notre Esprit [ 5 ] ») nie pourtant sa mort sur la croix, et nous
laisse l’eau à la bouche quant à la clé de l’énigme. « Ils disent :
‘Nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’envoyé de Dieu.’ Non, ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont
point crucifié ; un homme qui lui ressemblait fut mis à sa place, et
ceux qui disputaient là-dessus ont-été eux-mêmes dans le doute. Ils ne savaient
pas de science certaine, ils ne faisaient que suivre une opinion. Ils ne l’ont point tué réellement. Dieu l’a
élevé à Lui, et Dieu est puissant et sage [ 6
]. » Si l’Islam, dans son
esprit unitaire, déclare que le Judaïsme est l’Islam des Hébreux… (La suite prochainement…)
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1 Selon certains
chroniqueurs, Khadïdja,
qui n’avait pas moins de quinze ans plus que Mahomet, était aussi sa cousine. Quant à Mouhammad, tous s’accordent plus
ou moins sur sa belle histoire avec Khadïdja : Orphelin de père au moment
de sa naissance (569 / d’autres spécifient 29 août
570), et de sa mère (Amina) à l’âge de six ans [« Amina, la
jeune mère de Muhammad, avait dû renoncer à l’allaiter. Elle était très
pauvre ; elle n’était parvenue qu’à grande peine à le faire marcher avec
une Bédouine. Lorsqu’elle voulut reprendre son enfant, la nourrice la supplia
de le lui laisser encore : le nourrisson accepté par charité avait porté
bonheur à la tente ! »] et l’enfant, « ne possédant pour toute fortune, malgré
son origine aristocratique, que cinq chameaux et une négresse », il avait
été recueilli par son grand-père maternel, le très respecté Abdel Muttaleb et, à la mort de
celui-ci, en 578, par son oncle (le fils même
d’Abdel Muttaleb), le non moins respecté Abi Tâleb (père de Ali dit « Ali ibn Abi
Tâleb » : le futur gendre de Mouhammad et Quatrième Calife de
l’Islam). Sa fidélité, son bonheur dans la gestion des intérêts de sa
cousine, Khadïdja, firent sa fortune. Il épousa cette
veuve en 595, alors qu’il avait vingt-six ans et elle quarante deux ans.
Cette union, reconnaissent-ils, en lui assurant une position indépendante, lui
permit de mûrir ses projets de réforme et il s’en montra reconnaissant.
« Tant que Khadïdja
vécut, il n’usa point de la liberté que lui laissaient les lois de son pays, si
l’on peut appeler lois de
simples coutumes sans sanctions véritables. Il ne prit pas d’autre épouse, il
n’eut aucune concubine, et quand il l’eût perdue, en 619, après une union de
vingt-cinq ans, il voua à sa mémoire un respect dont il ne souffrit jamais que
personne s’écartât, et une tendresse dont il n’admit pas qu’aucune des femmes
qu’il se donna ensuite pût avoir la pensée d’être jalouse. » (Le Koran
Analysé, d’après la traduction de M. Kasimirski et les
observations de plusieurs autres savants orientalistes, par Jules la
Beaume, Éditions Maisonneuve & Cie, 1878, pages 13)
2 Khadïdja et le
Coran : Comment aurait réagi cette riche Bédouine d’origine
aristocratique si Mahomet avait épousé Aïcha de son vivant ? En voyant
son époux tomber dans les mêmes égarements que Salomon, qu’aurait conçu sa
jalousie pour se venger ? Il est permis de se
poser ces questions, et certes, Mahomet n’est pas plus grand, ni
surtout plus sage que Salomon aux
yeux du Coran. Ce dernier, malheureusement fait parfois de la femme un
objet de plaisir, et de Dieu un pourvoyeur de délices. Aussi est-il permis de douter que tous les versets soient de
source divine. Il en est sûrement de source humaine, comme il en est qui
furent perdus, incomplètement transcrits ou mal transcrits par les scribes,
soit volontairement, soit involontairement, soit encore par conséquence
naturelle due aux effets de la mémoire (les versets
du Coran, oralement récités devant témoins au cours de longues années, n’ayant
été relevés, classés puis regroupés sur parchemins dans la forme finale qu’on
connaît au Coran, que bien des années après la mort de Mahomet). Quoiqu’il
en soit de cette vieille dispute concernant les premiers califes compilateurs
du Coran, il ne fait aucun doute que les versets
coraniques portent en eux-mêmes la marque de leur origine divine et il
suffit de les écouter pour en reconnaître la source. Certains passages du Coran (si je puis me permettre ici une remarque personnelle)
vous troublent et vous émeuvent jusqu’au fond de l’âme, comme aucune poésie ne
le peut, d’autres sont d’une telle beauté qu’on a envie de se jeter à genoux
pour adorer Dieu… source de toute Beauté et de toute poésie ! (Mais je dirais aussi la même chose de certains passages
de Bach, de Beethoven, de Mozart et de Vivaldi… pour ne citer que ces quelques
musiciens ! Ils vous transportent dans un tel monde de poésie et de beauté
qu’on a l’impression de nager au sein du divin !)
La seule explication de ces versets au goût érotique est qu’ils ont une valeur symbolique et parlent à l’homme du désert
avec des mots et des images qu’il peu comprendre,
car comment lui parler du Ciel ? Pour nous en convaincre, il suffit
peut-être de rappeler les paroles de Jésus à un de ses disciples :
« Comment vous parler du Ciel si, déjà, vous ne comprenez pas les choses
de la Terre… » Ces passages ont doncm selon moi, une valeur symbolique tout
comme dans le Cantique des Cantiques ou lorsque la Bible parle de pays
promis à Abraham et à ses descendants : un pays où coulent le miel et
le lait… alors que c’est une terre de prédilections pour la haine et le racisme
entre frères ! Où pour seule manne il ne pleut que des bombes et des obus…
Ou encore lorsqu’on définit la mort du juste par « être dans les bras
d’Abraham »… Ou encore quand on parle du Fils de Dieu venu sur la Terre
laver nos péchés… alors qu’elle s’y enlise et nous y enlise de plus belle
depuis la Crucifixion ! L’homme, étant un animal tout d’instincts, il lui
faut des images matérielles, tangibles à ses sens, pour lui définir
l’immatériel, le divin, l’incompréhensible… le céleste ! Aussi ces versets
« au sens douteux » dont il est fait mention plus haut, s’ils sont
d’inspiration divine, ne faudrait-il pas les prendre à la lettre, mais dans
leur « rapport symbolique avec l’objet défini », et qui par
nature est indéfinissable car il échappe à nos sens tout comme les couleurs à
l’aveugle et les bruits au sourd. Enfin cet autre argument, Jésus qui
s’adressait à un peuple d’une certaine évolution spirituelle, a bien expliqué
qu’au Ciel il n’y a ni hommes ni femmes… Aussi n’est-ce qu’à la lumière de ces
paroles de Jésus qu’il faut prendre et comprendre « les délices
féminines » promises aux élus par le Coran. Sinon quelle déception
pour le croyant musulman...
3 Youssef Courbage et
Philippe Fargues, Chrétiens et Juifs dans l’Islam arabe et turc.
4 Les premiers Musulmans du désert, grâce au Coran, ont
placé Jésus au-dessus de tous les prophètes sans le diviniser pour autant, à
l’instar des Catholiques depuis Constantin. Comme il
fut appelé Yassou’e el-Nâsiri par ses contemporains, d’où le mot Nasâra,
les Chrétiens y sont ainsi désignés dans le Coran. Outre cela, Jésus, ce Syrien hébreux qui a renversé les bases
temporelles du Judaïsme palestinien, la religion de ses pères, reste une
grande énigme pour ces pleuplades de l’Orient christianisé où pénétrait
l’Islam. Malgré sa célébrité grandissante, sa biographie est restée la moins
connue du Monde judéo-chrétien. (On sait de
Matthieu et de Luc tout l’arbre généalogique de Jésus d’Adam à « Joseph,
époux de Marie, » et contradictoirement on ne sait rien de sa vie).
Alors qu’à Nicée (premier concile de Nicée, 325) on proclame la consusbstantialité du Père et du Fils
(celui-ci serait doté d’une double nature humaine
et divine), au début du Ve siècle, Nestorius,
prêtre d’Antioche qui donna son nom au nestorianisme,
soutient un credo plus complexe (le Christ était un
homme avant d’être Dieu !) tandis qu’à l’opposé de ces deux
doctrines christologiques, les évêques
d’Alexandrie proclament la nature
uniquement divine du Christ (c’est le
monophysisme). C’est surtout ce dernier credo qui dominait en Orient
quand l’Islam, prêchant un monothéisme
simple et absolu, fit sa fulgurante entrée, séduisant après l’Arabie, la
Palestine, la Syrie et l’Égypte pour s’étendre en Mésopotamie et aux Indes. Ami du Judaïsme, du Christianisme, l’Islam n’a jamais
combattu que les sectes qui combattaient ses enseignements.
5 Sourate II, verset 253,
que Jean Grosjean traduit ainsi : « Nous avons donné les preuves à
Jésus fils de Marie et l’avons soutenu par l’esprit saint. » (Le Coran, Éditions Philippe Lebaud, 1979)
Et que Jules la Beaume traduit de la sorte : « Nous avons accordé à
Jésus, fils de Marie, des signes manifestes et nous l’avons fortifié par l’esprit
de sainteté. » (Le Koran Analysé, d’après
la traduction de M. Kasimirski et les observations de plusieurs autres savants
orientalistes, 1878) Le Coran est le premier
mouvement arabe qui nie la divinité de Jésus et sa mort sur la croix. Ce
Syrien hébreux qui a renversé les bases temporelles du Judaïsme palestinien, la
religion de ses pères, est toujours une énigme. C’est l’homme le plus célèbre
et le moins connu du Monde judéo-chrétien.
6 Sourate VI, verset 157. Le Coran est la seule source du mouvement arabe qui nie la divinité de Jésus et sa mort sur la
croix. Il n’est cependant pas le premier ni le seul à avoir admis ce
fait de la substitution d’un inconnu à
Jésus. Avant Mahomet, un autre mouvement, mais alors purement chrétien,
venu d’Afrique, appelé les… sans professer la divinité du Messie, niait
fortement sa mort sur la croix.
Lire >> L’intégral
de cette section : Naissance de l’Islam (de 622 à 1567)
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