*
Encyclopédie Universelle Daheshiste – Part III
[De 622 – à 1567]
(Chronologie des événements qui ont donné naissance au Liban et aux pays du
Proche-Orient)
Début de l’Islam
[ Conçue et rédigée par Georges H. Chakkour –
Éditions Jeune Lévrier ]
Copyright © 2010 Georges H. Chakkour – Tous
droits réservés
*
Pour faciliter la lecture de cette vaste
encyclopédie, nous avons créé un lien interactif entre le texte et les notes
indiquées entre [ ].
Il suffit, pour passer du texte aux notes en
bas de page, ou des notes revenir au texte où vous l’avez laissé,
de cliquer sur les numéros correspondants.
16 juillet 622 :
Commencement de l’ère
musulmane.
Aujourd’hui, an 2010 de l’ère
chrétienne, 1/5 au moins de la population du globe confesse l’Islam comme sa
religion. Autrement dit plus d’un milliard et quelques centaines de millions.
Cette date fatidique, vendredi 16 juillet 622, marque pour eux le jour dit l’Hégire
(de l’arabe Al-Houjrât, l’Exil) où un
certain chef de tribu arabe, le mari de la riche Khadïdja, quitte avec ses compagnons d’armes La Mecque pour se réfugier à Yathreb
(la future Médine, Arabie Saoudite).
623 :
Installé à Médine, le père de
Fâtima épouse en secondes noces Ai’sha,
la fille d’Abû Bakr, un des chefs de tribu influente de La Mecque.
Ai’sha, qui n’a que neuf ans encore, devient pour ainsi dire la mère de Fâtmé, qui en a déjà plus
dix-sept. Quelques semaines après cette union disssonante, mais très naturelle
en ce temps parmi les tribus de l’Antiquité arabe, le nouvel époux de Yathrib,
pour éliminer cette note de désordre étrange sous sa tente (entre sa fille Fâtmé et son épouse), donne la main de sa fille à Ali ibn Abi
Tâleb, son cousin germain qui avait quitté La Mecque pour le suivre
à Yathrib. C’est lui Ali, le
quatrième calife de l’Islam ; et c’est lui, Mouhammad, le prophète des Arabes et le Fondateur de
l’Islam ; et ce sont elles, Ai’sha
et Fâtmé, les deux figures ennemies qui, se haïssant à vie et à
mort, vont provoquer à la mort de Mouhammad (qui à travers son frère, qui son
époux, qui ses fils et qui ses champions), la première déchirure civile et
politique dans la communauté musulmane d’où naîtra le Sunnisme et le Chiisme dans l’Islam, à jamais ennemis. Les femmes nobles
des tribus arabes, contrairement à ce que pensent les Historiens (et qui ne
connaissent l’Arabie que par Les
Mille et une Nuits ou L’Arabia Deserta de Doughty), ont
joué un rôle immense dans la Péninsule Arabique, et le second mariage politique
de Mahomet à Médine, en est la preuve indélébile. (La dernière guerre sanglante
entre l’Iran et l’Irak, tous les conflits honteux qui déchire l’Orient, vient
de ces trois Bédouines, dont deux se destestaient autant qu’elles se
jalousaient.) L’influence tribale de ces trois femmes ambitieuses et
possessives, Khadïdja d’abord, puis Ai’sha et Fâtmé ensuite, sur les chefs des tribus arabes fut immense. Pour la
première de ces trois femmes, Mouhammad fut son chef caravanier et son mari
avant d’être son prophète [ 1
] ; pour la seconde, son prophète autant
que son mari ; pour la troisième, son père de chair et son prophète
d’esprit. Trois femmes, trois mondes, trois figures se
disputant la genèse, le présent et le futur de l’Islam. (Mais c’est Khadïdja qui eut la plus grande
influence sur le prophète de l’Islam, à preuve celui-ci a attendu sa mort pour
se marier et se livrer à la polygamie, chose qu’il n’aurait certes pas osé
faire de son vivant. Nez de Cléopâtre
de l’Islam : si sa vie avait été un peu plus longue ou plus courte, le
Monde Musulman aurait pris un cours tout différent, à commencer par le Coran [ 2
].)
8 juin 632 :
[13 Al-Rabî’ de l’an 11 du calendrier
musulman]
Mort à Al-Madina, ville du Hidjaz,
de Mahomet : Mouhammad ibn Abd
Allah, le Fondateur de l’Islam. « Ses successeurs, les califes,
au lendemain de sa mort bâtirent un empire aux dimensions du monde qui
s’étendait de l’Indus à l’Atlantique. Ce fut l’œuvre de quelques poignées de
guerriers nomades [ 3
]. » Son message imprégné des enseignements
d’Abraham et de Jésus [ 4 ], à qui il voue une admiration semi-divine (“Wa
kayyadnâhou birouhen’ min’ ladounnâ” « Et
Nous l’avons doué d’une parcelle de Notre Esprit [ 5 ] ») nie
pourtant sa mort sur la croix, et nous laisse l’eau à la bouche quant à la clé
de l’énigme. « Ils disent : ‘Nous avons mis à mort le Messie, Jésus
fils de Marie, l’envoyé de Dieu.’ Non,
ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié ; un homme qui lui
ressemblait fut mis à sa place, et ceux qui disputaient là-dessus ont-été
eux-mêmes dans le doute. Ils ne savaient pas de science certaine, ils ne
faisaient que suivre une opinion. Ils ne
l’ont point tué réellement. Dieu l’a élevé à Lui, et Dieu est puissant et
sage [ 6 ]. » Si l’Islam, dans son esprit unitaire,
déclare que le Judaïsme est l’Islam des Hébreux
(« Qui a en haine la religion d’Abraham sinon celui dont l’âme est
folle? » Sourate II, verset 130. « Abraham ne fut ni juif ni chrétien
mais bien un Musulman convaincu [ 7 ]. » Sourate III, verset 66), il prouve aussi
par ses enseignements que l’Islam c’est la religion Chrétienne des Arabes. Sans
le Coran, probablement ces anciennes peuplades d’Arabie n’auraient pas connu le
nom de Jésus ; et quoiqu’ils nient l’exactitude des textes de l’Évangile,
ils confessent que Jésus était doué d’une force spirituelle à nulle autre
pareille. En effet, leur Coran ne nie pas l’Évangile : « Sur les pas
des autres prophètes nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, pour confirmer le
Pentateuque. Nous lui avons donné l’Évangile, qui contient la direction et la
lumière ; il confirme le Pentateuque ; l’Évangile contient aussi la
direction et l’avertissement pour ceux qui craignent Dieu. » (Sourate V, verset 50) De préférence à tous les
prophètes, le Coran prête à Jésus un pouvoir de miracle absolument divin,
car qui, hormis Dieu, a tiré d’une figure de boue, sur laquelle il a soufflé de
son esprit, un être vivant ? « Un jour les anges dirent à
Marie : ‘Dieu t’annonce Son verbe, son nom est le Messie Jésus fils
de Marie, il sera illustre dans cette vie et dans l’autre, et un des
familiers de Dieu. Il parlera aux hommes dès le berceau et dans l’âge mûr. Il
sera parmi les justes.’ Seigneur, répondit alors Marie, comment aurais-je un
fils ? aucun homme ne m’a touchée. ‘C’est ainsi, reprit l’ange, que Dieu
crée ce qu’Il veut, Il dit sois, et il est. Dieu lui enseignera le Livre et la
Sagesse, le Pentaqueuque et l’Évangile. Jésus sera son envoyé auprès des
enfants d’Israël. Jésus leur dira : Je viens vers vous, accompagné de
signes du Seigneur, je formerai de boue la figure d’un oiseau, je soufflerai
sur lui et, par la permission de Dieu, l’oiseau sera vivant. Je guérirai
l’aveugle de naissance et le lépreux. Je réssusciterai les morts par la
permission de Dieu. Je vous dirai ce que vous avez mangé et ce que vous avez
caché dans vos maisons. Tous ces faits seront autant de signes pour vous, si
vous êtes croyants. » (Sourate III,
versets 42-50)
632-634 :
Premier califat de
l’Islam : Abû Bakr, surnommé par les premiers Musulmans Abû
Bakr Al-Siddik (le Très Véridique).
Fidèle de la première heure, ami intime du Fondateur de l’Islam, il fut surtout
le beau-père de Mouhammad par sa fille A’isha (l’épouse
favorite du prophète). C’est lui, Abû Bakr Abd Allah, que les premiers chefs
arabes de Médine élurent pour succéder à leur prophète et les diriger dans
leurs affaires temporelles et religieuses, l’honorant du titre de : Khalifat Rassoul Allah (Successeur du Messager de Dieu).
633 :
Conquête du Yémen par les Musulmans de Médine,
l’ancienne Yathrib.
634 :
Conquête de la
Mésopotamie par les Musulmans de Médine.
634 :
Mort, à Médine, du
premier calife de l’Islam, Abû Bakr Al-Siddik.
634-644 :
Second califat de l’Islam
sous Omar Abû Hafsa ibn Al-Khattâb [ 8 ].
Sous le règne du second
successeur du prophète, les Arabes de la péninsule Arabique, dont la religion
est devenue rapidement l’Islam, défont les armées byzantines sur le Yarmouk, en
Syrie (636), puis avancent victorieusement
sur l’Égypte et Tripoli (639). Ils
occupent la Perse et mettent fin à l’Empire sassanide par la victoire de
Qâdisya en 637 et de Nehavend en 642. Ainsi commence et déjà s’achève
la conquête politique et dynastique de la Mésopotamie, de la Palestine et de la
Syrie. Moâwiya, dont une sœur a été une des concubines de
Mouhammad, lui-même ancien aide de camp de celui-ci, est nommé gouverneur de
Syrie par le calife Omar.
638 :
Prise de Jérusalem par les
Arabes. Omar (calife de l’Islam) entre en Syrie.
640 :
Amr Ibn El-As, général du calife Omar,
bat les Byzantins à Héliopolis et occcupe le pays. L’Égypte devient alors une
province de l’Empire des califes.
642 :
Des communautés
mazdéennes [ 9 ], conduites
par leurs mages, fuient la Perse vaincue par le calife Omar dans le désert de
Thar. Ils émigrent en grand nombre à Bombay et forment une nouvelle caste en
Inde. Elle est connue aujourd’hui sous le nom de Parsis
[ 10 ]. Les Zoroastriens
et les Mazdéens qui choisirent de rester en Perse forment actuellement
en Iran les Guèbres (du mot persan gabr : infidèle). D’autres
villes et provinces comme Yezd, tombées aux mains des Arabes, et qui refusèrent
de plier sous la loi islamique de Omar, subirent alors une épuration sanglante. (Elles connaîtront le même sort sous les conquêtes
religieuses des Afghans en 1722.)
644-656 :
Troisième califat sous
Uthman’ ibn Affân’.
656-661 :
Quatrième califat sous Ali
ibn Abi Tâleb. (Sa
nomination, controversée par Ai’sha et ses partisans, cause la première
déchirure au sein de l’Islam.)
656 :
La bataille du
Chameau près de Bassora.
La grande bataille au sein de la communauté
musulmane de la Mecque, terminée près de la ville de Bassora
[ 11 ], fut appelée Ma’araket Al-Djamal (la Bataille du Chameau) à cause du dromadaire que
montait la Mère des Fidèles, A’isha, épouse du Prophète, figure tabou pour tout
Musulman, et autour duquel tomba un grand nombre de morts. Elle fut fomentée
par l’intrigante et autoritaire A’isha, entre les successeurs du Prophète,
alors que le gendre de celui-ci, Ali ibn Abi Tâleb [ 12 ], fut choisi calife par une grande partie des
Musulmans de Quraysh et de Medine. À ce propos, écrit Ali dans Nahj al-Balagha (La Voie de l’Éloquence : Recueil de discours et de sermons) :
« Ils sont sortis, trimballant l’épouse du Prophète comme une esclave
qu’on vient d’acheter, la dirigeant vers Bassorah. Ils gardèrent [bien
protégées du regard d’autrui] dans leur sanctuaire leurs femmes et exhibèrent
aux yeux de l’armée le sanctuaire interdit du Prophète. Il n’y avait pas un
seul parmi ces guerriers qui ne m’ait juré obéissance et qui n’ait salué ma
désignation, librement et sans y être obligé. Ils se sont attaqués à mes hommes
à Bassorah et à d’autres habitants et se sont accaparés du Trésor Public des
Musulmans et d’autres habitants de Bassorah, tuant les uns avec froideur, les
autres avec perfidie. Dieu m’est témoin, s’ils n’avaient lésé qu’un seul
Musulman en préméditant sa mort, sans que ce dernier ait commis le moindre
tort, faire couler le sang de toute cette armée devient légitime à mes yeux.
Car ils furent témoins de ce qu’ils devaient empêcher, et ne l’ont pas défendu
ni par la langue ni par l’épée. »
C’est la première déchirure
civile au sein de la communauté, et qui devait avoir pour cause deux femmes
ambitieuses et deux prétentions à la succession : le clan de Fâtima, la
fille préférée du prophète et épouse de Ali (déjà
élu calife par les habitants de Kufa), et celui de la belle A’isha, la
femme préférée de Mouhammad, partisane des dissidents de Ali qui prirent le
pouvoir à Bassora. A’isha (habibat rasoul Allah) fut
capturée par les partisans de Ali, ramenée respectueusement à Médine, et
libérée par son implacable ennemi sous condition de ne plus se mêler de
politique.
Quant aux gens de Bassorah, Ali les
admonesta ainsi à l’occasion de la Bataille du Chameau :
« Vous étiez les soldats de la femme et suiviez l’animal. Il a
blatéré, vous avez suivi, il fut blessé, vous vous êtes enfuis. Vos mœurs sont
dissolues, votre pacte fragile, votre religion mensonge, votre source saumâtre.
Celui qui habite votre ville devient otage de ses faiblesses, celui qui
s’en éloigne s’enrichit de grâce divine.
« Il me semble, contempler votre village submergé par l’eau, il n’en
émerge que le sommet du minaret, tel un collier de mouette battu par les flots
de la mer. »
Devant la mort de Talha et
Zoubeir, Ali le quatrième calife de l’Islam s’adressa à eux dans ces
termes :
« Nous êtes sortis des ténèbres et grâce à nous vous avez accédé au
zenith. Mais vous êtes demeurés sourds à notre appel et fermé vos cœurs à nos
conseils, comment un murmure peut-il toucher celui qu’a assourdi le grand
appel ? Je m’attends encore à vous voir subir les conséquences de votre
trahison. Je devine sur votre visage le regard de ceux qui se font des
illusions. Rien ne me retient de vous punir que votre fausse apparence de
Musulmans, qui elle seule vous sauve de mon intuition à propos de votre
mauvaise foi. Je vous ai conduits dans la voie de la vérité, ombragée par la
justice, mais en vain : vous avez préféré prendre une route sans guide, ni
point de repère pour vous diriger.
« Aujourd’hui, tout parle en ma faveur, l’homme, la bête et la nature,
et vous ne comprenez pas. Je n’ai point douté de la vérité dès qu’elle s’est
révélée à moi. Moïse, que la Paix de Dieu soit sur lui, n’a point tremblé de
peur sur sa personne, mais de crainte de voir l’ignorance des sots et des
impies triompher de sa vérité. Aujourdhui nous nous sommes croisés où se
croisent le droit et le mauvais chemin. Qui est sûr de sa source ne craint
point la soif.
« Et si je parle ils diront : il tient au pouvoir ; et si je
me tais ils diront : il craint sur sa vie. Je vous jure par Dieu, que Ibn
Abu Tâleb est aussi familier avec la mort que le nourrisson avec le sein
de sa mère. Et même, je dispose au fond de moi-même, de connaissances secrètes
qui, si jamais je vous les dévoilais, vous feraient trembler comme une corde au
fonds d’un puits profond. »
658-750 :
L’Égypte sous le règne
des Omeyyades.
[ Références sur Internet :
Les Omeyyades ou Umayyades – Wikipedia : Les Omeyyades ou Umayyades
(en arabe : الأمويون, Al-ʾUmawiyyūn ou بنو أمية,
Banū ʾUmayya) sont une dynastie de califes qui
gouvernent le monde
musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur
nom de leur ancêtre ʾUmayya, grand-oncle de Mahomet. Ils sont
originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque
au temps de Mahomet. Succédant au calife ʿAlī
ibn ʾAbī Ṭalib, ils prennent Damas comme capitale
et fondent le Califat omeyyade, qui devient le plus grand État musulman de
l'Histoire. Renversés par les Abbassides, ils fuient en Andalousie
et fondent un nouvel État à Cordoue. ]
Voir note plus
bas : Les Omeyyades de Damas : 661-750.
Janvier 661 :
Assassinat d’Ali, le quatrième calife de l’Islam
[17 Ramadan’ de l’an 40 du calendrier dit
l’Hégire]
Assassinat de Ali ibn Abi
Tâleb, quatrième calife de
l’Islam et gendre du prophète, dans la grande mosquée de Kufa (ville d’Irak, située à environ
170 km au sud de Bagdad), par un puritain khârijite. Fidèle sectateur de Ai’sha et son
vengeur passionné, en éliminant le calife à qui, lui et sa tribu, les
Muhagirine comme les Ansar, avaient prêté serment d’allégeance, il crut venger
l’épouse du prophète offensée.
28 août 661 :
Moâwiya, profitant de la
première rupture, refusant avec Ai’sha de reconnaître Ali comme
calife en 656, impose son propre pouvoir, et se nomme calife de l’Islam [ 13 ]. Il fonde la dynastie des Omeyyades à Damas,
rompant avec la tradition des premiers compagnons du prophète, introduisant peu
après la disparition de Ali le principe dynastique dans le califat. Alors que
Ali, le troisième calife, était toujours en vie, il intrigua pour sa déchéance
et se fit proclamer héritier du prophète par les Syriens en 658, puis réussit à
imposer son califat à sa mort en 661. En 680, il désigna
son fils Yazid comme son successeur au califat. Dès son règne, Moâwiya
transféra sa capitale de Médine, l’ancienne Yathrib, à Damas, qui devint la
capitale d’un vaste royaume musulman, et étendit le pouvoir des Omeyyades sur
l’Égypte et puis l’Espagne. De tous les quatre premiers califes, appelés les
Rashidun (les bien-guidé), le règne du premier a été aussi
paisible et uni que bref. Grâce à son autorité reconnue par tous les compagnons
de la première heure, la dynamique qu’il créa porta facilement son armée dans
les provinces frontières des deux grands Empires byzantin et sassanide. Quant
au deuxième calife, Omar ibn Al-Khattâb, ses généraux ayant
conquis à l’Islam toutes les provinces perses de la Palestine et de la Syrie,
occupé la Perse et dominé la Mésopotamie, il finit assassiné en 644 dans la
mosquée de Médine, par un esclave persan, par vengeance privée. Choisi par un
petit groupe de notables de Quraysh, Uthman’ ibn Affân’ lui
succèda jusqu’à 656, année où lui-même mourut assassiné à la suite des premiers
troubles civils éclatés à Médine entre les premiers prétendants à la
succession. Omar ibn Al-Khattâb, calife exemplaire, fut plus
qu’un conquérant doublé d’un administrateur juste, austère et brillant. Il
instaura l’ère de l’Hégire [ 14 ],
et fut le fondateur de la légendaire et prospère ville de Basra en Irak. Plaque
tournante entre l’Inde, la Chine, l’Afrique et la Méditerranée, Bassora fut
très célèbre par ses activités commerciales et intellectuelles au VIIIe et au
IXe siècle. Il prépara surtout le chemin de Uthman’ ibn Affân,
son successeur, qui fut le père éditeur du Coran. C’est sous son
califat que se fixa le canon dit othmanien du Livre Sacré sur lequel repose le
phénoménal rayonnement de l’Islam. Sans le génie brillant du troisième calife
Uthman, le message de l’Islam aurait revêtu une autre forme littéraire. Les
textes du recueil rassemblés, Uthman souleva une forte opposition en Irak et en
Égypte et fut tué par un des frères de Ai’sha, qui lui contestait cette
autorité. Ali, le quatrième, et dernier calife avant les Omeyyades, connut le
même sort. Son mandat ne dura que cinq ans : il fut émiminé de la scène
par Abdul Rahman ibn Muljam, alors qu’il faisait sa prière dans la grande
mosquée de Kufa.
*
[ Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de
l’Islam dans le Monde :
Les Omeyyades de
Damas : 661-750.
Califes de l’Islam, revendiquant
l’autorité universelle, principale capitale : Damas.
Omeyyades ou Umeyyades : leur nom vient du calife
Mu’âwiya ibn Abi Sufyan Ier, fondateur de la dynastie des Omeyyades. Il était
le rejeton d’un certain Umayya, grand-oncle de Mahomet. Rompant avec la
tradition des premiers califes traditionnels, Mu’âwiya introduisit le principe dynastique dans le califat, et
fut, selon les termes d’Albert Hourani dans Histoire des peuples arabes, le
jalon qui marque la fin d’une époque et le commencement d’une autre. Sa dynastie régna de Damas, le siège de son gouvernement
et de ceux qui lui succédèrent sur l’ensemble de l’Empire musulman, de 661 à
750 ; puis sur l’Espagne de 756 à 1031, de
Cordoue. L’épopée du seul survivant du massacre de la dynastie damascène des
Omeyyades, Abd al-Rahman ibn Mu’âwiya (le seul qui a échappé à la fureur des Abbasides,
laquelle « n’a épargné ni femmes ni enfants, allant jusqu’à déterrer les
morts pour en disperser les os »), et de sa renaissance à Cordoue,
six ans plus tard, est aussi belle que l’histoire d’Énée racontée par Virgile. ]
*
661 :
Les Omeyyades prennent le
contrôle de l’Égypte pour la durée d’un siècle avant d’être supplantés par les
Abbasides de Bagdad. Ces derniers vont se maintenir dans le pays pendant deux
siècles. Basés en Tunisie, les Fâtimides les évinceront en 969 et étendront
leur pouvoir sur toutes les provinces du Moyen-Orient.
674-678 :
Premier siège
de Constantinople par les Arabes.
Le siège sera repris sans plus de
succès en 717. Péril musulman en qui beaucoup de Byzantins commencent à flairer
une sorte de châtiment que Dieu leur impose pour les punir d’être tombé dans
l’idôlatrie des images, fixes ou mobiles, du Christ, de la Vierge et des
saints. Depuis 633, les raids arabes leur avaient déjà fait perdre la Syrie, la
Palestine, l’Égypte et la Berbérie. Le culte des figures et des représentations
fut banni pour un temps, les images saintes détruites, avec interdiction
formelle d’en exécuter de nouvelles. [ « Léon III l’Isaurien [717-741] fit enlever la représentation du Christ
qui surmontait la porte du Palais impérial. Quatre ans plus tard, l’iconoclasme
(doctrine opposée à l’adoration et au culte des
images saintes) se répandit en Asie Mineure. Les images des
saints, de la Vierge et du Christ dans les églises étaient impitoyablement
détruites, et remplacées par de simples croix, tandis qu’on massacrait
leurs partisans, les conodoules. » (Turquie,
Guides Bleus, Hachette, 1996, page 223) Mais besoin religieux fortement
ancré, depuis des millénaires, chez ces Romains, après plus d’un siècle de luttes
vaines, la prohibition fut levée le 11 mars 843, premier dimanche de Carême,
par l’impératrice Théodora. Cette fête mobile du retour des images continue
d’être célébrée encore aujourd’hui comme celle du triomphe de l’orthodoxie. (Voir à ce propos le Nagel, Encyclopédie de
Voyage, Turquie, 1988, page 68) ]
678 :
Mort de Ai’sha, fille
d’Abou Bakr, épouse de Mouhammad.
680-681 :
Sixième concile présidé par
l’empereur Constantin IV, reprise du dogme de Chalcédoine : condamnation
du monothéisme et restauration de l’orthodoxie religieuse.
10 octobre 680 :
Le schisme de l’Islam est
consommé par la mort tragique d’Al-Hussein, fils de Ali ibn Abi Tâleb, tué au
combat.
685-711 :
Expansion des Arabes en Afrique [ 15 ] et en Espagne. Déjà, en 674, les armées Arabes
avaient assiégé et menaçé les murs de Constantinople comme jamais avant ne le
fut la capitale chrétienne des empereurs d’Orient. En l’an 711, les armées
Arabes sont présentes de Tolède à Lahore et Samarcande. Vers 750, l’Empire
islamique atteignait des dimensions prodigieuses, s’étendant des portes de la
France à la Chine.
692 :
Concile quinisexte de Justinien
II : confirmation du dernier concile de Chalcédoine, et rupture définitive
entre les Églises d’Orient (Les Grecs) et d’Occident (Les Latins).
717-718 :
Deuxième siège
de Constantinople par les Arabes.
726-843 :
Querelle
des Images (dite querelle iconoclaste au sein de l’Église de
Constantinople).
« Constantinople,
730
« Après avoir, en 726, promulgué le premier édit condamnant
le culte des images sacrées, l’empereur byzantin Léon III, dit l’Isaurien,
convoque un concile à Constantinople. Cette réunion va prohiber comme idolâtre
la représentation et la vénération des images saintes, et ordonner, en
conséquence, la destruction des icônes dans toutes les églises de l’Empire,
provoquant une guerre des images qui déchirera la Chrétienté pendant
plus d’un siècle.
« La volonté iconoclaste de l’empereur a plusieurs origines. Tout
d’abord, il s’agit d’une action religieuse. En effet, Léon III considère
[influence de l’Islam?] que les images ont cessé d’être des symboles et ne sont
adorées que pour elles-mêmes. Soutenu par la haute société éclairée, Léon III
entend ainsi lutter contre les tendances idolâtres du peuple en s’appuyant sur
les textes de la Bible. Mais ces raisons sont aussi des raisons politiques. En
imposant ces mesures, Léon III veut lutter contre le pouvoir croissant des
moines, dans le cadre d’une qurelle entre l’Église et l’État, et aussi
soustraire l’Asie Mineure byzantine à la séduction de l’Islam, religion aux
tendances aniconiques (le Coran interdit toute représentation.) En effet,
depuis quelque temps, Byzance est en mauvaise posture face à l’expansion arabe.
Le pape Grégoire III, soutenu par l’Occident tout entier, va se poser, comme
son prédécesseur, en défenseur des images en réunissant à Rome, en 732, un
concile qui condamnera l’iconoclasme. À Constantinople, le Théologien Jean de
Damas [dit Jean Damascène, auteur de Source de la Connaissance] prend la
tête des partisans d’images. » (Chronique
de l’Humanité, Éditions Chronique, 1986, Page 294)
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
Les Abbasides :
749-1225.
Califes de l’Islam, revendiquant
l’autorité universelle ; principale capitale : Bagdad.
Elle fut fondée pa Abu Abbas
Al-Saffah, descendant d’Abbas, oncle du prophète. Hâroun Al-Rachid,
qui régna de 786 à 809, fut un de ses plus brillants souverains. Ses victoires
contre les Byzantins sont restées célèbres, ses relations amicales avec
Charlemagne furent légendaires. ]
*
750-868 :
L’Égypte sous les Abbasides.
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
Les Omeyyades
d’Espagne : 756-1031.
Ils formèrent, grâce à un prince
omayyade qui a survécu au massacre de Damas, leur propre califat dans la péninsule
et étendirent leur pouvoir sur toute l’Espagne musulmane. Mais surtout, ils
unirent dans un même État fédéré, après avoir les avoir soumises, toutes les
provinces hispaniques islamisées.
« Plus importante pour l’histoire du monde musulman dans son ensemble,
fut la voie séparée qu’emprunta l’Espagne, ou Al-Andalus, pour lui donner son
nom arabe. Les Arabes y débarquèrent la première fois en 710 et y créèrent vite
une province du califat, qui s’étendait jusqu’au Nord de la péninsule. Les
premiers immigrants arabes et berbères furent rejoint par une seconde vague de
soldats denus de Syrie. Ils devaient jouer un rôle important, car, après la
révolution abbaside, un membre de la famille des Omeyyades parvint à se
réfugier en Espagne et à y trouver des partisans. Une nouvelle
dynastie omeyyade fut créée et régna près de trois cents ans – mais ce ne
fut qu’au milieu du Xe siècle que l’un de ses membres prit le titre de Calife.
« Dans leur nouveau royaume, les Omeyyades connurent la même évolution
qu’autrefois en Orient. Une société où des Musulmans régnaient sur une majorité
non musulmane se transforma peu à peu en une autre, où une partie considérable
de la population acceptait la religion et la langue des souverains ; et un
pouvoir qui, au, départ, agissait sur un mode décentralisé par la manoeuvre
politique se mua en puissant État centralisé gouvernant par contrôle
bureaucratique.
« Une fois de plus, une nouvelle capitale fut créée : Cordoue,
sur le Guadalquivir. Le fleuve offrait une voie d’eau pour importer les
denrées et matières premières nécessaire à l’alimentation et à l’industrie.
Dans les plaines environnantes, le blé et les autres produits agricoles dont la
ville avait besoin étaient cultivés sur des terres irriguées. Cordoue était
aussi un carrefour routier et un marché où plusieurs régions échangeaient leurs
produits. Et, une fois de plus, quand la dynastie se fit plus autocratique,
elle se retira de la ville. Le monarque quitta Cordoue pour une cité royale,
Madinat al-Azhar, à quelques distances de la capitale.
« Comme la Syrie, les Omeyyades, citadins dès leurs origines dans le
Hedjaz, mirent leur pouvoir au service des intérêts des villes et des
campagnes. [...] Avec le temps, une partie de la population indigène se
convertit aussi à l’Islam, et, à la fin du Xe siècle, les habitants
d’al-Andalus étaient peut-être majoritairements musulmans ; mais côte à
côte avec eux vivaient ceux qui ne se convertissaient pas : les Chrétiens,
et une considérable population juive d’artisants et de commerçants. Les
différentes communautés étaient soudées par la tolérance dont faisaient preuve
les Omeyyades à l’égard des Juifs et des Chrétiens, et aussi par l’expansion de
la langue arabe, devenue au XIe siècle celle de la majorité, Juifs et Chrétiens
aussi bien que Musulmans. Tolérance, langue commune, longue tradition de
particularisme politique : ces facteurs contribuèrent à créer une
conscience et une société andalouse bien distinctes. » (Histoire des Peuples Arabes, Albert Hourani,
traduit de l’Anglais par Paul Chemla, Éditions du Seuil, 1991, pages 68-70)
]
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
Les Rustémides :
779-909.
Algérie occidentale. ]
*
787 :
Deuxième concile œcuménique de
Nicée, réuni par l’empereur Constantin IV et l’impératrice Irène pour trancher
la querelle de l’iconoclasme. Ce concile aboutit au rétablissement à Byzance du
culte des images (dit Premier Rétablissement des
images sacrées par l’impératrice Irène).
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :
La dynastie des
Idrissides : 789-926.
Maroc. ]
*
25 décembre 800 :
Charlemagne [742-814]
est couronné par le Pape Léon III empereur d’Occident. (Douze ans plus tard,
Byzance, affaiblie par ses luttes permanentes contre les Musulmans arabes et la
politique légendaire de Hârûn al-Rachîd, le calife de Bagdad, reconnaît le
titre d’empereur à Charlemagne.)
*
[ Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et
de l’expansion de l’Islam dans le Monde :
La dynastie des
Aglabides : 800-900.
Califes qui régnèrent en Tunisie,
en Algérie et en Sicile.]
*
800-900 :
Les Vikings Danois ravagent et
pillent l’Europe septentrionale, occidentale et méridionale tandis que les
Vikings suédois désolent les côtes de la Baltique.
807 :
Charlemagne lance d’Auxerre, en Basse-Bourgogne,
trois lignes de poste vers l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
Mars 843 :
Second rétablissement du
culte des images (par l’impératrice Théodora [ 16 ]).
*
[ Repère dynastique des peuples
Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :
La dynastie des
Saffarides : 867-1500.
Est de l’Iran.]
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des
Toulounides (ou Tûlûnides fondée par Ahmad ibn Tûlûn) :
868-905.
Égypte, Tripolitaine et Syrie.]
*
868-905 :
L’Égypte
sous les Toulounides.
875 :
Harald le Blond réalise
l’unification d’une grande partie de la Norvège.
905-935 :
L’Égypte de nouveau sous les
Abbasides.
*
[ Repère
dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam
dans le Monde :
La dynastie des
Fâtimides : 909-1171.
Maghreb (la
Tunisie, l’Algérie et une partie du Maroc), Égypte et Syrie (Liban, Palestine et Syrie). ]
*
935-969 :
L’Égypte sous les Ikhchidides.
947 :
Les
Fâtimides de Tunis, dynastie chiite des califes descendus de Fâtima, la
fille du Fondateur de l’Isalm et de sa première femme Khadïdja, soumettent l’Algérie.
[ Fâtima est née à la Mecque en 6o6
de la première femme de Muhammad, Khadïdja, et morte très jeune, à l’âge de
vingt-sept ans à Médine, en 633. Épouse de son cousin Ali, et mère de
Hassan et de Hussein, les seuls descendants mâles de la lignée du
prophète, elle est aujourd’hui divinisée par les Chiites à l’égal de la Vierge
par les Chrétiens. ]
969-1711 :
L’Égypte sous les
Fâtimides.
[ Les
Fâtimides, basés en Tunisie, s’emparent de l’Égypte. Ils installent le siège de
leur autorité au nord de Fustat, la cité ancienne du Caire. Appartenant
à la branche chiite, la famille régnante et les princes fâtimides de Tunis ne
sont guère appréciés par la population égyptienne, à forte majorité sunnite. Du
Caire, ils étendent leur domination à l’Arabie occidentale et à la Syrie, mais
perdent vite la Tunisie. ]
980 :
Unification et
christianisation du Danemark par Harald à la Dent Bleue.
1000 :
Découverte de l’Amérique du Nord par les Vikings norvégiens
installés en Islande.
1000-1013 :
Conquête de la Norvège et
de l’Angleterre par le chef danois Sven Ier. Son fils, Canut le Grand, règne
sur un vaste Empire.
1015-1030 :
Le Norvégien Olav impose la
religion chrétienne à son pays. (Mort à la bataille de Stiklestad, il devient
un héros national.)
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des Turcs
seldjoukides de Perse [ 17 ] :
1038-1194.
Iran et Irak, ils étendent
ensuite leur domination en Asie Mineure, où ils crént, au détriment des
Byzantins, le sultanat seldjoukide de Roum. Vaincus par les Mongols en 1243,
ils perdront leur suprématie au profit de nouvelles tribus turques, parmi
lesquelles s’imposera peu à peu celle des Ottomans. ]
*
1048 :
Fondation, au fond de
l’Olsofjord, de la ville d’Oslo par Harald Hârdrâde, demi frère d’Olav.
(Détruite par un incendie en 1624, elle sera rebaptisée Christiana en
l’honneur du roi Christian IV qui l’a reconstruite. Lorsque la Norvège moderne
fut séparée du Danemark en 1814, elle devint la capitale du pays. Aujourd’hui,
cette ville moderne dotée d’un riche passé est prête à devenir une des
principales capitales du monde.)
Juillet 1054 :
Séparation des Églises latine et
orthodoxe. (La première reste centrée autour de Rome, la seconde, dite Église
d’Orient, se range derrière Byzance).
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des
Almoravides ou Al-Mourâbitouns : 1056-1147.
Magrheb et Espagne. ]
1065 :
Prise d’Ani par les Turcs
seldjoukides (possession byzantine en Arménie).
1067 :
Première occupation de Césarée
par les Turcs seldjoukides (région en Asie orientale occupée par les Arabes).
1071 :
Défaite et capture de l’empereur
byzantin « Romain IV Diogène » à Mantzikert, au Nord du lac de
Van. Rome jubile, pour la première fois dans l’histoire, un empereur byzantin
est prisonnier d’un souverain musulman. Les Turcs aussi, rien ne s’oppose plus
à l’avancée des Seldjoukides en Asie Mineure.
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des Turcs
seldjoukides de Roum : 1077-1307.
Turquie centrale et orientale. ]
*
1082 :
Occupation définitive par les
Turcs seldjoukides de Césarée. (Elle sera ratachée à l’Empire seldjoukide de
Perse sous le nom de Kayseri.)
1090-1091 :
Constantinople est assaillie par
les Turcs, alliés aux Petchenègues, population de race turque. Mais ces
derniers sont massacrés par les Coumans ameutés par l’empereur byzantin, Alexis
Ier Comnène.
1095-1099 :
Première croisade : elle débarque en Terre
sainte et fonde pour deux siècles le Royaume Latin de Jérusalem. Prise de la
Ville sainte qui devient un Royaume attribué à Dodefroy de Bouillon.
1105 :
Les Byzantins reprennent la
Cilicie et la Syrie ; en 1108, Bohémond, prince franc d’Antioche,
reconnaît la suzeraineté de l’empereur byzantin Alexis Ier.
1118-1143 :
Jean II Comnène conforte le
succès de son père Alexis Ier en Orient et impose sa suzeraineté aux Balkans.
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des
Al-Mohâdes ou Al-Mouwahhidoûnes : 1130-1269.
Maghreb et Espagne. ]
*
1160 :
L’Empire Al-Mohâde ou
Al-Mouwahhidoûne, dynastie d’origine berbère, unifie le Maghreb et impose son
sunnisme puritain sur toutes les villes de la côte nord-africaine ainsi qu’une
grande partie de l’Espagne. Il déclina à la défaite de leur quatrième calife,
en 1212, contre les Chrétiens de Las Navas de Tolosa, pour s’éteindre
définitivement en 1269. (« Almohades :
Princes d’une dynastie musulmane qui régna sur la Barbarie et sur une partie de
l’Espagne de 1130 à 1273. » Dictionnaire encyclopédique, MM Larive
et Fleury, 1897)
1165 :
Fondation de Copenhague.
1168 :
Les Francs en Égypte et
intervention des Seldjoukides de Damas.
[ Ayant délogé les Musulmans des
lieux saints et mis la Palestine à feu et à sang, les Chrétiens d’Europe
occidentale pénètrent en Égypte. Les Fâtimides, de foi chiite,
appellent à leur aide les Seldjoukides de Damas, de foi sunnite
et défenseurs zélés du Sunnisme. Repoussés par les troupes de Damas, les
Européens ne dépassent pas le delta du Nil. Cependant, dès leur arrivée au
Caire, les Seldjoukides, Musulmans orthodoxes de confession sunnite, destituent
leurs alliés chiites et les exilent du pays. Un de leurs chefs, devenu le
maître des pays du Nil égyptien, Salâh Al-Dîn Al-Ayyoubi (dit Saladin
par les Occidentaux,) excellent chef militaire d’origine kurde, restaure le
Sunnisme orthodoxe dans la région et y fonde, en 1171, la nouvelle dynastie
des Ayyoubides (du nom du père de
Saladin : Ayyoub). Les descendants des Ayyoubides seront
évincés à leur tour du pouvoir, après quatre souverains, par leurs anciens
esclaves mercenaires, dits les Mamelouks d’Égypte. ]
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des
Ayyoubides : 1171-1260.
De la Tripolitaine au Tigre et
des côtes de l’Arabie méridionale à l’Arménie, la Syrie, l’Égypte et une grande
partie de l’Arabie occidentale.]
*
1171-1250 :
L’Égypte sous les Ayyoubides.
1176 :
Défaite de l’empereur Manuel Ier
à Myriokephalon : les Turcs conservent la Phrygie.
[ La politique ambitieuse de
l’empereur byzantin est ruinée ; l’Armée, recrutée en partie parmi les
grands propriétaires civils et religieux, avait engouti toutes les finances de
l’État. Cette défaite de Myriokephalon va précipiter l’effondrement de
l’Empire. ]
1182 :
Ralliement des Chrétiens
Maronites du Mont-Liban, de la Palestine et de la Syrie à l’Église de Rome, et
renforcement des liens entre la communauté maronite et les Francs. Les Croisés,
venus conquérir la Syrie et la Palestine au nom du Tombeau du Christ, trouvent
en eux les meilleurs alliés.
Octobre 1187 :
Salâh Al-Dîn Al-Ayyoubli, dit Saladin [1138-1193],
reprend Jérusalem de la main des Croisés. Il réunit sous son autorité la
Mésopotamie, sa terre natale, le Hedjaz, la Syrie et toute l’Égypte, et devient
le champion du Djihad (l’équivalent de la guerre sainte des Croisés).
Comme la guerre entre l’Orient et l’Occident reprenait sans cesse à propos de
Jérusalem, une paix de compromis, conclue en 1192 entre lui et les Francs
(soutenus par Byzance,) laisse à Saladin Jérusalem, la Palestine et la Syrie
intérieures, et aux Francs presque la totalité des villes côtière de la
Méditerranée orientale.
1198-1204 :
Quatrième
croisade, et prise de Constantinople par les Croisés, déviés de leur but
premier. Après sacs, massacres, viols et pillages, ils substituent à l’Empire
byzantin un Empire latin d’Orient
avec, pour premier empereur, Baudouin
Ier.
[ Devenue la capitale de l’Empire
latin, Constantinople sera reprise en 1261 par Michel VIII, empereur byzantin
de Nicée depuis 1258. Se proclamant alors empereur de Nicée et de
Constantinople, les deux royaumes de ses pères, Michel VII Paléologue sera le
dernier fondateur de la dernière dynastie byzantine : la dynastie des
Paléologues. Elle règnera pendant deux siècles avant la chute définitive de
Constantinople devant les Turcs ottomans. ]
1200-1300 :
Construction des églises en bois
debout de Norvège et des premières églises de pierre en Suède : Uppsala et
Lund. La Suède conquiert la Finlande et y répand le Christianisme. Fondation de
Stockholm (1255).
1204-1261 :
Création et règne de l’Empire
latin de Constantinople, fondé par les Croisés.
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des
Hafsides : 1228-1574.
Tunisie et Est de l’Algérie. ]
*
1215 :
[ Textes
sur les Droits de l’Homme en Grande-Bretagne. ]
La Magna Carta du
roi d’Angleterre Jean sans Terre, garantissant aux barons anglais leurs
privilèges féodaux.
1221 :
Grande ruée des hordes
mongoles de Gengis-Khan en Perse.
1231 :
Sous prétexte de lutter contre
l’erreur au sein du Christianisme, esprit de réforme religieux que l’Église
catholique nomme hérésie, la papauté organise l’Inquisition, organisme
judiciaire ecclésiastique d’une rare intransigeance romaine et férocité dans la
procédure.
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
Les Mamelouks :
1250-1517.
Sultanat dynastique en Égypte et
en Syrie.
Ayant évincés les Ayyoubides
d’Égypte, les Mamelouks fondent leur sultanant en 1250. Ils vont occuper le
pays du Nil jusqu’à 1517, date où leur trône sera détruit par Sélim Ier, le
neuvième sultan de la dynastie turque. Éparpillé alors dans les provinces de
l’Empire ottoman, leur pouvoir refera surface à la fin du XVIIIe siècle. Il
disparaîtra alors définitivement, après de brèves victoires contre les
Ottomans, à la chute de Napoléon, dont une partie s’était ralliée à lui et
l’avait suivi en France après sa fulgurante campagne d’Égypte. Le 1 mai 1811, un
mercredi, les chefs mamelouks restés en Afrique, environ trois cent
commandants, seront tous massacrés par Mohammad Ali (vassal albanais de la
Sublime Porte, nommé vice-roi d’Égypte,) lors d’un dîner en leur honneur dit
« Le Massacre des Mamelouks. » ]
*
1250-1382 :
L’Égypte sous les Mamelouks
Bahrites [ 18 ].
1265 :
Naissance, à Florence, de
Dante Alighieri.
1274 :
Rencontre de Dante, à Florence,
de Béatrice Portinari, jeune fille de neuf ans qui lui inspire un
amour immortel. Il la chantera dans la Vita Nuova (la Vie Nouvelle) ;
et c’est elle qui, dans La Divine Comédie, guidera le poète, après
Virgile, vers le cercle divin.
*
[ Repère dynastique des peuples
Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :
La dynastie des
Ottomans : 1281-1922.
Chefs de tribus turques, rois de
provinces byzantines en Asie, sultans, puis sultans-califes en Turquie (Constantinople, devenue la capitale de l’Empire ottoman
proprement dit, est alors baptisée Istanbul). Son expansion moyenne
englobe les Balkans, la Grèce, les provinces occidentales du Caucase (de Tiflis
en Géorgie à Bakou en Azerbaïdjan, jusqu’à Hamadân en Iran), la Mésopotamie,
l’Irak, une partie de l’Iran (le croissant
occidental de la Perse allant de la mer Caspienne au golfe Persique),
l’Égypte, l’Afrique du Nord (Algérie et Tunisie),
Chypre, la Péninsule arabique (Hedjaz et Yémen),
et tout le Proche-Orient (Liban, Syrie, Palestine).
]
1286 :
Scission entre Guelfes
noirs et les Guelfes blancs à Pistoie, puis à Florence, les uns
partisans du pouvoir du pape en Italie, les autres partisans de l’empereur
(prince allemand de la famille Hohenstaufen). Profitant du conflit entre
papauté et Empire, qui va se poursuivre tout le XIVe siècle, les deux villes de
Lombardie et de Toscane accroissent leur puissance et leur prospérité,
permettant l’émergence d’un nouvel âge de peinture et de sculpture initié par
des artistes comme Duccio et Giotto, tandis que Dante et Pétrarque jettent les
fondements de la littérature italienne.
8 juin 1290 :
Mort de Béatrice.
1295 :
Dante prend, jusqu’à son
exil en 1302, une part active à la vie politique de Florence.
1300 :
Célébration triomphale du premier
jubilé à Rome.
1300 :
La Finlande devient
suédoise : le suédois devient la langue officielle est Turku la Capitale.
Toutefois la Carélite, province orientale de la Finlande, sera partagée entre
la Suède et la Russie à la suite de la paix de Pähkiäsaari de 1323.
Juin 1301 :
Dante Alighieri, après avoir été prieur de
la ville de Florence, est envoyé comme ambassadeur auprès du pape Boniface
VIII.
1302 :
Aidés par Charles d’Anjou, les Guelfes
noirs (partisans du pape), expulsent les Guelfes blancs
(parmi lesquels figure Dante Alighieri).
1302 :
Le pape Boniface VIII proclame la bulle Unam
Santam. Élargissant sa souveraineté spirituelle, le pontife affirme sa
suzeraineté sur tous les souverains Chrétiens, même dans les questions
temporelles.
27 janvier 1302 :
Dante est frappé d’une
sentence de bannissement par le pape Boniface VIII. Le 10 mars, il est condamné
au feu. Refusant à chaque amnistie papale de se plier aux conditions mises à son
retour, il ne devait plus jamais revoir Florence et mènera, à
partir de 1304, une vie errante.
12 octobre 1303 :
Mort à Rome du pape Boniface VIII
à la suite de l’attentat d’Anagni un mois plus tôt.
Juin 1305 :
Élection du premier pape
d’Avigon. Grâce à la politique de Philippe IV le Bel, ennemi juré de Boniface VIII
qui voulait s’ingérer dans les affaires françaises, Clément V est élu au
Vatican chef de l’Église Catholique romaine, et s’installe en Avignon à parir
de 1309.
1306-1321 :
Dante : La Divine Commédie.
[ Fresque allégorique d’un mélange
de style extraordinaire, ce chef-d’oeuvre universel est considéré comme le
miroir parfait de l’humanisme chrétien médiéval. Composé de trois fois trente-trois
chants, plus un chant d’introduction, il comprend l’Enfer, le Purgatoire et le
Paradis. Conduit par Virgile, le poète parcourt les neuf cercles concentriques
du monde infernal, allant ainsi de Jérusalem au centre de la Terre. Son
Purgatoire comprend sept terrasses, formant montagne, au sommet de laquelle
s’étend le merveilleux plateau du paradis terrestre. C’est là que Dante
rencontre sa Béatrice et s’envole avec elle à travers les neuf sphères du
Paradis, jusqu’à l’empyrée. Dans sa vision de l’enfer, Dante se venge comme
peuvent les poètes, on le voit réserver un châtiment de choix aux papes
corrompus comme Boniface VIII. ]
1314 :
Mort du pape Clément V le 20
avril, et du roi Philippe IV le Bel en novembre.
7 août 1316 :
Élection papale de Jean XXII, deuxième
pontife de France et premier pape de Lyon.
14 septembre
1321 :
Mort de Dante Alighieri à
Ravenne.
[ Précurseur de son temps, Dante
Alighieri, le poète réformateur italien, fut aussi l’un des premiers
théologiens chrétiens à avoir affirmer l’idée de l’autonomie du pouvoir politique
par rapport au pouvoir spirituel, que le souverain pontife doit
excercer dans le seul but de reconduire l’Église à la simplicité
évangélique.]
1324-1360 :
Avènement du deuxième sultan
ottoman : Orkhan, fils du Grand-conquérant turc Osman Ier.
1337 :
Début de
la guerre de Cent Ans, entre la France et l’Angleterre.
1350 :
La peste emporte un tiers
de la population scandinave.
1355 :
Transmise en Italie
depuis 1347, par des marins génois arrivant de la mer Noire, la peste
commence ses ravage dans la péninsule. Elle tue plus d’un tiers de la
population, frappant épisodiquement la péninsule jusqu’au XVIe siècle.
1360-1389 :
Avènement du troisième
sultan : Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier. (Il est le premier souverain de la dynastie ottomane à
porter le titre de sultan.)
*
[ Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et
de l’expansion de l’Islam dans le Monde :
Les Timurides :
1370-1506.
Asie centrale et Iran. ]
*
1382-1517 :
L’Égypte sous les Mamelouks
Circassiens, dits Burjites.
1385 :
Le sultan Murat Ier s’empare de
Sofia.
[ Quatre ans plus tard, il mourra
assassiné par un Serbe sur le champ de bataille de Kossovo. Ce fut lui, Murat
Ier, qui fonda le célèbre coprs des Janissaires (Yeni çeri [ 19
]). ]
1389 :
Margrethe de Danemark [ 20 ] devient reine de Danemark, de Norvège et de Suède.
Avènement du sultan Bâyazid (dit Bajazet
Ier en Occident).
Vassili Ier, fils de Dimitri
Donskoï, succède à son père en Russie.
1389-1402 :
Règne du quatrième sultan,
Bâyazid Ier, fils de Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier.
[ En 1402, à la bataille d’Ankara, Bâyazid
Ier est vaincu et fait prisonnier par Tamerlan qui a envahi l’Anatolie. La
défaite d’Ankara, entraîne une lutte fratricide de dix ans pour la succession
au trône entre ses cinq fils : Suleyman, Moussa, Mehmet, Issa, Mustafa.
C’est Mehmet qui l’emportera et règnera sous le nom de Mehmet Ier. ]
1392 :
Le roi de France Charles VI est
saisi par la folie lors d’une campagne en Bretagne.
1413-1421 :
Avènement du cinquième sultan
ottoman, Mehmet Ier, troisième fils de Bâyazid Ier, fils de Murat Ier, fils
d’Orkhan, fils d’Osman Ier.
[Devenu sultan, Mehmet Ier
rétablit lentement l’État ottoman déchiré par ses luttes fratricides pour le
pouvoir. En mourant, il lègue à son fils Murat II un trône fort de son unité
politique et territoriale retrouvées. Celui-ci, suivant ses pas et son exemple,
agrandira le territoire ottoman en Europe.]
1421-1451 :
Avènement du sixième sultan,
Murat II, fils de Mehmet Ier (troisième fils de
Bâyazid Ier, fils de Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier).
1431 :
Naissance à Paris du poète
François Montcorbier, dit Villon, l’auteur des « Balaldes en Jargon et
Jobelin », Ballade de la gorsse Margot, Le Testament, Ballade à s’amie,
Ballade des Dames du temps jadis, et de la célèbre épitaphe qui porte son nom,
dite la « Ballade des pendus ». (Frères humains qui après nous
vivez, N’ayez les coeurs contre nous endurcis, Car se pitié de nous pauvres
avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci...)
30 mai 1431 :
La guerre civile sévit en
France, Paris est toujours sous l’occupation anglaise. À Rouen : supplice
et mort présumée de Jeanne d’Arc sur le bûcher.
[ Capturée par les Bourguignons,
la Lorraine de dix-neuf ans est jugée et condamnée comme hérétique
et comme sorcière par un tribunal ecclésiastique, présidé par l’évêque
de Beauvais, Pierre Cauchon. Le procès s’est déroulé selon le
rite inquisitionnel : huis clos, pas d’avocats, menace de torture et
épuisement psychologique... Jeanne subit son procès avec courage, répondant aux
questions avec bravoure, simplicité et finesse. Seulement, dans un instant
de faiblesse, elle abjure sa vision puis se rétracte aussitôt. Elle est
immédiatement déclarée « relapse » par le Tribunal. Et c’est sur
la place du Vieux-Marché de Rouen, où le peuple ni Charles VII n’intervient,
que, tête cagoulée, se déroule le supplice de la Lorraine. Béatifiée par
le pape Pie X en avril 1909, Jeanne d’Arc sera canonisée par le Pape
Benoît XV en 1920. ]
1450-1455 :
Premières Bibles
imprimées par “l’immortel inventeur de l’imprimerie,” Johannes Gensfleisch, dit
Gutenberg [1400-1468]. À partir de 1450, il mit au point la
technique typographique et imprima, grâce aux capitaux d’un commanditaire, Johann
Fust, une Bible à 36 lignes et divers autres ouvrages. En 1455,
alors qu’il achevait la Bible à 42 lignes, il perdit un procès contre
son commanditaire qui l’accusait de ne pas tenir ses engagements. Sa société
fut dissoute, son matériel rendu, mais l’imprimeur repris ses travaux grâce à
l’aide d’un autre associé, Peter Schöffer. En 1465, Gutenberg fut
anobli par l’archevêque de Mayence, qui lui redonna le moyen de continuer ses
activités. Le Monde des lettres lui doit le premier livre imprimé, et les temps
modernes la richesse et la facilité des échanges intellectuels. “C’est à tort
qu’on a contesté à Gutenberg le mérite de cette admirable invention qui devait
bouleverser le monde. Malgré l’obscurité qui règne sur cet art, on est fondé de
croire que Gutenberg imprima d’abord sur des planches de bois fixes un petit
vocabulaire dit Catholicon, qu’il employa ensuite des caractères mobiles
métalliques. Parmi les ouvrages dont l’impression lui est attribuée, on cite la
fameuse Bible de trente-six lignes, à deux colonnes, commencée peut-être
à Strasbourg, et le Psautier de Mayence, 1457.” (MM. Larive et Fleury, Dictionnaire
français illustré des Mots et des Choses, 1897)
1451-1481 :
Avènement du septième sultan
ottoman, Mehmet II, fils de Murat II, fils de Mehmet Ier (troisième fils de Bâyazid Ier, petit-fils d’Orkhan, fils
d’Osman Ier).
C’est lui, Mehmet II, qui va
prendre Constantinople.
1451 :
Naissance de Christophe
Colomb à Gênes, et d’Isabelle la Catholique à
Madrigal de las Altas Torres, en Espagne.
1452 :
Naissance à Ferrare, en Italie,
de Jérome Savonarole (Girolamo
Savonarola). Prédicateur célèbre qui a enflammé Florence et divisé les
Florentins, excomunié par le pape Alexandre VI (Rodrigo
Borgia), il mourra sur le bûcher en 1498 (voir
article plus bas).
Naissance à
Vinci du peintre, architecte et sculpteur italien, Léonard de Vinci.
1453 :
Fin de la guerre de Cent
Ans.
29 mai 1453 :
Prise de Constantinople par Mehmet II. Début de l’âge d’or de
l’Empire ottoman.
Après sept semaines de combats incessants
et de siège légendaire, Constantinople, trahie par ses alliés, est prise par le
sultan Mehmet II. Cette victoire met
définitivement fin à l’Empire byzantin, et sa capitale, qui se voulait la
« Nouvelle Rome » est bâptisée Istanbul par le Fatih musulman.
Après la prise de Mistra en 1460, l’Empire grec d’Orient, autre nom de Byzance [ 21 ], disparaît définitivement au profit de l’Empire
ottoman, avec la prise de Trébizonde [ 22 ] par les Turcs en 1461. Ces derniers, en devenant
maîtres de Constantinople, le cœur liturgique et siège administratif de
Byzance, héritaient de tout l’Empire chrétien orthodoxe, affaibli par ses
luttes intestines, ses guerres régionales et ses rivalités dogmatiques avec
Rome (ou mieux dit, ses déchirures théologiques avec l’Occident latin qui avait
Rome pour capitale religieuse.)
« Constantinople aux mains des Turcs
« Le jeune sultan ottoman Mehmet II, âgé de 21 ans, arrive
au début de l’après-midi devant la majestueuse basilique Saint-Sophie, montant
un cheval blanc. Il s’adresse alors aux milliers de Byzantins qui prient en
larmes depuis que, le matin même, les troupes turques ont investi la
ville : « Je proclame solennellement que vous n’avez
rien à craindre ni pour votre vie ni pour vos biens. Vous continuerez à vivre
dans cette belle cité, sereinement, en tant que sujets de l’Empire
ottoman. » Enfin, le voilà maître de Constantinople, ville
fabuleuse qu’il envisageait de prendre depuis longtemps déjà. Il savait que,
pour conquérir Byzance, il fallait d’abord en bloquer l’accès du côté maritime.
Le jeune sultan avait commencé par faire construire, à l’endroit le plus étroit
du Bosphore, sur la rive européenne, une forteresse d’où il pouvait surveiller,
et le cas échéant, empêcher, toute circulation dans le détroit. D’autre part,
il avait installé des troupes du seul côté terrestre de la cité, face aux
immences murailles. Et enfin, devant l’impossibilité de pénétrer la Corne d’Or
à cause de l’énorme chaîne qui en barrait l’entrée, il y avait introduit
soixante-sept de ses navires de guerre après les avoir fait glisser par un
fossé creusé sur plusieurs kilomètres de long à travers la terre. Mais les
vaillants défenseurs de la ville n’ont pas pu résister, ce matin du 29 mai
1953, devant le violent assaut donné par les Turcs qui, en quelques heures
seulement, ont occupé Constantinople. » (Chronique
de l’histoire, Atatûrk, Éditions Chronique, 1988, page 9)
5 juin 1455 :
Duel de Villon avec le
prêtre Philippe Sermoise dans le quartier Saint-Benoît, à Paris. Prappé et
blessé, le poète riposte d’une rime égale et blesse grièvement l’homme
de robe, qui mourra le lendemain, en pardonnant à son meurtier “pour
certaines causes qui à ce le mouvaient.” Villon s’enfuit. C’est le départ
d’une longue série de frasques, de crimes et de délits, de lettres de
rémissions et de récidives dignes de potence. Affilié à une terrible bande de coquillards,
protégé par des princes puissants, grands amateurs de poésie, villon est
maintes fois arrêté, jugé et condamné “a estre pendu et estranglé”. Glissant à
chaque fois comme anguille du noeud fatal, il disparaît pour toujours en 1463
après une dernière cassation en sa faveur.
1465 :
Naissance à Vercelli,
ville d’Italie sur la Siessa, de Mercurino Gattinara (futur Chancelier
de toutes les terres et royaume du roi), qui fut à Charles Quint
ce que Bismarck sera à Guillaume Ier de Prusse. Homme de confiance et ami de
l’Empereur germanique, c’est lui qui va modeler, de 1518 à sa mort en 1530, les
vastes idées politiques de son souverain.
1469 :
Naissance à Rotterdam,
aux Pays-Bas, de Didier Érasme (Desiderius
Erasmus).
Naissance à
Florence, en Italie, de Niccolo Machiavel.
1471 :
Naissance à Nuremberg,
aujourd’hui en Allemagne, du peintre et graveur allemand Albrecht Dürer.
1474 :
Isabelle, reine de Castille.
1475 :
Les Turcs ottomans prennent Caffa
(de son nom actuel Théodosie ou Feodossia, ville de
la République autonome de Crimée, en Ukraine).
1477 :
Sandro Botticelli (Sandro
di Madriona Filipepi [1445-1510]), peint Le Printemps.
1478 :
Institution de
l’Inquisition en Espagne.
1480 :
Naissance à Sabrosa, du
navigateur portugais Fernand de Magellan (Fernâo
de Magalhâes).
[ Naissance cette même
année à Vicence d’Antonio Pigafetta (« marin et chroniqueur italien du XVIe
siècle, il a participé sous les ordres de Magellan, puis Juan Sebastian Elcano
au premier voyage autour du monde et nous en a laissé la chronique la plus
complète et la plus célèbre, celle sur laquelle se basent tous les travaux
relatifs au voyage de Magellan. » Wikipedia) D’autres chroniqueurs donnent 1491 pour la date
de naissance de Pigafetta, voir note plus pas : 1491. ]
1481 :
Les Turcs sont chassés d’Otrante (commune de la province de Lecce dans les Pouilles, en
Italie).
1483 :
Naissance de Martin Luther et
de Raphaello Sanzio (dit
Raphaël).
1484 :
Naissance, à Séville, de Bartolomé
de Las Casas. Le premier prêtre historien à avoir dénoncé la barbarie
des colonisateurs espagnols aux Antilles et en Amérique. Luttant, comme
personne ne le fit, contre l’injustice et l’inhumanité hostile des nouveaux
maîtres, il prit la défense des Indiens réduits à l’esclavage.
1486 :
Sandro Botticelli exécute La
Naissance de Vénus.
Première entrevue de la
reine de Castille avec Christophe Colomb.
1488 :
Naissance à Pieve di Cadore, en
Italie, de Tiziano Vecellio, dit le Titien.
1491 :
Naissance à Vicence (ville de
l’Italie du Nord-Est, en Vénétie) d’Antonio Pigafetta. L’auteur italien du
pénible et merveilleux voyage de Magellan autour du Monde, auquel il paticipa. (D’autres chroniqueurs supposent que Pigafetta serait né
la même année que Magellan. Voir note 1480)
1492 :
Grenade (la ville musulmane
fondée en 756 par les Arabes en Andalousie, au pied de la sierra
Navada, et capitale du Royaume Musulman de Grenade au XIIIe siècle) est
prise par les Rois catholiques. Avec elle, la dernière région musulmane
d’Espagne succombait aux armées de Ferdidand et d’Isabelle.
Naissane
à Angoulème de Marguerite de Navarre.
« Fille de Charles d’Orléans, comte d’Angoulème, et de
Louise de Savoie, sœur de François Ier auquel elle était très attachée, elle
épousa Charles, duc d’Alençon (1509), puis Henri d’Albert, roi de Navarre
(1527). Elle était une des femmes les plus instruites de son temps et fit
de sa cour de Navarre un des foyers de l’humanisme. Fervente
chrétienne, séduite par la Réforme [ 23 ], elle
encouragea Lefèvre d’Etaples, connut
Calvin, protégea les protestants. Parmi les érudits et les écrivains qui
l’entourèrent, on peut citer : Robert Estienne, Bonaventure De Périers, Marot, Rabelais, qui lui dédia le Tiers Livre. Elle même écrivit, et
son œuvre la plus célèbre est l’Heptaméron. » (Le Petit
Robert 2, Dictionnaire de Culture Générale, 1991)
12
octobre 1492 :
Embarqué le 3 août, le navigateur
génois Christophe Colomb, contournant l’Afrique pour se rendre
aux Indes, dérive avec sa flotille, franchit l’Atantique et touche une île
appelée Guanahani par les indigènes : l’Ancien Monde
venait de découvrir le Nouveau Monde grâce à un fils de tisserand à qui
ses souverains vont donner beaucoup de fil à retordre. Le 28 octobre, il touche
Cuba, le 6 décembre, l’île de Haïti qu’il nomme Hispaniola.
Cette même année, au couvent de
Steyn, près de Gouda, l’huamniste Didier Érasme est ordonné prêtre.
1494 :
Naissance à Chinon,
village du Nord-Ouest de France, de François Rabelais (cet autre
navigateur qui allait traverser par son érudition et son comique raffiné,
l’Ancien Monde du langage, et conquérir un Continent littéraire d’une richesse
d’esprit et de vocabulaire encore inégalée).
1494 :
Naissance à Cahors, aux
pieds des Causses du Quercy, de Clément Marot (poète et Calviniste convaincu, proche de Marguerite de
Navarre : il connaîtra l’exil et une mort solitaire à Turin, en Italie, en
1544).
1493-1495 :
Second
voyage de Colomb en septembre 1943. Arrivée en septembre de la
flotille dans les Petites Antilles, Porto Rico. Première exploration de
Cuba par les Espagnols colombins en 1494. Alors que commence l’explotation de
Haïti/Hispaniola, envoie en 1495 d’une cargaison d’esclaves indiens en Espagne.
Révolte et massacres des indigènes sur l’Hispagnola. Mars-juin,
retour de Christophe Clomb en Espagne. Confirmation des privilèges de Colomb
dans le Nouveau Continent, que les Espagnols continuent de nommer les Indes.
8 juillet 1497 :
Départ
de Lisbonne du navigateur portugais, Vasco de Gama [1469-1524], vers Calicut (aujourd’hui
Khozikode, au Sud-Ouest de l’Inde). Après avoir doublé le cap de Bonne
Espérance le 22 novembre 1497, il arrive, grâce au concours d’un Arabe, à
destination de Calicut en mai 1498. Gama aurait été le premier Européen à avoir
atteint l’Inde par mer.
1498 :
Exécution du prédicateur
italien Jérome Savonarole.
« Entré chez les Dominicains de Bologne, il commença par prêcher sans
grand succès dans plusieurs villes d’Italie, avant de devenir prieur du couvent
San Marco de Florence (1491). Ses sermons furent écoutés par des milliers de
Florentins qu’il exhortait à la repentance et auxquels il prophétisait la venue
d’un Cyrus des temps modernes. Après l’invasion de l’Italie par Charles VIII,
il s’imposa rapidement comme chef politique, instaurant à Florence un régime à
la fois théocratique et démocratique, remaniant la constitution, la justice et
les finances, réformant les mœurs (abandon des fêtes profanes, ‘bûchers de
vanité’). Son austérité et son intransigeance finirent par diviser les
Florentins en arrabbiati (‘enragés’ qui lui étaient hostiles) et piagnoni
(‘pleureurs’, ses partisans). Ses attaques contre le Pape Alexandre VI
(Borgia) lui valurent d’être convoqué à Rome (il ne s’y rendit point), puis
excommunié. Les arrabbiati attaquèrent le couvent San Marco ;
Savonarole fut condamné à mort, pendu, puis brûlé avec deux de ses
partisans. » (Le petit Robert,
Dictionnaire de la Culture Générale 2, 1991)
« Moine italien de l’ordre de Saint-Dominique qui tenta de réformer la
discipline ecclésiastique et la société. Il établit dans Florence, où il domina
despotiquement pendant trois ans, un gouvernement démocratique outré,
proscrivit l’art et le savoir de la Renaissance et fut brûlé vif après avoir
été abandonné par ses partisans. » (Dictionnaire
Français Illustré des Mots et des Choses, ou Dictionnaire Encyclopédique
des Écoles, des Métiers et de la Vie Pratique, par MM. Larive et Fleury,
Éditions Georges Chamerot, 1897)
1498 :
Troisième voyage de
Christophe Colomb, découverte du Continent, et guerre civile à bord de
l’Hispagnola.
1500 :
Didier Érasme : Premier Adages.
24 février 1500 :
Naissance à Gand (ville de Belgique dans la Région flamande), de Charles
de Gand, fils de l’archiduc d’Autriche Philippe le Beau et de Jeanne la
Folle [ 24 ] :
le futur Empereur germanique Charles Quint.
23 avril 1500 :
Le navigateur portugais Pedro
Alvarez Cabral découvre le Brésil.
1500 :
Arrivée à Hispagnola (Haïti) de Francisco de Bobadilla :
Christophe Colomb (accusé par Bobadilla au nom de
la reine Isabelle de violence envers les Indiens et de traite des esclaves)
est renvoyé enchaîné en Espagne. Il perd définitivement les
« Indes ».
*
[ Repère dynastique des peuples
Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :
La dynastie des
Safavides (ou Séfévides) : 1501-1732.
Iran, Irak, Arménie, Azerbaïdjan.
Fondée par Shah Isma’îl, chef de tribus chiites. Son plus grand souci, ayant
conquis l’Azerbaïdjan, l’Arménie et l’Irak, régner sur une Perse Unie, libérée
des Arabes, des Turcs et des Mongols. Tabriz devint la capitale de cet empire
qui s’étendit de l’Irak à l’Oxus et de Bakou au golfe Persique. Chah Abbas le
Grand fut le plus célèbre des Safavides, il régna de 1581 à 1628. Il réorganisa
l’armée, s’empara d’une partie de l’afghanistan, chassa les Portugais du golf
Persique et reprit Bagdad aux Turcs ottomans. Il fit du Chiisme la religion
d’État, tout comme les Sassanides l’avaient fait pour le Mazdéizme. Il fit
d’Isphahan sa capitale, l’enrichit de palais, de souks, de mosquées, de
jardins, de caravansérails pour les marchands et les voyageurs, et en fit la
plus ville d’Orient. ]
*
1502-1504 :
Dernier voyage de Colomb
Quatrème et dernier
voyage de Colomb (en novembre 1504 il est de retour en
Espagne à San Lúcar).
26 novembre
1504 :
Mort d’Isabelle la
Catholique, reine de Castille.
1505-106 :
Mort prématurée de l’archiduc
d’Autriche, Philippe Ier le Beau, père de Charles de Gand. Charles de
Gand souverain des Pays-Bas.
20 mai 1506 :
Mort dans la solitude et
la misère de Christophe Colomb, à Valladolid (ville d’Espagne).
1506 :
Léonard de Vinci [1452-1519]
peint La Joconde (Paris, Musée du Louvre).
1508 :
Michel-Ange [1475-1564]
peint la fresque de la chapelle Sixtine, au Vatican :
voûte gigantesque de 40 mètres de long et de 13 mètres de large qu’il achevera
en 1512.
1509 :
Naissance à Noyon, ville
au Nord-Ouest de la France, de Jean Calvin.
Chef-lieu de canton de l’Oise, Noyon est une ville historique,
célèbre pour sa Cathédrale et ses évêques. Une inscription de la
fontaine de la place de l’Hôtel-de-Ville, rappellait encore aux visiteurs du
début du siècle dernier, que là fut inhumé Chilpéric II [fils de
Childéric II], battu par Charles Martel qui arrêta les Musulmans
d’Abdel Rahmân’ à Poitiers en 732 ; Charlemagne sacré
en 768 ; et Hugues Capet élu roi de France en 987.
Son père est greffier de la
ville, ainsi que l’agent fiscal et le secrétaire de l’évêque du canton,
position qui favorisa la carrière de ses enfants, et notamment celle de Jean
Calvin. Très tôt, favori du prélat, Calvin quitte Noyon pour Paris, où le futur
réformateur se destine à une carrière ecclésiastique. Un choix où son père y
avait un doigt. Mais bien que pourvu très jeune de ce bénéfice ecclésiastique,
et nommé à une cure à dix-neuf ans, Calvin ne reçut jamais les ordres.
Ayant fini ses études de lettres et de philosophie, conseillé par son père qui
le veut plus tard à ses côtés, il va étudier le droit à l’Université d’Orléan,
puis à celle de Bourges, enfin il se consacre à l’étude de la Théologie, du
grec et des langues sémitiques au Collège royal. Dès son retour à Paris en
1532, Calvin est bientôt obligé d’en sortir à cause de la hardiesse de ses
idées. Comme le moine allemand Luther, il proteste avec véhémence contre le
trafic des Indulgences, et veut réformer le Christianisme fourvoyé par
l’Église romaine. Il se retire d’abord à Angoulême, puis à Nérac, à la
cour de Marguerite de Navarre qui accueillait alors tous les
Protestants (que les Catholiques de France appelaient alors les Huguenots.
Probablement à cause de Hugues Capet, premier roi de la dynastie des
Capétiens, qui fut proclamé roi à Noyon, la ville où naquit Calvin?) Son oeuvre
de prédicateur réformiste, commencée à Paris en 1535, gagna vite, grâce à sa
protectrice royale, un immense succès en France et dans toute l’Europe
protestante [ 25 ].
1511 :
Éloge de la Folie (Didier Érasme).
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
Les Saadiens ou les
Sa’dides : 1511-1659. (Dates à revoir…
Article à développer…)
Maroc
]
*
1512 :
Bâyazîd
II, déposé par les Janissaires, cède le pouvoir à son fils Sélim Ier.
Michel-Ange sculpte
Moïse.
1513 :
Machiavel (Niccolo
Machiavelli [1429-1527]), le premier théoricien de l’unité nationale de
l’Italie, compose son célèbre traité politique : Le Prince ! Dédié
au petit-fils de Laurent le Magnifique, Laurent II de Médicis,
dans lequel il exhorte le prince à prendre la tête de la résistance italienne
contre les Barbares qui ont envahi l’Italie, le traité sera publié en 1532,
cinq ans après sa mort. [ C’est un des traités le plus critiqué par ceux qui
l’ont étudié en dehors de son contexte, où Machiavel discute de ce qu’il n’a
pas eu le génie, la ruse ou le courage de faire contre ses propres tyrans
ingrats. L’aurait-il eu, qu’il n’aurait pas été banni par les Médicis, ces
véritables Machiavel dont son Prince n’était qu’une pâle
image : Est-ce qu’on apprend à faire des grimâces à un vieux
singe ? Et qui se propose simplement le pauvre dixième de ce que tous
les souverains et les politiciens, tous les Médicis et les Borgia réalistes de
ce Monde font d’instinct et n’osent pas avouer. Aussi croit-on, que son
dédicataire ne l’a certainement jamais lu. ]
1514 :
Les Portugais en Chine.
Las
Casas à Cuba décide de consacrer sa vie à la défense des Indiens.
1515 :
François
Ier, roi de France. .
Marot
publie ses premiers vers dans la tradition du Roman de la Rose et des Rhétoriques :
Le Temple de Cupido, suivi de rondeaux, ballades et chants royaux qu’il
adresse à François Ier. (« Le roi amusé, recommande Marot à sa sœur Marguerite d’Alençon, future
reine de Navarre. » Lagarde et Michard XVIe siècle, Édition
Bordas)
1516 :
Charles de Gand, souverain
des Pays-Bas, est proclamé roi d’Espagne sous le nom de Charles Ier.
1516 :
Conquête
de la Palestine par les Ottomans. Jérusalem et les provinces
palestiniennes font désormais partie, pour quatre siècles, de l’Empire ottoman.
Administré par un vassal désigné par le grand-vizir ou le sultan, le Pachalik
de Palestine aura tantôt Gaza tantôt Jérusalem pour capitale. (Occupée en 1916 par les troupes arabes de l’émir Feysal,
les Britanniques s’empareront de Jérusalem en 1917, forçant les Turcs ottomans
à capituler.)
Thomas More publie L’Utopie.
1517 :
Le sultan ottoman Sélim Ier bat
les Mamelouks et occupe l’Égypte.
31 octobre 1517 :
Le moine augustin Martin
Luther [1438-1546], publie à Saxe
ses 95 thèses dans lesquelles il condamne la pratique des indulgences et récuse
la supériorité spirituelle du pape de Rome. Rejettant le rôle usurpé du Clergé,
le culte des Saints et la Confession, ses thèses affirment que la Révélation se
trouve toute entière dans la Bible. La rupture de Luther avec Rome sera
consommée en 1521 :
« Excommunié et mis au ban de l’Empire par la diète de Worms, Luther
brave l’excommunication de Léon X et les décisions de la diète de Worms, et
gagne à sa cause une foule de princes et une partie de la population. » (Dictionnaire Encyclopédique, Larive et Fleury,
1897)
Le mouvement luthérien déclenché
en 1517 ne peut plus être arrêté. Mais la réforme religieuse de Martin Luther
eut un autre effet, totalement inattendu.
« Martin Luther ne se voulait pas ni écrivain ni grammairien ; il
a pourtant, dans l’histoire de la littérature et de la langue allemande, une
place de premier plan, non seulement à cause des bouleversements que les idées
de la Réforme ont apporté dans la vie intellectuelle et religieuse allemande,
mais aussi par sa propre oeuvre littéraire, abondante et variée, puisqu’on y
trouve même des poésies, des chants d’Église sur des mélodies profanes et des
fables imitées d’Ésope. Son rôle a été particulièrement important pour
l’évolution de la langue : s’il n’est pas vraiment le père de
l’allemand moderne comme on l’a volontiers affirmé, il n’en a pas moins
fait progresser la langue allemande commune en train de se constituer à
cette époque grâce aux chancelleries et aux progrès de l’imprimerie. Le souci
d’être compris du plus grand nombre, la rage de convaincre et de convertir ont
guidé Luther non seulement dans le choix du matériau linguistique, mais aussi
dans son style. Imagé, direct, populaire, violent dans l’invective, il était
loin de la pédante lourdeur de l’allemand des humanistes. La traduction de La
Bible par Luther, à laquelle il a consacré de nombreuses années et qu’il a
corrigée jusqu’à la fin de ses jours, est le premier grand texte littéraire en
allemand moderne et deviendra, par l’autorité et la diffusion qu’elle
connaîtra, partie intégrante de la tradition littéraire de tous les
Allemands. » (Dictionnaire des Littératures
française et étrangères, Larousse)
1519 :
Cortés envahit le Mexique (conquête achevée en 1525).
Las Casas
à Barcelone (en 1923, il entrera dans l’ordre dominicain).
Mort de Léonard de Vinci,
au
Cloc-Lucé, près d’Amboise.
Août
1519 :
Mettant à profit la rotondité de
la Terre, Magellan veut atteindre les Moluques, par la voie
de l’Ouest, en contournant l’Amérique, ouvrant ainsi à l’Europe le commerce du
clou de girofle et de la muscade, dont l’archipel indonésien était le seul lieu
de production au Monde. Juan Sébastian del cano le Basque, commandant
de la Victoire, entreprend son premier tour du Globe par l’Ouest avec
Magellan, le chef de l’expédition. Ayant quitté Séville en août à la tête de
cinq navires et de 265 hommes, Magellan atteint le Brésil en décembre et
le Rio de la Plata en janvier 1520, sans trouver de passage à ses
navires vers l’Ouest. Au bout de 27 jours de difficultés sans nombre, quatre
navires sur cinq franchissent le détroit qui mène à la mer du Sud, baptisée
“Pacifique” par le premier capitaine. Un autre navire de sa flotte se mutine et
retourne en Espagne, mais passé le détroit qui porte depuis son nom, la
navigation devient aisée : Magellan venait d’ouvrir la route des
Indes par l’Ouest [ 26 ].
1519 :
Charles de
Gand (souverain des Pays-Bas à la mort de son père Philippe le Beau en 1506,
puis souverain d’Espagne en 1516 sous le nom de Charles Ier, et puis roi de
Sicile sous le nom de Charles IV), est proclamé Empereur germanique à la
mort de son grand-père Maximilien. Il prend le nom de Charles Quint [ 27 ] !
21 septembre
1520 :
Mort à Istanbul, à l’âge de 53
ans, du sultan Sélim Ier (le fils de
Bâyazîd). Quoique son trône fut éphémère, il est considéré par les historiens
comme l’un des souverains les plus impressionnants de la dynastie ottomane.
C’est en quelque sorte par coup d’État familial, en faisant déposer son père
par les Janissaires, qu’il s’est emparé du pouvoir en 1512. Durant son court
règne de huit ans (1512-1520), le sultan
Sélim Ier, surnommé Yavuz (le Terrible),
s’était fait remarqué autant par ses exploits militaires, sa finesse d’esprit
servie d’une haute culture que par sa cruauté. Sa prise du pouvoir eut lieu
dans des circonstances mémorables. Il avait réussi, après maintes brigues, à
s’emparer du trône qui revenait, par tradition, à Ahmed, son frère aîné. Une
fois nommé sultan par les Janissaires, il avait immédiatement fait assassiner
tous ses frères et ses neveux. Restant en paix avec l’Europe, de grandes
conquêtes, aussi fulgurantes qu’épiques attendaient ses armées. Après avoir
éliminé ses opposants sunnites et massacré les Chi’ites par milliers, il confie
son Palais à son grand-vizir, marche à la tête de ses armées et réussit la
conquête de l’Arménie, d’Azerbaïdjan, de la Cilicie et de Kurdistan. Au
printemps de 1514, il a déjà défait, à Çaldiran, la puissante armée d’Ismaïl,
le shah de Perse. Son empire fut marqué par d’éclatantes victoires en
Haute-Mésopotamie (1515), en Syrie, en
Palestine et dans tout le Moyen-Orient (1516).
Peu après ces conquêtes, ayant réorganisé les deux armées de terre et de mer
ottomanes, l’expédition d’Égypte contre les Mamelouks, qui avait suivi la
conquête de la Syrie et de la Palestine, s’était achevée par l’annexion de ce
pays à l’Empire. C’est au Caire, où il entra triomphalement en janvier 1517,
que selon la tradition le dernier calife abbâsside a transmis à Sélim Ier son
titre de calife (« Successeur du
Prophète »). Désormais, les sultans ottomans seront en plus les
califes de tous les Musulmans sunnites orthodoxes. À sa mort, le 21 septembre
1520, lui succédera son fils Soliman, le plus célèbre des souverains
ottomans. Il est âgé de vingt-quatre ans et, ayant depuis l’âge de
quinze ans gouverné une province et aidé son père dans de nombreux conflits, il
possédait l’expérience du pouvoir. C’est lui qui sera connu par les Occidentaux
sous le nom de “Soliman le Magnifique”, et qui fut qualifié de “Kânunî”
(le Législateur) dans tout l’Empire de ses
pères les souverains ottomans. Son règne dura quarante-six ans, et fut le plus
long, le plus riche en événements, comme le plus juste, sage, et vaillant de
tous ses prédécesseurs. (De point de vue purement
militaire et splendeur dynastique, Soliman le Magnifique fut à Sélim, ce
que Salomon fut à David.)
23 octobre 1520 :
Sacre et couronnement à
Aix-la-Chapelle de Charles Quint.
1520-1522 :
Révolte des Communeros en
Espagne. Menée par l’hidalgo Juan de Padilla et sa femme Maria
Pacheco, elle groupe autour d’elle noblesse, clergé et masses
populaires, et exige l’expulsion du roi et des princes étrangers ; enfin
une confédération de villes libres, dirigée sous forme de République
démocratique (« aucune décision ne doit être prise avant d’avoir
été communément discutée par les représentants de la nation espagnole… »).
Partie de Castille, la rébellion se développe rapidement à Ségovie, puis à
Tolède et Medina del Campo.
1521 :
Machiavel : De l’art de la guerre.
1521 :
Chrisyian II est chassé de Suède
par Gustava Vasa qui instaure une monarchie héréditaire. (Le
Danemark et la Norvège restent unis.)
1521 :
Dans le Nouveau Monde : Cortés
occupe la ville de Mexico-Tenochtilán. Dans le Vieux Continent :
Soliman II le Magnifique enlève Belgrade. Excomunication de Luther et sa mise
au ban de l’Empire germain (après la
diète de Worms tenue par Charles Quint et la comparution célèbre de Luther
devant le roi : « Je dois agir ainsi, que Dieu me vienne en aide [ 28 ] »).
1521 :
Holbein : le Christ mort.
Avril 1521 :
Les trois navires de
Magellan abordent les Philippines.
6 septembre
1521 :
La flotte de Magellan, dont il ne reste plus qu’un
bateau et dix-huit suvivants, conduite par le Basque Sébastian del Cano,
retourne à Séville sans leur chef (tué
le 21 avril dans un engagement contre les populations indigènes de Mactan, aux
Philippines). Ils sont les premiers navigateurs européens à avoir
accompli le tour du Globe par l’Ouest, ouvrant ainsi la route de l’Inde par le
Couchant ; et les premiers voyageurs après Vasco de Gama à avoir doublé le
cap de Bonne Espérance de l’Est à l’Ouest. [ L’extraordinaire périble de
Magellan (avec ses drames et ses beaux jours :
les mutineries des capitaines lavées dans le sang, leurs désertions, les
agressions des indigènes, les pillages, les viols, les tempêtes, le froid et la
famine surmontés par la seule conviction de Magellan ; l’épreuve du temps
éliminant un à un les marins, la peur de l’inconnu maîtrisée mois après mois
par la découverte même de l’impitoyable inconnu), a été noté au jour le
jour, avec des observations et des détails précis sur les langues, les mœurs et
les coutumes des indigènes rencontrés au Brésil, aux îles Mariannes et aux
Philippines, par le marin italien Antonio Pigafetta : Relazione del primo viago intorno al
mondo. ]
1522 :
L’Inquisition s’installe
aux Pays-Bas.
Érasme publie Colloques.
1522 :
Soliman II le Magnifique
assiège et prend Rhodes (ville dans l’île grecque de la mer Égée).
1523 :
Les armées des communeros
sont écrasés par Charles Ier (nom de Charles Quint quand il est en Espagne) et
leurs chefs impitoyablement exécutés.
1524 :
Fondation du Conseil suprême
des Indes. (À
développer…)
1525 :
François Ier est prisonnier de
Charles Quint.
Antonio Pigafetta publie (dans un italien mêlé d’espagnol et de vénitien) la
relation du célèbre premier voyage de Magellan autour du Monde : Relazione
del primo viago intorno al mondo [ 29 ].
Février-mai
1526 :
Clément Marot, gagné aux idées
réformistes de Calvin (en faveur dans l’entourage
de Marguerite de Navarre), tâte de la prison
au Châtelet.
10 mars 1526 :
Mariage de Charles Quint avec sa
cousine Isabelle de Portugal.
*
[ Repère dynastique des
peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le
Monde :
La dynastie des Moghols [ 30 ] : 1526-1858.
Naissance et Expansion en Inde. ]
*
1526 :
Prise de la Hongrie par
Soliman II le Magnifique.
1527 :
Grâce aux luttes et aux
efforts du roi Gustave Vasa, souverain du pays depuis 1523, le
Luthérianisme devient religion d’État en Suède.
1528 :
Naissance
à Pau, capitale du Béarn, de Jeanne III d’Albert (la
future reine de Navarre et mère de Henri IV).
1529 :
Les
Ottomans, conduits par Soliman II le Magnifique, assiègent
Vienne.
1529 :
Traité de
Saragosse : L’empereur germanique Charles Quint renonce à ses droits
sur les Moluques au profit du Portugal.
1530 :
Couronnement
de Charles Quint à Bologne.
1530 :
Ligue de
Smalkalde : association de princes luthériens contre Charles Quint.
1531 :
Le roi
Henry VIII se proclame chef de l’Église d’Angleterre. Trois ans plus tard, par
l’Acte de Suprématie, Henry VIII est proclamé comme le chef unique de l’Église
d’Angleterre.
1531 :
Conquête du Pérou par Pizarre et Almagro.
1533 :
Assassinat
du souverain inca, Atahualpa, au Pérou.
1534 :
Parution de
La Bible de Martin Luther en allemand. Cette même
année, François Rabelais publie : Vie du Grand Gargantua.
1534 :
Prise de
Bagdad par le sultan Soliman.
1535 :
Jean
Calvin commence à Paris son oeuvre de prédicateur.
1535 :
Prise de Tunis par
Soliman II le Magnifique.
1536 :
À
l’exemple de la Suède, au Danemark le Luthérianisme devient religion d’État.
Révolte du Pérou contre
Pizarre ; les Espagnols occupent Buenos Aires.
Mort d’Érasme à Bâle.
« Précurseur de
l’esprit moderne, l’humaniste hollandais et écrivain latin, Érasme, reste avec
Pétrarque le plus grand artiste de la prose depuis la fin de l’Empire romain.
Comme théologien, il a devancé, préparé et refusé la Réforme, ne souhaitant
être ni luthérien, ni calviniste, ni érasmien, mais seulement et pleinement Chrétien.
Fils naturel, né du concubinage d’une veuve hollandaise et d’un prêtre
Augustin, ophelin à l’âge de quatorze ans : il entra au couvent de Steyn à
l’âge de seize ans, où il fut ordonné prêtre au même couvent des Augustins où
avait été ordonné feu son père. En 1500, âgé de trente-et-un ans, il publia ses
Premières Adages, suivis d’une longue série d’oeuvres d’une beauté
inépuisable et, en 1509 à Venise, sur le chemin du retour de chez son
imprimeur, il composa “à cheval” son célèbre Éloge de la Folie, qui
paraîtra en 1515. Figure singulière des aubes de la Renaissance, d’un réalisme
contemporain auquel n’échappe aucune question temporelle et spirituelle de son
temps, son oeuvre et ses réflexions sur la vie sociale, la politique et la
religion, et notamment la corruption des prêtres de son temps, le despotisme du
clergé et la tyrannie monastique, sont l’authentification d’un grand précurseur
de l’esprit moderne. » (Nous indiquerons la
source de cette citation aussitôt qu’elle nous sera disponible.)
1536 :
Signature
des Capitulations : accords diplomatiques et commerciaux conclus entre le
sultan Soliman II le Magnifique et le roi de France François Ier. [ Elles
reconnaissaient l’établissement d’un corps diplomatique français et anglais
dans le pachalik de la montagne libanaise, gouverné par Fakr ed-Dine de
la dynastie Maan locale, puis par celle des Chéhab. Elles octroyaient aussi aux
marchands français d’importants privilèges commerciaux dans l’Empire ottoman. ]
1536 :
Naissance à Nakamura, au
Japon, dans une famille pauvre de la province d’Owari, de Hideyoshi. Admirable
homme de guerre, futur successeur de Nobunaga, nommé kanpaku par l’empereur,
après avoir pacifié l’Empire, il rêvait d’unir sous ses ailes le grand
continent asiatique : « Je ferai des trois pays [la
Chine, la Corée et le Japon] un seul pays. Je le ferai aussi facilement
qu’on roule une natte de paille et qu’on la prend sous son bras. » Grand
constructeur, fondateur de la marine marchande, ami infatigable des arts,
épuisant mécène, il mit sa gloire dans l’armée et la construction du château
d’Osaka, deux oeuvres colossales à la dimension de son énergie. Son patriotisme
s’exprimait dans une formule lapidaire, bien contraire à celle qu’adoptera
Louis XIV (« L’État, c’est moi…») : « L’Empire
n’appartient à aucun homme, à aucun prince. L’Empire est à l’Empire. » [ 31 ]
1537 :
Guerre
civile au Pérou entre Pizzare et Almagro.
1538 :
Mise à mort
d’Almagro par Pizzare [ 32 ].
1538-1540 :
Le sultan
Soliman reconsttruit les murs de Jérusalem (tels
qu’ils exitent encore de nos jours). (À développer…)
1539 :
Las Casas
à Mexico.
1541 :
Naissance à Candie, en Crète, du peintre,
sclupteur et architecte espagnol d’origine arabe et byzantine, Le Greco (Domenicos
Theotokopoulos).
Las Casas publie Brevísima
relación de la destrucción de las Indias.
Échec de Charles Quint
contre Alger.
1542 : Calvin
publie le Catéchisme de Genève
Calvin publie le Catéchisme
de Genève. Son influence sur le protestantisme en France et en Europe est
immense. (À développer…)
1543 : Copernic
publie sa thèse sur la révolution terrestre
Copernic publie sa thèse sur la
révolution terrestre : De revolutiobus orbis terrarum, dans
laquelle il soutient, sans la démontrer, l’idée que la Terre tourne autour du
Soleil et non l’inverse. (À développer…)
Las Casas évêque de Chiapas, au
Mexique.
1544 :
Mort (dans l’exil et la solitude) du poète français
Clément Marot à Turin, en Italie.
1544 :
Traité de Crépy qui met fin à la guerre
entre Charles Quint et François Ier , consacrant les précédents traités conclus
entre eux : Charles Quint renonce à la Bourgogne, François Ier à
l’Italie.
13 décembre
1545 :
Ouverture en Italie du
Concile de Trente. Réclamée depuis un demi-siècle, l’assemblée qui doit
réformer l’Église catholique s’ouvre enfin. Dès l’ouverture, cependant, deux
parties s’opposent : celui du pape Paul III, qui veut commencer par
l’examen des questions dogmatiques, celui de Charles Quint, préoccupé par la
réforme disciplinaire. Suspendu le 15 février 1548 par le pape Paul III, le
concile sera réouvert le 1er mars 1551. À nouveau suspendu en 1552,
il connaîtra une troisième période en 1562 et sera conclu le 4 décembre
1563 (grâce au bruit répandu d’une maladie mortelle du pape).
1546 :
Mort de Martin Luther à
Eisleben (en Thuringe, Allemagne).
1546 :
Las Casas et Antonio de
Mendoza s’affrontent au Mexique. (À développer…)
1547 :
Naissance de Cervantès.
1547 :
Las Casas rentre
définitivement en Espagne.
24 avril 1547 :
Victoire de Charles Quint
à Mühlberg contre les princes protestants.
Le Titien : Charles Quint
à la bataille de Mülberg (Madrid, Musée Prado).
1548 :
Le Titien : Portrait de Charles Quint (Alte Pinakotheck,
à Munich, en Allemagne).
1548 :
Le voyageur et orientaliste
français, Pierre Belon, attire pour la première fois l’attention
de l’Europe sur les ruines monumentales du temple romain de Baalbek (situé dans la plaine de la Bekaa, dans l’actuel
Liban) [ 33 ].
1552 :
Mort au Pérou d’Antonio
de Mendoza.
1553 :
Naissance à Pau, capitale
du Bearn, du futur Henry IV, fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, reine
de Navarre (il sera élevé par sa mère dans le
Protestantisme).
1553 :
Le libraire français Charles
Estienne édite le Guide des Chemins de France.
1554 :
Naissance à
Saint-Germain-en Laye du Duc d’Anjou. Quatrième fils d’Henri II [roi de France 1547-1559] et de Catherine de
Médicis, sa mort déclenchera de grandes luttes pour la succession au trône de
France.
1555 :
Jeanne III d’Albert,
reine de Navarre.
Conquête de l’Arménie
orientale par le sultan ottoman Soliman II.
1555-1556 :
Ronsard, Les Amours de
Marie.
« Comme on voit sur la branche, au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’aube de ses pleurs, au point du jour l’arrose ;
La Grâce dans sa feuille, et l’Amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;
Mais, battue ou de pluie ou d’excessive ardeur,
Languissante, elle meurt, feuille à feuille déclose ;
Anisi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses. »
25 octobre 1555 :
Abdication de Charles
Quint aux Pays-Bas au profit de son frère cadet Ferdiand Ier. (Il lui
transmettra le titre impérial en 1556.)
1555 :
La paix d’Augsbourg (ville d’Allemagne en
Bavière), signée entre Ferdinand Ier et les électeurs germaniques. Elle
consacre la division religieuse de l’Empire germanique entre les deux
confessions catholique et luthérienne, selon le principe cujus regio ejus
religio (liberté aux princes d’imposer leur religion à leurs sujets.)
Trève de Vaucelles entre
Charles Quint et Henri II.
1556 :
Abdications des
possessions espagnoles de Charles Quint au profit de son fils Philippe
II.
1557 :
Charles Quint s’installe au monastère
espagnol de Yuste.
21 septembre
1558 :
Mort de Charles Quint au
cloître de Yuste, en Espagne.
1562 :
Les enseignements de
Calvin révoltent le Clergé Catholique : début des Guerres de
Religion !
La réforme du Christianisme en
Europe [proposée par Luther un demi-siècle plus tôt en Allemagne,
suivie quinze ans plus tard par Calvin en France], dégénère en
conflit civil sanglant dans les grandes villes de l’Europe. Les Catholiques de
France, appuyés par le roi, usent de force contre les adeptes de la religion
réformée par Calvin. Pour les Calvinistes de France, tout comme pour les
Luthériens d’Allema-gne, le Christianisme est tout entier clair et accessible
dans les Saintes Écritures. Aussi professaient-ils le retour à la Bible, source
unique et authentique de la religion chrétienne telle que Jésus l’a
primitivement enseignée. Une invitation à la redécouverte de l’Écriture dans
son texte original : voilà ce que professaient ces hérétiques, ces
Érasme, ces Lefèvre d’Étaples et ces Reuchlin. Se réformer par un retour à la
source évangélique des premiers temps, mais sans esprit de primitivité. Au
contraire, ne plus se laisser abuser par le trafic des Sacrements et des
Indulgences, qui ne servent qu’à “fortifier l’emprise abusive et
immorale de la papauté et à enrichir le Clergé corrompu au nom du Christ”. Pour
les adeptes de l’orthodoxie catholique (qu’on peut comparer aux Sunnites de
l’Islam), la transmission de la Révélation divine nécessite le Clergé, et un
Clergé fort et pur. Les Écritures Révélées, disent-ils, et notamment les
Évangiles doivent être éclairés par la Tradition apostolique, autrement
dit les Commentaires des Pères de l’Église (les Sunnites les appellent les Uléma.)
Jésus n’a-t-il pas ordonné à ses disciples d’aller prêcher et enseigner les
nations en son nom? D’où la nécessité du Clergé, et de son organisation à
l’échelle universelle, fille d’une hiérarchie dure sans laquelle elle sombre
dans le culte de soi, l’abus et l’anarchie. Condamné par Rome, mis au ban de
l’Empire en 1521, Luther fut suivi par toute l’Allemagne du Nord : mais au
lieu d’une Réforme, le pays aboutissait à une scission. L’Angleterre à son
tour, avec Henry VIII, se sépara de l’Église Catholique. En France, pour aider
la Réforme proposée par les Calvinistes, Lefèvres d’Étapes
traduisit en français la Bible qui devint, grâce à l’invention de Gutenberg,
accessible à tous les fidèles chrétiens à partir de 1530. Pour la première
fois, un Chrétien pouvait dialoguer directement avec Jésus, sans la barrière du
latin, une langue que la noire majorité maîtrisait mal. Le Tribunal de la
Sorbonne condamna cette traduction [ 34 ].
Le roi François Ier (frère de Marguerite,) qui protège les humanistes, assure
d’abord la liberté de croyance, mais en 1534, l’Affaire des Placards [des
manifestes contre l’esprit du Clergé, dont la messe n’est qu’un moyen de
sujettion psychologique, sont placardés partout en France et même sur la porte
de la chambre du roi, probablement par Marot] décident le roi à
changer de position : Calvinistes et Luthériens sont saisis et brûlés
vifs, Marot et les chefs calvinistes doivent s’exiler pour
échapper à la persécution. Ils se réfugient un moment à Nérac, auprès de la
reine de Navarre, puis à Ferrare, auprès de Renée de France,
fille de Louis XII. Quant à Jean Calvin, il échappe de justesse à sa
poursuite, et s’établit à Genève, qui devint le foyer du Calvinisme. En
France, tout comme en Angleterre et en Allemagne, l’unité dynastique et sociale
du Christianisme est définitivement rompue. C’est la troisième boucherie civile
entre Chrétiens de même pays, nommée par les historiens et les
chroniqueurs : La Guerre des Religions!
6 septembre
1566 :
Mort du sultan Soliman le
Magnifique, à l’âge de soixante-dix ans, alors qu’il se trouvait en campagne devant la
puissante forteresse de Swigetva. Son fils Sélim II, le seul des
trois qui lui restait vivant, lui succéda jusqu’à sa mort en 1574.
Contrairement à son père, il fut peu enclin à la politique et à la vie
militaire, délaissant les affaires de l’État à son grand-visir pour une vie de
débauche et de vin.
1566 :
Mort de Las Casas à
Madrid.
1567 :
Jeanne III d’Albert
impose le Calvinisme au royaume de Navarre.
Retour / accès aux parties de cette section
>> Part
1 Part
2 Part 3 Part
4 Part 5
1 Selon
certains chroniqueurs, Khadïdja,
qui n’avait pas moins de quinze ans plus que Mahomet, était aussi sa cousine. Quant à Mouhammad, tous s’accordent plus
ou moins sur sa belle histoire avec Khadïdja : Orphelin de père au moment
de sa naissance (569 / d’autres spécifient 29 août
570), et de sa mère (Amina) à l’âge de six ans [« Amina, la
jeune mère de Muhammad, avait dû renoncer à l’allaiter. Elle était très
pauvre ; elle n’était parvenue qu’à grande peine à le faire marcher avec
une Bédouine. Lorsqu’elle voulut reprendre son enfant, la nourrice la supplia
de le lui laisser encore : le nourrisson accepté par charité avait porté
bonheur à la tente ! »] et
l’enfant, « ne possédant pour toute fortune, malgré son origine
aristocratique, que cinq chameaux et une négresse », il avait été
recueilli par son grand-père maternel, le très respecté Abdel Muttaleb et, à la mort de
celui-ci, en 578, par son oncle (le fils même
d’Abdel Muttaleb), le non moins respecté Abi Tâleb (père de Ali dit « Ali ibn Abi
Tâleb » : le futur gendre de Mouhammad et Quatrième Calife de
l’Islam). Sa fidélité, son bonheur dans la gestion des intérêts de sa
cousine, Khadïdja, firent sa fortune. Il épousa cette
veuve en 595, alors qu’il avait vingt-six ans et elle quarante deux ans.
Cette union, reconnaissent-ils, en lui assurant une position indépendante, lui
permit de mûrir ses projets de réforme et il s’en montra reconnaissant.
« Tant que Khadïdja
vécut, il n’usa point de la liberté que lui laissaient les lois de son pays, si
l’on peut appeler lois de
simples coutumes sans sanctions véritables. Il ne prit pas d’autre épouse, il
n’eut aucune concubine, et quand il l’eût perdue, en 619, après une union de
vingt-cinq ans, il voua à sa mémoire un respect dont il ne souffrit jamais que
personne s’écartât, et une tendresse dont il n’admit pas qu’aucune des femmes
qu’il se donna ensuite pût avoir la pensée d’être jalouse. » (Le Koran Analysé, d’après la traduction de M.
Kasimirski et les observations de plusieurs autres savants
orientalistes, par Jules la Beaume, Éditions Maisonneuve &
Cie, 1878, pages 13)
2 Khadïdja et
le Coran : Comment
aurait réagi cette riche Bédouine d’origine aristocratique si Mahomet
avait épousé Aïcha de son vivant ? En voyant son époux tomber dans les
mêmes égarements que Salomon, qu’aurait conçu sa jalousie pour se venger ?
Il est permis de se poser ces questions, et certes,
Mahomet n’est pas plus grand, ni surtout plus sage que Salomon aux yeux du Coran. Ce dernier,
malheureusement fait parfois de la femme un objet de plaisir, et de Dieu un pourvoyeur de délices. Aussi est-il permis de douter que tous les versets soient de
source divine. Il en est sûrement de source humaine, comme il en est qui
furent perdus, incomplètement transcrits ou mal transcrits par les scribes,
soit volontairement, soit involontairement, soit encore par conséquence
naturelle due aux effets de la mémoire (les versets
du Coran, oralement récités devant témoins au cours de longues années, n’ayant
été relevés, classés puis regroupés sur parchemins dans la forme finale qu’on
connaît au Coran, que bien des années après la mort de Mahomet).
Quoiqu’il en soit de cette vieille dispute concernant les premiers califes
compilateurs du Coran, il ne fait aucun doute que les
versets coraniques portent en eux-mêmes la marque de leur origine divine
et il suffit de les écouter pour en reconnaître la source. Certains passages du
Coran (si je puis me permettre ici une remarque
personnelle) vous troublent et vous émeuvent jusqu’au fond de l’âme,
comme aucune poésie ne le peut, d’autres sont d’une telle beauté qu’on a envie
de se jeter à genoux pour adorer Dieu… source de toute Beauté et de toute
poésie ! (Mais je dirais aussi la même chose
de certains passages de Bach, de Beethoven, de Mozart et de Vivaldi… pour ne
citer que ces quelques musiciens ! Ils vous transportent dans un tel monde
de poésie et de beauté qu’on a l’impression de nager au sein du divin !)
La seule
explication de ces versets au goût érotique est qu’ils ont une valeur symbolique et parlent à l’homme du désert
avec des mots et des images qu’il peu comprendre,
car comment lui parler du Ciel ? Pour nous en convaincre, il suffit
peut-être de rappeler les paroles de Jésus à un de ses disciples :
« Comment vous parler du Ciel si, déjà, vous ne comprenez pas les choses
de la Terre… » Ces passages ont doncm selon moi, une valeur symbolique tout
comme dans le Cantique des Cantiques ou lorsque la Bible parle de pays
promis à Abraham et à ses descendants : un pays où coulent le miel et
le lait… alors que c’est une terre de prédilections pour la haine et le racisme
entre frères ! Où pour seule manne il ne pleut que des bombes et des obus…
Ou encore lorsqu’on définit la mort du juste par « être dans les bras
d’Abraham »… Ou encore quand on parle du Fils de Dieu venu sur la Terre
laver nos péchés… alors qu’elle s’y enlise et nous y enlise de plus belle depuis
la Crucifixion ! L’homme, étant un animal tout d’instincts, il lui faut
des images matérielles, tangibles à ses sens, pour lui définir l’immatériel, le
divin, l’incompréhensible… le céleste ! Aussi ces versets « au sens
douteux » dont il est fait mention plus haut, s’ils sont d’inspiration
divine, ne faudrait-il pas les prendre à la lettre, mais dans leur
« rapport symbolique avec l’objet défini », et qui par nature
est indéfinissable car il échappe à nos sens tout comme les couleurs à
l’aveugle et les bruits au sourd. Enfin cet autre argument, Jésus qui
s’adressait à un peuple d’une certaine évolution spirituelle, a bien expliqué
qu’au Ciel il n’y a ni hommes ni femmes… Aussi n’est-ce qu’à la lumière de ces
paroles de Jésus qu’il faut prendre et comprendre « les délices
féminines » promises aux élus par le Coran. Sinon quelle déception
pour le croyant musulman...
3 Youssef Courbage et Philippe Fargues, Chrétiens et
Juifs dans l’Islam arabe et turc.
4 Les
premiers Musulmans du désert, grâce au Coran, ont placé Jésus au-dessus de tous
les prophètes sans le diviniser pour autant, à l’instar des Catholiques depuis
Constantin. Comme il fut appelé Yassou’e el-Nâsiri par
ses contemporains, d’où le mot Nasâra, les Chrétiens y sont ainsi
désignés dans le Coran. Outre cela, Jésus, ce
Syrien hébreux qui a renversé les bases temporelles du Judaïsme palestinien,
la religion de ses pères, reste une grande énigme pour ces pleuplades de
l’Orient christianisé où pénétrait l’Islam. Malgré sa célébrité grandissante,
sa biographie est restée la moins connue du Monde judéo-chrétien. (On sait de Matthieu et de Luc tout l’arbre généalogique
de Jésus d’Adam à « Joseph, époux de Marie, » et contradictoirement
on ne sait rien de sa vie). Alors qu’à Nicée (premier concile de Nicée, 325) on
proclame la consusbstantialité du Père
et du Fils (celui-ci serait doté d’une double
nature humaine et divine), au début du Ve siècle, Nestorius, prêtre d’Antioche qui donna son nom au nestorianisme, soutient un credo plus
complexe (le Christ était un homme avant d’être
Dieu !) tandis qu’à l’opposé de ces deux doctrines christologiques,
les évêques d’Alexandrie proclament la nature uniquement divine du Christ (c’est le monophysisme). C’est surtout ce dernier
credo qui dominait en Orient quand l’Islam,
prêchant un monothéisme simple et absolu, fit sa fulgurante entrée,
séduisant après l’Arabie, la Palestine, la Syrie et l’Égypte pour s’étendre en
Mésopotamie et aux Indes. Ami du Judaïsme, du
Christianisme, l’Islam n’a jamais combattu que les sectes qui combattaient ses
enseignements.
5 Sourate II, verset 253, que Jean Grosjean traduit
ainsi : « Nous avons donné les preuves à Jésus fils de Marie et
l’avons soutenu par l’esprit saint. » (Le
Coran, Éditions Philippe Lebaud, 1979) Et que Jules la Beaume
traduit de la sorte : « Nous avons accordé à Jésus, fils de Marie,
des signes manifestes et nous l’avons fortifié par l’esprit de sainteté. »
(Le Koran Analysé, d’après la traduction de
M. Kasimirski et les observations de plusieurs autres savants orientalistes,
1878) Le Coran est le premier mouvement arabe
qui nie la divinité de Jésus et sa mort sur la croix. Ce Syrien hébreux
qui a renversé les bases temporelles du Judaïsme palestinien, la religion de
ses pères, est toujours une énigme. C’est l’homme le plus célèbre et le moins
connu du Monde judéo-chrétien.
6 Sourate VI, verset 157. Le Coran
est la seule source du mouvement arabe qui nie
la divinité de Jésus et sa mort sur la croix. Il n’est cependant pas
le premier ni le seul à avoir admis ce fait de la substitution d’un inconnu à Jésus. Avant Mahomet, un autre
mouvement, mais alors purement chrétien, venu d’Afrique, appelé les… sans
professer la divinité du Messie, niait fortement sa mort sur la croix.
7 Voici un autre verset à propos
de l’Islam d’Araham : « Quand son Seigneur lui disait soumets-toi (Aslem), il répondait je suis soumis (Aslamtou) au Seigneur des
mondes. » Cet ordre divin à Abraham : « Soumets-toi » est à
l’origine du mot Islam. En arabe : « Soumets-toi » se
dit : Aslem, d’où le mot Mouslem, qui veut dire Musulman.
Aussi le Coran considère Abraham un Musulman, c’est-à-dire le premier qui s’est
soumis à Dieu.
8 Omar ibn Al-Khattâb [582-644] : Il est, tout comme
le premier calife, le père d’une autre épouse de Muhammad, Hafsa, d’où son
surnom Abû Hafsa, et aussi son influence politique de beau-père sur le
début de l’Islam. Il est appelé Omar Ier par les Occidentaux et,
comme il aimait à s’attribuer par modestie, Amir Al-Mûminin’ (Émir des Croyants) par les premiers
compagnons. Tous les historiens de la Péninsule arabique s’accordent à dire que
c’est sous son règne que commença réellement l’épopée de l’Islam, avec les
grandes conquêtes et la rapide conversion de nations entières à la nouvelle
foi. On a de même prétendu, mais à tort, qu’il fit expulser les Juifs du Hedjaz
et les Chrétiens de Nadjran (Arabie Saoudite).
Ce qui ne peut-être absolument vrai, ou même vraisemblable, puisqu’il fut
assassiné par un Chrétien, et le fut à Médine (preuve
surtout que les Infidèles Chrétiens ou Juifs pouvaient pénétrer la
ville sainte de l’Islam sous Mouhammad et les premiers califes de l’Islam).
« Homme politique d’envergure, Omar se montra tolérant et avisé, notamment
en ce qui concerne les pratiques religieuses. Il permit aux Juifs et aux
Chrétiens de pratiquer leur religion, à condition qu’ils acquittent deux impôts,
la djiya et le kharaj : ceux-ci les dispensaient de servir
dans l’armée et alimentaient les caisses du jeune État islamique. Toutes ces
raisons expliquent la percée fulgurante de l’Islam qui, en un siècle (632-732), allair constituer le plus vaste empire
depuis celui d’Alexandre le Grand. » (L’Histoire
du Monde, le Moyen Âge,Larousse, 1997, page55)
9 Les Mazdéens : Du mot Ouramazda (Ahura Mazda),
ou Ormuz, le Dieu Suprême des Zoroastriens, qui, par Sa parole a tout tiré du
néant. Les Écritures Sacrées des Mazdéens sont les Gathas, dont l’auteur
est leur prophète réformateur Zoroastre lui-même, et l’Avesta, qui sont
l’un à l’autre ce que l’Ancien Testament est au Nouveau. Il existe plus d’un
lien commun entre le Christianisme et le Zoroastrisme. Une légende très
répandue veut que les Trois Mages qui visitèrent la Crèche de Bethléem, venus
d’Orient guidés par une étoile, seraient des prêtres de la religion de
Zoroastre.
10 Les Parsis : « Leur réussite dans ce pays est spectaculaire : usines,
hôtels, mines, journaux, cinémas et la Compagnie Air-India appartiennent à ces
Zoroastriens appelés Parsis. » (De la Perse
à l’Iran, Jacques Cornet, Éditions Fot, 1972, page 90)
11 Bassora :
Basra, aujourd’hui la deuxième ville de l’Irak et chef-lieu de la légendaire et
riche province située sur Shatt Al-Arab.
12 Ali ibn Abi Tâleb : Né en 600, quand son cousin Mouhammad avait trente-et-un an, est le
fils d’Abi Tâleb. Ce dernier ayant été le père adoptif de Muhammad, Mouhammad
et Ali sont plus frères que cousins, et plus correctement dit, ils sont
plus frères d’adoption que cousins de sang. D’où l’importance catalysante et
unique de Ali ibn Abi Tpaleb à la mort de Muhammad, et surtout lors du premier
conflit sur la succession entre les Musulmans. Ali, rappelons-le, étant donné
son jeune âge, fut aussi comme le fils adoptif de Muhammad, en plus qu’il a
épousé sa fille, Fâtima. Il naquit neuf ans avant la Mission du Prophète à la
Mecque, et fut le premier enfant à se convertir à l’Islam alors qu’il n’avait
pas dépassé l’âge de dix ans.
13 Calife : De l’arabe Khalifat, successeur ou
représentant temporel et spirituel de l’Islam. L’Islam en reconnaît quatre
véritables califes avant la fitna, la rupture entre les futurs Sunnites
et Chi’ites: Abû Bakr Al-Siddik (632-634), Omar
ibn Al-Khattâb (634-644), Uthman’ ibn Affân’
(644-656) et Ali ibn Abi Tâleb (656-661).
14 C’est lui qui inaugura le calendrier musulman et le fixa
à partir du 16 juillet 622, jour où Muhammad a quitté la Mecque pour Médine.
15 Carthage, ville fondée en Afrique du Nord, par une
colonie phénicienne au IXe siècle avant notre ère, fut prise par les Byzanthins
en 534 de notre ère. Mais déjà les Arabes, installés au nord-ouest de la Libye en
646, s’en emparent en 695. À la fin du VII siècle, l’invasion arabe gagne tout
le Maghreb.
16 Théodora : Impératrice régente de Byzance pendant la minorité de son fils Michel
III. Veuve de l’empereur Théophile, iconoclaste acharné, elle prend le
contrepied de la politique religieuse menée jusqu’alors par son mari. Ce
dernier, dit-on, était allé jusqu’à répudier de l’Empire quiconque savait
dessiner ou peindre. À sa mort, Théodora convoqua un concile et rétablit solennellement
le culte ancien des images, mettant fin à un conflit qui divisait l’Empire
depuis plus d’un siècle. Elle fit plus qu’abolir les édits de son mari, elle
persécuta les iconoclastes hérétiques. Ces persécutions et
antipersécutions qui affaiblissaient sans fin la Chrétienté en Orient, ajoutées
à la lutte de cette dernière avec Rome, allaient bientôt ouvrir à deux battants
l’Empire à l’Islam.
17 Turcs Seldjoukides : Parents ethniques des Ottomans. « Dynastie de Turcs qui régnèrent
sur la Perse et furent en quelque sorte les maires du palais des califes
abbasides. Fondée en 1037 par THOGROUL Bey, petit fils de SELDJOUK, elle
disparut à la fin du XIIIe siècle. » (Larive
et Fleury)
Seldjouk ou Saljûq, qui
s’orthographie encor Saldjûq : Il fonda au Xe siècle dans le Khûrasan (ou khorassan), province de l’Iran orientale, la
première dynastie türk des Seldjoukides, dont le plus grand souverain, Thogroul
Bey (1038-1063), conquit l’Iran et alla se
fixer à Bagdad.
18 Le nom Bahrite vient de Bahr, nom de la
caserne où ces esclaves mercenaires étaient cantonnés sur l’île de Rawdah, en
face du Caire, sur le Nil. Ils seront surplantés par les Mamalouks Tcherkesses,
dits Burjïtes, de Burj (citadelle en
arabe), ainsi désignés parce leur caserne occupait la citadelle du
Caire.
19 Yeni çeri (nouvelle troupe) :
Terme qui a donné celui de janissaire en français. Corps d’élite des
troupes turques, dont les membres, à l’origine, furent recrutés parmi les
prisonniers de guerre ou les captifs des razzias en Asie et en Europe. Plus
tard, ces esclaves de la Porte furent sélectionnés, ironie des choses de
la guerre, parmi les enfants et les adolescents pris dans les villages
chrétiens des Balkans. Les Yeni çeri formèrent l’essentiel de
l’infanterie et plus tard aussi de l’artillerie. Vint un temps où ces Chrétiens
dévoués à l’Empire musulman, faisaient et défaisaient les sultans. Leur pouvoir
fut si grand durant deux siècles, ils se sont révélés des combattants si
redoutables (« l’Empire ottoman leur dut incontestablement
son succès de Memet II à Sélim II, ») qu’il a fallu les
éliminer. Plus rien ne pouvait les contrôler, pas même le sultan, de qui ils
tenaient leur pouvoir, sans qui, symbiose de récirpocité, le sultan devait le
sien. Devenus masse plus encombrante que nécessaire avec les progrès de la
technologie militaitre, tempête foudroyante en temps de guerre, les Janissaures
devenaient plaie sociale en temps de paix. S’étant révoltés contre les réformes
militaires, ils furent liquidés dans le sang en 1826. Date véritable du
commence du déclin de l’Empire ottoman.
20 Margrethe de Danemark : Marguerite de Danemark (1355-1412),
dite Valdemarsdotter (« fille de
Valdemar »).
21 L’Empire Byzantin : Ce que nous appelons l’Empire byzantin fut en réalité l’Empire romain
devenu chrétien, qui, à la suite de la conquête de l’Occident par les Barbares,
prolongea son existence dans les provinces orientales, occupées par les
premiers peuples Arabes convertis à l’Islam : la Syrie, la Palestine,
l’Égypte, l’Afrique méditerranéenne et la Mésopotamie. Comme les sujets
chrétiens de cet État multinational continuèrent à porter fièrement le nom de
Romains, le terme Roumi servit à désigner les Chrétiens chez les
Musulmans. Aussi voit-on que Byzance, ce monde complexe et fortement
hiérarchisé qui imprégna pendant mille ans l’histoire, et dont l’influence
reste prégnante sur de nombreux pays, est et fut cité sous plusieurs noms par
les chroniqueurs : Byzance (en grec Byzantium),
ou l’Empire byzantin ; Bilâd Al-Roum ou l’Empire romain d’Orient; l’Empire
grec oriental, l’Empire chrétien d’Orient ou Bas-Empire. Toujours est-il que la
civilisation byzantine allait survivre, après la chute de Constantinople, sous
des formes atténuées en Grèce et dans les pays de religion orthodoxe :
Serbes, Bulgares, Roumains, et Russes, pour qui Pétersbourg devint la Troisième
Rome.
22 Trebizonde : En grec Trapezous, en turc Trabzon, la ville devint le
refuge des Byzantins à la chute de Constantinople, et le foyer politique de la
civilisation byzantine. Prise par Mehmet II en 1461, la ville devint la
capitale d’une province ottomane.
23 « Humanisme et Réforme ont une origine commune : retour aux
textes de réflexion critique. Érasme et Lefèvre d’Étaples étudient la Bible
selon la même métode que les œuvres de l’antiquité païenne. Ainsi se forme
l’esprit de libre examen contre lequel réagit la Sorbonne au nom de la
méthode d’autorité. [...] En France, l’esprit de la Réforme se manifeste
d’abord par le mouvement ‘évangélique’. L’Évangélisme, c’est le
retour à l’Évangile, et plus généralement à l’Écriture Sainte considérée
comme seule source authentique des croyances chrétiennes, alors que, selon
l’orthodoxie catholique, l’Écriture doit être complétée par la Tradition (commentaire des Pères de l Église). » (Lagarde et Michard, XVIe siècle, Éditions Bordas, 1970,
page 10)
24 Jeanne la Folle [1479-1555]
est la fille d’Isabelle la Catholique et de Ferdinand d’Aragon
(qui introduisit l’Inquisition en Espagne l’année même de la naissance de
Jeanne). Elle épousa Philippe le Beau en 1496 et lui donna six enfants,
parmi lesquels Charles Quint et Ferdinand Ier. À la mort de sa mère Isabelle en
1504, elle partagea avec son mari le trône de Castille, malgré l’opposition de
son père. Son surnom de Jeanne la Folle lui vient de sa folie quand son
mari mourut jeune, à l’âge de vingt-quatre ans (1506), probablement
assassiné par son beau-père. Il se fit alors régent en déclarant sa fille
folle, promettant de lui restituer la couronne dès qu’elle recouvrait la
raison. On dit qu’elle était neurasthénique avant son veuvage. Toujours est-il
que son père, Ferdinand d’Aragon, prit en secondes noces Germaine de Foix et
n’en eut point d’héritier et accepta d’offrir la couronne de tous ses pays
conquis à la pointe de l’épée (la Navarre, le
Milanais, Orang, Bougie et Tripoli), à son petit-fils Charles de Gand,
déjà roi de Castille, qui lui aussi promit de restituer la couronne à sa mère,
dès qu’elle retrouvait la raison. Tout le monde trouvait donc son intérêt dans
cette folie, denrée rare pour ceux qui savent en profiter.
25 Le Calvinisme compte acutuellement plus de cinquante
millions d’adeptes dans le Monde, dont plus de trois millions en Suisse.
26 Ce qui laisse supposer que ce tour du Monde par l’Ouest
devait avoir été le projet initial de Christoph Colomb, et la raison pour
laquelle il nomma “Inde” le Nouveau Continent (et plus tard “Indiens” les
nombreuses populations indigènes par les Espagnols) en croyant y avoir
débarqué. Il serait étonnant qu’un bon navigateur comme Christoph Colomb aie
dérivé ainsi à l’Ouest en croyant prendre la voie de l’Est. L’erreur de Colomb
est d’avoir cru toucher les Indes par l’Ouest.
27 Destin hors de pair : Charles de Gand est
souverain des Pays-Bas à six ans, roi d’Espagne à seize, et empereur germanique
à dix-neuf. À trente ans, il règne sur un Empire où le soleil ne se couche
jamais. À sa mort, en courbant le front, dix-sept couronnes tombèrent de
sa tête comme des oranges un jour d’orage.
28 La diète de Worms fut tenue en cette ville d’Allemagne
de la Rhénanie-Palatinat. Invité par Charles Quint à se justifier (17 avril 1521), Luther refusa de se rétracter par
un discours demeuré célèbre. Il sortit libre, mais l’édit de Worms le mit au
ban de l’Empire germain et ordonna la destruction de ses ouvrages. Dévastée par
la Guerre de Trente Ans, la ville fut brûlée par les Français en 1689.
29 On attribue à Antonio Pigafetta un traité sur l’Art
de la Navigation, œuvre posthume publiée en 1894.
30 Orthographe différente du terme Mongol,
qui s’écrit aussi Mogol ou Moghul, et qui désigne les dynasties timurides
musulmanes qui régnèrent en Inde à cette époque.
31 Dans son but d’unifier le Japon et de pacifier le
peuple, Hideyoshi s’était allié à un autre général, Togugawa Ieyasu,
qui devint bientôt son rival. Deux ans après sa disparition, en 1598, nommé un des
cinq régents et tuteur de son fils, le jeune Hideyori, celui-ci s’empara
d’Osaka et régna en maître incontesté du Japon. Les Tokugawa resteront maîtres
du Japon jusqu’en 1868, autrement dit pour quinze générations.
32 Après avoir conquis ensemble le
Pérou pour la couronne d’Espagne, François Pizarre (Francisco Pizarro) et Diego Almagro
soumirent l’Empire des Incas en faisant tuer le roi Atahualpa en
1533. Mais bientôt ils entrèrent en conflit, et Almagro fut tué par le frère de
Pizzare, Hernando. Après la mise à mort d’Almagro, devenu son
rival à la couronne, François Pizarre sera lui-même tué par le fils de ce
dernier, Diego El Monzo, qui sera lui-même décapité par Vaca
de Castro, successeur de François Pizzare.
33 Baalbek : Ancienne Héliopolis (Ville du Soleil).
Ancienne ville phénicienne où sont conservés, au pied du versant occidental de
l’Anti-Liban, des vestiges monumentaux, entre autres, des temples de Jupiter,
de Mercure et de Bacchus. Ses matériaux cyclopéens jettent l’esprit dans la
stupeur. Tous les archéologues, les voyageurs et les historiens se demandent
encore comment, quand, et par quels moyens, ces énormes blocs de pierre ont été
élevés et maniés. Curiosité sur Baalbek : « Des légendes
phéniciennes font vivre Adam dans les environs de Baalbek et
présentent l’assassinat d’Abel comme ayant eu lieu dans une gorge
avoisinante de l’Anti-Liban, l’ancienne Abylène, actuellement Souk
Wadi Barada. Les mêmes légendes affirment que Noé (Nouh en arabe) et Cham (Ham en arabe) sont enterrés, le premier à Karak
Nouk et le second à Ham, deux localités près de
Baalbek. » (Petit Guide Historique de la
Syrie, la Palestine et l’Égypte, Abdallah Zehil, Imprimé sur les presses de
la Maison Maurin & Pagès, Marseille, 1929, page 21)
34 Fondé par Robert de Sorbon en 1527, pour
permettre aux écoliers pauvres d’accéder à l’enseignement, le collège de
la Sorbonne devint le centre des études théologiques et, en tant que
tribunal ecclésiastique.
*
Cette
page est en cours de réalisation
Merci de
revenir prochainement.
Copyright © 2010 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés
Pour retourner à la page d’accueil
Pour mieux connaître
l’auteur de la Chronologie
Pour nous aider à améliorer cette page (information... ajustement… faute d'orthographe... avis
personnel… erreur à signaler... suggestion…) : infos@editjeunelevrier.com
Retour / accès aux parties de cette section
>> Part
1 Part
2 Part 3 Part
4 Part 5