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 Encyclopédie Universelle Daheshiste – Part II
[De 640 av. J.-C. – à 619 apr. J.-C.]

(Chronologie des événements qui ont donné naissance au Liban et aux pays du Proche-Orient)

 
[ Conçue et rédigée par Georges H. ChakkourÉditions Jeune Lévrier ]

Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés


 *

 

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640-609 av. J.-C. :

Avènement de Josias, roi de Juda.

 

600 av. J.-C. :

La poétesse grecque Sapphô : Ode à Aphrodite. C’est le seul poème conservé entier parmi les 650 vers amoureux que le monde des lettres possède de sa première grande poétesse [1Cliquez pour accéder directement à la note]. Surnommée « la dixième muse » par Platon, Sapphô fut connue de son vivant pour son émancipation féminine et son lyrisme érotique. Et cependant, à l’île de Lesbos, elle tenait un célèbre institut de musique, de danse et de poésie pour jeunes filles nobles, les préparant ainsi au mariage. Plutarque fit son éloge, Ovide célébra ses amours, Horace traduisit et imita ses vers. Sa langue concrète, son genre rarement inspiré de ses prédécesseurs, ses chants frémissants d’amour angoissé que des chœurs de jeunes filles répandirent dans la Grèce :

 

« Immortelle Aphrodite,

Je t’en supplie, d’angoisse et d’amertume,

Vénérable, n’accable pas mon cœur.

– Je ne suis pas heureuse. Je suis obsédée par le désir de mourir... »

 

inspirèrent des siècles de littérature amoureuse, et une richesse d’œuvres artistiques : peinture, sculpture, danse et musique.

 

587 av. J.-C. : Déportation du peuple juif en Babylonie

       Prise de la ville, saccage et destruction du Temple de Jérusalem par Nabuchodonosor, et déportation des Juifs en Babylonie.

      

573 av. J.-C. : Tyr

       Prise de Tyr par Nabuchodonosor après treize ans de siège. (Située sur une île quasiment imprenable, elle avait deux ports, l’un au Nord tourné vers Sidon, et l’autre au Sud, regardant l’Égypte. Elle brillait par ses murailles, hautes et fortes, et faisaient la fierté de la seconde partie de la ville qui s’étendait à l’Est, sur la terre ferme.) 

      

560 av. J.-C. :

       Les Carthaginois soumettent la Sardaigne (Palerme et Solonte) et une partie de la Sicile.

      

       550 av. J.-C. :

Prise de l’Empire mède par Cyrus II, dit le Grand. Fondation de l’Empire perse achéménide. [ 2 ]

 

545 av. J.-C. :

       Cyrus II, roi de Perse, utilise le système des relais pour ses messagers.

 

539 av. J.-C. : Babylone

Cyrus prend Babylone. (Son Empire s’étend sur l’ensemble de l’Iran actuel et une partie de l’Asie centrale.)

 

536 av. J.-C. :

Édit de Cyrus (relaté par Esdras dans la Bible : Le Livre d’Esdras, chapitre 1). Le retour du peuple hébreu de l’exil et la reconstruction du Temple de Jérusalem.  

 

Cyrus, roi de Perse, libère les populations soumises par Babylone et restitue la liberté des croyances. Il met fin à la captivité des Hébreux et permet leur retour en Palestine et la reconstruction de leur ville et du Temple de Yahvé (« … après leur avoir remis les ustensiles que Nabuchodonosor avait apportés de Jérusalem et offerts au temple de son dieu. Cyrus, roi de Perse, remit ces trésors aux mains de Mithridate, le trésorier, qui les dénombra pour Sheshbaççar, le prince de Juda. Et voici leur inventaire : bassins d’or, 30 ; bassin d’argent : 1000 ; couteaux de premier et second ordre : 29 ; coupes et écuelles d’or : 30 ; coupes et écuelles d’argent : 1000 ; abîmées : 410 ; autres ustensiles : 1000. Total des ustensiles d’or et d’argent : 5400. Tout cela, Sheshbaççar le rapporta, quand on fit remonter les exilés de Babylone à Jéusalem. » La Bible, Le Livre d’Esdras, chapitre 1, versets 7-11)

 

« Ce fut à Babylone que se produisit l’incroyable renaissance, les Juifs découvrant que Yahvé était encore au milieu d’eux et à leurs côtés. Ces quelques milliers d’exilés, l’élite du pays détruit, se trouvaient transplantés au milieu du colosse cosmopolite le plus prodigieux de l’Antiquité. Le nom même de Babylone évoque la splendeur. Nabuchodonosor en était le maître absolu et il accorda la liberté religieuse à la colonie juive à condition qu’elle ne provoque pas de désordre. De nombreuses familles juives s’enrichirent, occupèrent de hautes fonctions, et plusieurs aussi s’assimilirènt dont on n’entendit plus jamais parler. Un noyau de Conservateurs endurcis perpétua la religion des pères, découvrit qu’elle pouvait être pratiquée loin de la mère patrie et ne cessa de lui incorporer de nouveaux prolongements. La tradition d’un lieu de prière local, la ‘synagogue’, qui remplaça le Temple, prit son origine à Babylone. À mesure que le caractère unique de leur religion leur apparaissait, la force intérieure des Juifs s’accrut. Ils découvrirent que le magnétisme de Jérusalem agissait n’importe où. La ville morte ne cessait de leur faire signe et la ferveur des exilés à son endroit devint sans bornes. ‘Si je t’oublie, ô Jérusalem’ : cette lamentation qui allait retentir tout au long des siècles, poussée dans les moments les plus sombres et les plus désespérés, se fit entendre pour la première fois à Babylone.

 

Le prophète Ézéchiel, lui aussi en exil, fut, avec Jérémie, le principal inspirateur de la communauté de Babylone. Ézéchiel expliquait aux Hébreux que leur nation leur avait été enlevée pour les punirs d’avoir joué à cache-cache avec Dieu. Il évoquait les visions de la Ville sainte et prophétisa un retour glorieux à Jérusalem. Ces survivants se transformèrent en un peuple obsédé par l’idée de retour.

 

À la mort de Nabuchodonosor, Babylone trembla. Au fin fond de l’Asie, un génie du nom de Cyrus était en pleine ascension grâce à une petite mais brillante armée de paysans perses qui allait bientôt bâtir un empire, des Indes jusqu’à la Grèce : Babylone était le principal obstacle à supprimer. [...] Finalement Babylone tomba de manière indigne, trahie par les siens.

 

Cyrus transcendait son époque. Il s’aperçut que la meilleure manière de s’assurer la loyauté des étrangers était de permettre aux divers peuples de son empire de pratiquer leur propre religion et il les y encouragea. Un édit d’émancipation en 538 av. J.-C. n’autorisait pas seulement les Juifs de retourner à Jérusalem, mais leur offrait de l’aide pour la reconstruction de leur nation. » (Jérusalem, Le Cantique des Cantique, Jill et Leon Uris, Éditions Robert Laffont, 1981, page 90)

 

535 av. J.-C. :

Les Carthaginois soumettent Alalia, l’actuelle Aléria, en Corse.

 

530 av. J.-C. :

Mort de Cyrus ; son fils Cambyse II lui succède.

 

525 av. J.-C. :

Conquête de l’Égypte par Cambyse II, fils de Cyrus II.

 

522 av. J.-C. :

Mort en Syrie de Cambyse II, roi achéménide de la Perse et de l’Égypte, fondateur de la XXVIIe dynastie. Darius Ier, fils du satrape Hystpape, lui succède sur le trône.

 

520-515 av. J.-C. :

Découverte dans la Maison des archives où l’on déposait les trésors à Babylone, de l’ordre de Cyrus concernant la reconstruction du Temple de Jérusalem. Édit de Darius.

       

Reconstruction du Temple de Jérusalem (le Second temple).

       

515 av. J.-C. :

Premières fondations de Persépolis par Darius  Ier.

 

490 v. J.-C. :

Défaite de Darius Ier contre les Hellènes à Marathon [ 3 ], lors de la Première Guerre médique. 

 

86 v. J.-C. :

       Mort de Darius Ier, roi de Perse, après avoir conquis de nombreux royaumes à l’Empire. Son fils Xerxès Ier monte sur le trône. Démantèlement de Babylone.

      

480 av. J.-C. :

       Grande défaite des Carthaginois à Himère (en Sicile).

 

       480 av. J.-C. :

       Bataille des Thermophyles et prise d’Athènes par Xerxès Ier.

 

       467 av. J.-C. :

       Le poète et tragédien grec Eschyle présente Les Sept contre Thèbes.

 

       465 av. J.-C. :

       Xerxès Ier meurt au palais avant d’avoir pu soumettre les Grecs. Son fils Artaxerxès Ier lui succède.

 

450 av. J.-C. :

Les deux explorateurs carthaginois Himilcon et Hannon, partent avec leurs flottes : le premier vers l’Atlantique Nord, atteignant Cornouailles et l’Irlande : le second à la découverte de l’Afrique Occidentale par les colonnes d’Hercule (ancien nom de Gibraltar), les Canaries, le Cap-Vert, jusqu’au fond du golfe de Guinée.

 

458 av. J.-C. :

Le tragédien grec Eschyle : Prométhée enchaîné puis la Trilogie de L’Orestie. (Composée de l’Agamemnon, des Choéphores et des Euménides, l’Orestie est la seule trilogie entirement conservée que l’on connaisse d’Eschyle et du théâtre grec.)

 

449 av. J.-C. :

Signature de la paix de Callias entre Artaxerxès Ier et les Athéniens.

 

445 av. J.-C. :

Néhémie, fils d’Hakalya, gouverneur de Judée, répare les murs et les portes de Jérusalem et protège la ville de remparts. (Relaté dans La Bible, Le Livre de Néhémie, Chapitre II, 11-chapitre III)

 

438-433 av. J.-C. : Les sept merveilles du monde

Le sculpteur grec Phidias réalise une statue de Zeus tout en or et en ivoire. (L’œuvre la plus admirable de l’Antiquité grecque et l’une des sept merveilles du monde.)

 

« La statue du maître des dieux

 

La statue de Zeus à laquelle travaillèrent Phidias et ses callaborateurs Panainos, le peintre, et Colotès, le ciseleur, avait 12 à 13 mètres de haut. Probablement postérieure à celle d’Athéna au Parthénon, elle fut sans doute exécutée entre 438 et 430 av. J.-C., ou même un peu plus tard. La Statue fut enlevée sous Théodose II et emportée à Constantinople où elle fut détruite dans un incendie en 475 apr. J.-C.

 

Le dieu était représenté trônant, tenant une Victoire chryséléphantine [ 4 ] dans sa main droite et un sceptre surmonté  d’un aigle dans sa main gauche. Le trône en ébène et en bronze était plaqué d’ivoire et d’or, rehaussé de pierres précieuses et de peintures. Les parties nues de la statue (les pieds, le ventre, le torse et la tête) étaient d’ivoire. L’himation [ 5 ] qui descendait de l’épaule, retombait sur les cuisses et recouvrait les jambes. Il était constellé de gemmes de même que la barbe et les cheveux. Des fonctionnaites spéciaux, appelé phædryntes, avaient la charge d’enduire le colosse avec l’huile. » (Grèce, Guides bleus, 1997, page 470)

 

409 av. J.-C. :

Le Sénat carthaginois autorise ses gouvernants à reprendre la conquête de la Sicile.

 

399 av. J.-C. :

Condamnation à Athènes du philosophe grec Socrate. (Jugé et reconnu coupable d’impiété et de corruption de la jeunesse… il est condamné à boire la ciguë.)

 

[ Socrate (Sôkratês) : Tout le monde connaît alors à Athènes ce sage qui parcourt les lieux publics en proclamant, à qui veut l’entendre, qu’il ne sait rien, et que s’il sait une chose, c’est la seule chose qu’il sait, contrairement à ceux qui prétendent tout savoir et ne savent rien. Plein d’ironie, la méthode de Socrate est d’interroger ses citoyens de façon incisive sur leurs sciences, leurs politiques et leurs philosophies ; leur faisant « accoucher » la vérité sur leur ignorance et sur eux-mêmes. C’est par la raison seule, affirme-t-il, et la connaissance de soi qu’on peut atteindre au bonheur. Bientôt, devenu le centre d’admiration et de curiosité de la jeunesse athénienne, il n’est pas une famille qui ne l’invite à ses banquets pour s’entretenir avec lui, et beaucoup profitent des enseignements de ce sage qui affiche un mépris contre ceux qui recherchent les loisirs matériels et négligent les vertus de l’âme (« source de tout ce qui est Bon, Vrai, Beau et Juste »). Philosophe grec du dialogue vivant [470-399 av. J.-C.], son père Sophronique, était semble-t-il, sculpteur, et sa mère, Phainarète, sage-femme. C’est d’elle qu’il a dû hériter, apprend-on de Platon, « l’art d’accoucher ainsi les esprits » par la dialectique. Le succès grandissant de Socrate sur les jeunes athéniens finit par inquiéter les notables de la cité. Trois d’entre eux, Anytos, Mélitos et Lycon, l’ayant accusé pour impiété (« pour avoir honoré d’autres dieux que ceux de la cité ») et corruption de la jeunesse, le tribunal d’Athènes, l’Héliée, arrêta, jugea et condamna le philosophe grec, alors vieil homme de soixante-dix ans, à boire la cigüe. Beaucoup s’offrirent à plaider sa cause contre ses accusateurs, mais Socrate se défendit seul, sans se faire d’illusion, sachant qu’elle était perdue d’avance. Il en profita pour railler ses accusateurs et ses juges, et les accusa à son tour de commettre un grand crime contre la philosophie. Refusant bravement de s’enfuir de prison, comme le lui proposait un nombre d’amis influents, Socrate accepta sa condamnation, non par soumission ou par faiblesse, mais par respect pour les lois de la cité qui est la sienne, sûr que des milliers de Socrate naîtront un jour de cette mort injuste, pour défendre sa cause et devenir, à leur tour, des « taon de la cité », surnom qu’on lui donnait à cause de ses railleries féroces contre les sophistes et les milieux conservateurs. Socrate, le premier théoricien connu de l’existence d’une âme immortelle (même parmi les prophètes hébreux), et de la supériorité de l’idée sur le monde perçu (« imparfaitement représenté par nos sens ») demeure le plus problématique des philosophes : il n’a rien écrit alors qu’il fut un puits de savoir et que la production littéraire était facile et abondante en son temps. Un commentateur de ce personnage fascinant se demande, comme beaucoup l’ont fait : « Socrate nous est connu par Aristophane qui le dénigre, Xénophon qui nous en donne une image simpliste, et Platon qui lui donne une stature historiquement fondamentale : mais Platon, son disciple principal, semble-t-il, a-t-il fait de Socrate un portrait fidèle ou sublimé par sa dévotion et son génie propre ? La question est insoluble et il nous est seulement loisible de dégager les traits communs des textes de ceux qui l’ont connu. » Il est évident que, si Socrate ne dérangeait pas à ce point les assises politiques et métaphysiques de son temps, le Tribunal d’Athènes ne l’aurait pas injustement accusé et condamné à mort, à un âge où l’âge avait déja raison de lui. Ni il aurait eu cette foule d’admirateurs et de dénigreurs. Enfin le génie de Platon dit assez quel maître sublime devait avoir été Socrate, quand il a eu un disciple de ce niveau. Toujours est-il que celui qui disait : « Le plus sage des hommes est celui qui admet en lui-même qu’il ne sait pas, » devait déterminer la civilisation européenne, cette civilisation qu’on peut imaginer sans Jésus, mais qu’il est difficile de concevoir sans Socrate. ]

 

359-336 av. J.-C. :

Règne de Philippe II de Macédoine.

 

347 av. J.-C. :

Mort de Platon (à Athènes où il est né en 428 av. J.-C.)

 

340 av. J.-C. :

Carthage perd la Sicile au profit des légions romaines. Sa conquête par les Carthaginois sera reprise une dernière fois en 280 av. J.-C.

 

338 av. J.-C. :

Victoire de Philippe II sur les Grecs à Chéronée (ville de Béotie située entre la Phocide et l’Attique, non loin du fleuve Céphise).

 

336-323 av. J.-C :

Règne d’Alexandre le Grand (fils de Philippe II).

 

332 av. J.-C. :

Après un siège de sept mois, commencé en janvier, chute et prise de Tyr (Soûr, Liban) par Alexandre le Grand.

 

La ville de Tyr était, pour ainsi dire, bâtie à cheval sur la côte, dont la partie insulaire se trouvait séparée par un détroit de quelque 700 mètres de la Tyr continentale. Après un blocus de sept mois, alors qu’il a fallu treize ans de siège à Nabuchodonosor II, « la Reine des mers », comme on appelait Tyr, tombe entre les mains d’Alexandre. Elle est vaincue et brisée, la riche et prospère cité phénicienne, connue pour ses architectes et ses forgerons, sa fabrication de la pourpre et du verre, ses comptoirs, ses bases navales et son port, d’où le bois de cèdre était sans cesse acheminé vers les grands souverains du bassin méditerranéen. Pour y arriver, le conquérant aurait fait détruire la ville primitive de Tyr, Paetyros, bâtie sur la terre ferme, et en aurait employé ses pierres à se construire une puissante digue jusqu’à l’île, longue d’environ deux kilomètres et large de soixante. Il attaqua ses remparts de l’Orient et par mer. À moitié détruite, tous ses habitants massacrés ou emmenés en esclavage, Tyr se relèvera de ses ruines peu de temps après, pour retomber au pouvoir d’Antigone (Antigonos Monophtalmos), général d’Alexandre, après un siège de quatorze mois en ~ 313.

 

331 av. J.-C : Alexandrie

Alexandre le Grand traverse la Syrie et la Palestine en vainqueur et visite Jérusalem (selon la tradition juive, il serait allé visiter le Temple à la suite d’une vision). Maître de Tyr, de Byblos, de Sidon et de Gaza, capitale des Philistins, il continue sa marche vers l’Égypte. Dans sa haine du satrape perse, la population de Memphis, totalement subjuguée, l’accueille en libérateur. Alexandre y donne des jeux athlétiques, organise le pays, descend le fleuve jusqu’à son embouchure et jette les fondements de la nouvelle ville d’Alexandrie. Après avoir consulté son oracle à Jupiter Ammon dans l’oasis de Siwah (dans l’ouest de l’Égypte actuelle, à la frontière libyenne, et à 560 km du Caire), il quitte les bords du Nil pour regagner l’Asie et marcher contre le Grand Souverain, Darius.

 

Janvier 330 av. J.-C. :

Victoire d’Alexandre le Grand sur Darius III, roi des Perses, près d’Arbèles [ 6 ], au pied de Zagros. Elle mit fin à la dynastie des Achéménides et permit au jeune et ambitieux vainqueur hellène de se proclamer roi de l’Asie. Persépolis, l’éblouissante capitale royale des Perses, est pillée puis incendiée par ordre d’Alexandre, et le palais du Grand Roi réduit en cendres. À Parménion, un de ses généraux, qui lui conseille vainement de ne pas incendier Persépolis, Alexandre répond : « Une armée perse est venue en Grèce, a détruit Athènes, brûlé nos temples et dévasté tout le pays ; je dois cette vengeance aux Grecs. »

 

Dans l’espoir de réorganiser son armée, Darius III gagne la Médie, fuyant devant Alexandre, qui veut le capturer vivant, et le poursuit à toute bride.

 

Août 330 av. J.-C. :

Mort à Hécatompylos, au sud de la mer Caspienne, de Darius III, à l’âge de cinquante ans, assassiné par un des siens, le satrape de Bactriane, Bessos.

 

13 juin 323 av J.-C. :

Mort soudaine d’Alexandre le Grand à Babylone.

 

Sa disparition soudaine jette les Empires conquis dans un silence abasourdissant. Une impression de calme après la tempête, alors que ce deuil subit n’en est que l’œil, saisit ses officiers. Devenu en douze ans de conquêtes fulgurantes le symbole de Dieu invincible, son trône, étendu des rives du Nil à l’Indus, émaillé de dizaines de cités qui portent son nom, se disloque en petits royaumes et disparaît comme une bulle d’écume, des bales d’avoine dans la main du vent. Le choix de Babylone pour sa nouvelle capitale fut, semble-t-il, de mauvais augure au conquérant, là où elle devait lui servir de rappel à la sagesse. Tout comme dans la légende de la tour de Babel, il arriva à ses généraux ce qui advint au peuple qui l’éleva : ses sept Diadoques [ 7 ] ne tardèrent pas à se combattre, et à se disperser chacun de son côté comme  le peuple de l’orgeuilleuse tour. Pendant plus de vingt ans, ce ne sera que guerres civiles dans le Royaume, marchandages et trahisons entre ses lieutenants. Plus de cent vingt-cinq ans durant lesquels, leurs fils, les Épigones, puis leurs héritiers, imitant le digne exemple de leurs pères, vont « s’imposer le diadème chacun dans sa région ». Expression biblique dans le Premier Livre des Macchabées pour dire que les officiers d’Alexandre prirent le pouvoir par la force des armes chacun dans une région. Et notamment en Orient. Grande figure de la Bible et du Coran, Alexandre le Grand serait, aux yeux de la plupart des commentateurs, ce Géant au pied d’argile du songe de Nabuchodonosor mentionné dans le Livre de Daniel :

 

« Tu regardais, ô roi, une statue ; elle se dressait devant toi, et son aspect était terrifiant. La tête de cette statue était d’or fin, sa poitrine et ses bras d’argent, son ventre et ses cuisses de bronze, ses jambes de fer, ses pieds en partie de fer et en partie d’argile. Tu regardais, lorsqu’une pierre se détacha, sans l’aide d’aucune main, frappa la statue sur ses pieds de fer et d’argile et les broya. Alors furent broyés en même temps, l’argile, le bronze, l’argent et l’or. Ils furent comme la bale sur les aires en été ; le vent les emporta et on n’en trouva aucune trace. Quand à la pierre qui avait frappé la statue, elle devint une grande montagne et remplit toute la terre. » (La Bible, Le Livre de Daniel, chapitre II, 31-35).

 

En effet, à sa mort, de petits royaumes inférieurs se levèrent en Grèce, dans les Balkans, en Syie, en Afrique, en Perse et en Inde, et l’or de la puissance grecque devint argent au bout de deux siècles. Puis bronze, et ainsi de suite jusqu’à son affaiblissement final, causé par ses divisions. Alors le fer d’une partie ne pouvant se mêler à l’argile de l’autre, le Grand Royaume macédonien devint aussi fort que ses pieds d’argile étaient faibles. La tête d’or de la statue symbolique, représenterait l’Empire du héros macédonien de son vivant ; et les pieds de fer mêlés d’argile, les friables royaumes de ses successeurs. Quant à cette « pierre qui se détache sans l’aide d’aucune main, frappe la grande statue et la broie en mille morceaux », elle serait simplement son orgeuil démesuré. Plus il est grand, plus ses pieds faiblissent, et plus le coup est puissant et sa chute désastreuse. Les grands conquérants, en venant au monde, naissent on dirait avec cette pierre fatale de Daniel dans la main... le Monde en fait une étoile ! Son mythe fut si prestigieux en Orient et en Occident qu’il est difficle de cataloguer aujourd’hui les œuvres qu’il inspra, les villes, les ports, les rues, les places qui portent toujours son nom, Alexandroupolis, Alexandrie, Alexandrette, Alexandria, les temples, les statues, les fresques, les tableaux, les romans, les livres d’histoire, les films, les pièces de théâtres, les études, les légendes, les mythes qui ont célèbré cette figure unique dans l’histoire.

 

 

[ La Bible : Premier Livre des Maccabées

 

Mort d’Alexandre et partage de son empire.

« Or, après qu’Alexandre, fils de Philippe, Macédonien, qui était sorti du pays de Chettiim [Larnaca, dans l’île de Chypre], eut battu Darius [III], roi des Perses et des Mèdes, et après qu’il fut devenu roi à sa place (auparavant Alexandre régnait sur l’Hellade), il livra de nombreuses batailles, s’empara de forteresses et mis à mort des rois de la terre. Il poussa jusqu’aux extrémités de la terre et prit les dépouilles [les trésors fabuleux] d’une multitude de nations [Babylone, Suse, Persépolis, Echbatane, Pasargades]. La terre se tint tranquille devant lui. Son cœur s’éleva et s’exalta ; il rassembla une armée très forte et soumit des contrées, des nations et des dynastes, qui durent lui payer tribut. Après cela, il se jeta sur sa couche et connut qu’il allait mourir. Il convoqua ses grands officiers, les compagnons de sa jeunesse, et leur partagea son royaume, alors qu’il était vivant. Alexandre avait régné douze ans quand il mourut. Ses officiers prirent le pouvoir [les sept diadoques], chacun dans sa région. Tous s’imposèrent le diadème après sa mort, ainsi que leurs fils [les épigones] après eux pendant de longues années, et ils multipliairent les maux sur la terre. [...] » (Chapitre I, 1-15) ]

 

 

 

[ Le Coran : La Caverne

 

Histoire de Dhoul Karnaïn (Alexandre le Grand).

« Ils te [Mouhammad] questionneront sur Dhoul Karnaïn. Réponds : Je vais vous dire son histoire. Nous [La Force Divine] l’avons établi sur la terre et lui avons donné pouvoir sur tout. Il suivit un chemin jusqu’au couchant ; il vit le soleil se coucher dans une source bouillante ; auprès d’elle il vit établie une peuplade. Nous lui dîmes : Ô Dhoul Karnaïn, libre à toi de châtier ce peuple ou le traiter avec générosité. Nous châtierons, répondit-il, tout homme impie ; ensuite nous le livrerons à Dieu, qui lui fera subir un supplice affreux. Mais quiconque aura cru et pratiqué le bien, obtiendra une belle récompense, et nous ne lui donnerons que des ordres faciles à exécuter. Dhoul Karnaïn, de nouveau, suivit une route, jusqu’à ce qu’il arriva à l’endroit où le soleil se lève ; il vit le soleil se lever sur un peuple à qui nous n’avions rien donné pour s’abriter de son ardeur. Oui, il en fut ainsi, et nous connaissons tous ceux qui étaient avec Dhoul Karnaïn. [...] » (Sourate XVIII, La Caverne, versets 82-100) ]

 

 

[ Selon la tradition juive, lors d’un voyage à Jérusalem, il aurait rendu visite au Temple de Salomon. Après s’être agenouillé, il aurait dit aux prêtres : « Allez en paix. Vous êtes les prêtres du vrai Dieu et votre Dieu sera le mien. » ]

 

[ Un historien persan a écrit :

En quatorze ans, Alexandre a parcouru les routes et les déserts, les plaines et les montagnes du monde et les pieds de ses coursiers ont écrit sur les lieux les plus élevés et les moins accessibles, des vers dont le sens était : « Le jour il était dans la Grèce et la nuit dans l’Inde, le soir à Damas et le matin à Nouschad. Son cheval se désaltérait le même jour aux rives du Gihon et dans les eaux du Tigre qui arrose Bagdad. » ]

 

On ne sait même pas où il fut enseveli.

 

*

 

[ Repère historique du sort de la Macédoine depuis la mort d’Alexandre jusqu’à la conquête romaine :

 

323-168 av. J.C. :

En proie aux luttes des diadoques, la Macédoine passe successivement au général d’Alexandre Antigonos Monophtalmos et à son fils Démétrios Poliocrète, à Cassandre, puis au roi d’Épire Pyrrhus II, au roi de Thrace Lysimaque, enfin à Ptolémée I Soter, roi d’Égypte. Après Ptolémée, commence le règne de la dynastie des Antigonides, fondée par le petit-fils d’Antigonos Monophtalmos (d’où le nom de la dynastie des Antigonides.) Ces derniers régneront sur le pays jusqu’en 168 avant notre ère. À la défaite du dernier roi antigonide, Philippe V, vaincu par les légions romaines de Paul-Émile, la Macédoine devint possession romaine et fut divisée en quatre provinces. ] [ 8 ]

 

*

 

312 av. J.-C. : Rome

Le consul romain Appius Claudius [ 9 ] (Appius Claudius Caecus) trace la voie qui prit son nom (« la voie Appienne »), de Rome à Capoue, longue de deux cent kilomètres et large de quatre mètres.

 

305-64 av. J.-C. : Proche-Orient

Règne des Séleucides (dynastie hellénistique) en Syrie et sur une partie de l’Orient macédonien. Capitale, à partir de ~ 301 : Antakya (Antioche-sur-Oronte, ville en Turquie, à cinquante cinq kilomètres de la Syrie). Elle fut fondée par « le roi de Syrie » Séleucos Ier Nicator (né en ~ 350, mort en ~ 280, roi de Syrie de ~ 305 à sa mort), général macédonien et ancien lieutenant d’Alexandre le Grand.

 

300 av. J.-C. : Chine

Pour se protéger de l’invasion des Xianyun, peuple de nomades guerriers venu de la haute Asie, le premier empereur de Chine construit une forte muraille autour de son vaste Empire. (Ainsi plus de vingt-quatre siècles plus tôt, vers 2750 av. J.-C., Gilgamesh, le roi mythique de la ville sumérienne d’Uruk, en basse Mésopotamie, sur la rive de l’Euphrate, entoura sa cité d’une puissante muraille en briques cuites, longue de près de dix kilomètres.) La Grande Muraille de Chine, construite en pierres et en briques, sera élevée entre ~ 221 et ~ 206 par le grand empereur Qin Shi Huangdi, le Premier empereur de la Chine unifiée, celui dont le tombeau renferme une armée de 8000 soldats en argile grandeur nature, dont les traits et le costume de l’un ne ressemblent à ceux d’aucun autre. * (Article à compléter prochainement.)

 

278-168 av. J.-C :

Règne des Antigonides en Macédoine. (Voir note 1 de l’article 323-168 av. J.-C.)

 

264-241 av. J.-C. :

Première Guerre Punique entre Rome et Carthage. Les Carthaginois perdent leurs conquêtes maritimes.

 

*

 

[ Repère dynastique des peuples Chinois et Indiens :

 

Les Han : 256-220 av.J.-C.

 

Nom de plusieurs dynasties chinoises. Celle des Han occidentaux (de la dynastie Xihan : 256 av. J.-C.-195 av. J.-C.) appelés aussi Han de la Chine antérieure (ou Qianhan), et qui établit sa capitale à Changaï. Celle des Han orientaux (de la dynastie Donghan : 220 av. J.-C.) qui fit de Luoyang sa capitale, appelés aussi les Han postérieurs (ou Houhan). ]

 

*

 

240-229 av. J.-C. :

Hamilcar Barca conquiert l’Espagne pour le compte de Carthage.

 

220 av. J.-C. : La voie Flaminienne

Construction de la voie Flaminienne (via Flaminia), grâce au général romain Caïus Népos Flaminus, qui fit également construire à Rome le célèbre cirque qui porte son nom : le cirque Flaminien. Elle menait de Rome à Spoletium (l’actuelle Spolète ou Spoleto en Italien) ou Narni (commune de la province de Ternie en Ombrie : région de l’Italie centrale) et fut prolongée pour atteindre Ariminium (l’actuel Rimini) en traversant l’Ombrie. * (Article à compléter prochainement.)

 

214-167 av. J.-C :

Guerre de Macédoine contre les Romains.

 

200 av. J.-C. :

Les cavaliers chinois de l’époque des Han utilisent une selle à armature rigide.

 

219-201 av. J.-C. :

Deuxième Guerre Punique entre Rome et Carthage. Hannibal, victorieux en Italie, subit en Afrique la défaite de Zama, au cœur de la Tunisie. [ 10 ]

 

190 av. J.-C. : La Route de la soie

Les Chinois, pour vendre aux Persans, aux Romains et aux Grecs le merveilleux tissu dont ils sont les fabricants exclusisfs, tracent une route caravanière, longue de cinq mille kilomètres, entre eux, l’Europe et l’Asie central, sillonnée de stations de repos et d’échange aux voyageurs, dite : La Route de la Soie. Son extraordinaire réseau gagne rapidement toutes les capitales de l’Europe jusqu’à l’Espagne par l’Ukraine, ainsi que l’Afrique, des deux extrémités du Nord du Continent africain à la pointe du Sud par Canaan. D’Antioche, Byblos, Beyrouth, Tyr, Sidon, une route gagnait l’oasie de Tadmor (Palmyre, en Syrie), Ecbatane (en Médie, au Nord-Ouest de l’Iran) et Bactres (l’actuelle Balkh, ville de l’Aghanistan du Nord et capitale de l’ancienne Bactriane, en Asie centrale.) Partant des capitales chinoises, proches de l’actuel X’ian, une branche conduisait à Bâmyan (ville de l’Afghanistan central) par l’Inde, puis à Peshawar et à Taxila (tous les deux dans l’actuel Pakistan), une autre conduisait à Samarkande (ville d’Ouzbékistan) et à Pamir, par où les marchands venus du monde entier effectuaient les échanges avec les caravniers chinois. Les marchandises transportées étaient de toutes sortes, l’or, les pierres précieuses, le verre, les perles, l’ivoire, les tapis, la soie, le thé, les épices, le papier, la poudre à canon. Mais au delà des échanges commerciaux, la route caravanière ouverte afin de permettre à la Chine d’établir des relations commerciales avec le monde romain, l’Inde, l’Asie et l’Afrique, elle permit la diffusion du Bouddhisme en Chine, et par voie inverse, l’expansion du Nestorisme et plus tard de l’Islam en Inde et dans l’Empire chinois, de même qu’elle permis la diffusion de l’Hellénisme en Asie centrale. Autant que les Phéniciens permettant l’échange des produits, des religions et des cultures par voie de mer, grâce à leur esprit entreprenant, les Chinois permirent l’échange des produits, des cultures, de la science et des religions de l’Europe à l’Arabie et à l’Afrique, en passant par la Perse, la Mésopotamie et la Syrie.

 

183 av. J.-C. :

Mort d’Hannibal à Libyssa près de Prusa (Brousse, en Bithynie, à l’est de la mer de Marmara). [ 11 ]

 

172 av. J.-C. :

Lors du règne du Royaume séleucide de Syrie (~ 305-64) la ville de Jérusalem, devenue une grande cité hellénistique, est nommée la petite Antioche par une association de Juifs hellénisant, dit les Antiochiens.

 

169 av. J.-C. :

Antiochus IV Épiphane, dit l’Illustre, fils d’Antiochus III le Grand, pille le Temple de Jérusalem, hellénise la Palestine et interdit la pratique du Judaïsme dans son Royaume.

 

167-141 av. J.C :

Insurrection de Judas (troisième fils de Mattathias) et guerre de libération des Maccabées contre les Séleucides. (Racontées sous forme d’épopée dans La Bible, Le Premier et le Second Livres des Macchabée, depuis le début de la révolte jusqu’à la mort de Simon, le frère de Jonathan et de Judas.)

 

149-146 av. J.-C. :

Troisième Guerre Punique entre Rome et Carthage. Triomphe de Rome et prise de Carthage.

 

146 av. J.-C. :

Destruction de Corinthe par les Romains.

 

146 av. J.-C. :

Destruction de Carthage par les Romains. L’ancienne colonie phénicienne fut brûlée maison par maison ; le sol où fut bâtie la ville, condamné comme maudit et tabou par le Sénat ; et son peuple, ou ce qui en restait, dispersé autour du Bassin méditerranéen. La question de savoir qui de Rome ou de Carthage devait commander en Méditerranée était résolue : Rome triomphait et Carthage n’était plus. Le nouveau roi des Numides, Micipsa [ 12 ], régnait désormais sans friction avec Rome. L’épopée de Didon en Tunisie avait vécu, du moins pour un siècle berbère, car Carthage surgira de ses cendres africaines pour transformer et orientaliser Rome, son Sénat, son Panthéon et son Empire.

 

140 av. J.-C. :

La ville de Beyrouth est détruite lors des terribles luttes de la succession au trône d’Orient entre Tryphon et Antiochus VII [ 13 ]. Les Romains la rebâtirent et la nommèrent, d’après la fille de l’Empereur Auguste, Colonia Julia Augusta Felix Berytus ! [ Au troisième siècle de notre ère, Beyrouth possède une fameuse École de Droit, disparue à la suite de violents tremblements dans le courant de l’an 555. Prise par les Arabes en 635, les Turcs ottomans occuperont Beyrouth en 1516. ]

 

140 av. J.-C :

Le Sénat romain reconnaît l’indépendance de la Judée.

 

131 av. J.-C :

Siège de la ville de Jérusalem par Antiochus VII.

 

120 av. J.-C. :

Afin de faciliter la communication avec Rome et assurer la mobilité rapide des armées, le réseau des routes romaines s’étend jusqu’aux provinces les plus reculées de l’Empire.

 

114 av. J.-C. :

Naissance près de Carrhes [ 14 ], ville en Asie Mineure, du consul romain Crassus (Marcus Licinius Crassus). Lié avec César et Pompée, il formera avec eux en ~ 60 le Premier Triumvirat.

 

71 av. J.-C. :

Mort à Silare de Spartacus. Ancien berger Thrace, il s’était échappé d’une école de gladiateurs de Capoue et avait groupé autour de lui les esclaves insurgés contre Rome. Après avoir menacé l’autorité romaine dans toute l’Italie, il fut vaincu par Crassus, et crucifié après la bataille près du Silare en Lucanie. Ce fut la plus grave des grandes révoltes serviles, et la dernière.

 

65 av. J.C.-324 de notre ère :

Expansion de l’Empire Romain en Orient, et genèse de Byzance (ou L’Empire Romain d’Orient).

 

64 av. J.-C. :

Pompée (Cneiu Pompeius Magnus), ancien lieutenant de Sylla, conquiert la Syrie. En ~ 63 le général romain s’empare de Jérusalem et détruit le Second Temple de Jérusalem.

 

62 av. J.-C. :

Création de la province romaine de Syrie.

 

55 av. J.-C. :

Crassus, gouverneur de Syrie.

 

53 av. J.-C :

Défaite devant le général parthe, le Suréna d’Orode II, et assassinat de Crassus à Carrhes [ 15 ]. (Il périt avec trente mille Romains lors d’une grande expédition contre les Parthes.)

 

50-48 av. J.-C. :

Déclenchement de la guerre civile entre Jules César et Pompée, défaite de Pompée à Pharsale.

 

50 av. J.-C. :

Le réseau des caravanes entre la Chine, le bassin méditerranéen et l’Asie Centrale atteint son plus grand développement.

 

49-46 av. J.-C. :

César (Caius Julius Caesar) poursuit Pompée en Égypte.

 

Il débarque en Alexandrie (avec des forces réduites, pas plus de trois milles légionnaires) à temps pour apprendre la mort de Pompée en voyant sa tête coupée entre les mains d’un rhéteur grec, chargé par Ptolémée XIII (le frère-époux de Cléopâtre VII) de la lui offrir en signe de soumission. César s’attarde trois mois en Alexandrie, se restaure les forces et se rajeunit le coeur auprès de l’ensorcelante Cléopâtre. Après avoir réglé les affaires dites égyptiennes, et réconcilié les deux souverains (Ptolémée XIII devait mourir assassiné à Rome en 47 av. J.-C., après avoir combattu César qui lui imposait, à ses côtés sur le trône, sa soeur Cléopâtre,) il passe en Syrie et en Asie Mineure. À la défaite fulgurante de Pharnace II, roi du Bosphore cimmérien, Jules César entre en Italie et la quitte de nouveau pour faire la guerre en Sicile et en Afrique. Ces années de guerres sanglantes, de gloire et de victoires, la mort de Pompée et de Caton, la reconstruction du système gouvernemental qui, désormais, porte la marque de sa dictature, l’imposent au Sénat (réformé et démesurément élargi pour servir sa dictature) comme la clé de voûte de l’expension et du triomphe de l’Empire romain, et accroissent graduellement en lui le désir de l’absolutisme.

 

46 av. J.-C. :

Jules César écrase ses ennemis en Africa, agrandit les territoires dépendant de Rome et décide la reconstruction de Carthage.

 

44 av. J.-C. :

Mort de Jules César, assassiné de vingt-trois coups de poignards par les Républicains (alors qu’il était assis sur son siège d’or au Sénat). Une légende dit que la victime se couvrit la tête d’un pan de sa toge, se leva sous la pluie des coups haineux et alla, en chancelant, tomber au pied de la statue de Pompée.

 

43 av. J.-C :

À la mort de Jules César deux hommes se disputent le pouvoir : Antoine, son principal lieutenant, et Octave, son fils adoptif. D’abord ennemis, ils se rapprochent pour former avec Lépide (ancien maître de la cavalerie de César), le second Triumvirat. À la paix de Brindisi en 40 av. J.-C : le Triumvirat se partage l’Empire du Monde ou plutôt le Monde de l’Empire romain. Octave prit l’Occident, Lépide l’Afrique, et l’Orient alla à Antoine. (Lépide est déposé par Octave qui lui enlèvera progressivement : ce sera alors la lutte pour le pouvoir suprême entre Octave et Antoine.)

 

40 av. J.-C :

Antoine, devenu le maître de l’Orient romain, confie à un certain Hérode le gouvernement de la Judée avec un titre d’ethnarque. Chassé l’année suivante par Mattathias, Hérode fuit à Rome et y retourne en 37 av. J.-C, avec le titre de roi des Juifs, reconquérir son royaume avec l’aide des légions romaines. Il y réussit et soumet la quasi-totalité de la Judée. À la défaite d’Antoine, il se rallie habilement à l’autorité d’Octave, devenue absolue en Syrie, et sur toutes les cités palestiniennes de la Méditerranée orientale. C’est lui qui, vers l’an 10 av. J.-C, entreprend de rebâtir le Temple de Salomon, en démolissant progressivement, pierre à pierre, à mesure que s’élève le somptueux Temple qu’il envisage, afin de ne pas interrompre le service du culte, le grand sanctuaire hérité des rapatriés de Babylone. L’oeuvre ne sera pas achevée en 62 qu’elle sera détruite en 70 par les légions romaines [ 16 ].

 

37-4 av. J.-C :

Règne d’Hérode le Grand, qui construit la forteresse Antonia, son palais et trois tours et commence la construction du Troisième Temple de Jérusalem.

 

 31 av. J.-C. :

Octave bat Antoine et Cléopâtre à Actium, et annexe l’Égypte qu’il transforme en province romaine. Désormais, il régne seul sur toutes les provinces, les cités et les terres bordant la Méditerranée, scellant comme jamais avant l’unité du Monde méditerranéen romain.

 

29 av. J.-C. :

L’Empereur Auguste (Caius Julius Caesar Octavianus Augustus), petit neveu de César et son héritier universel, commence la reconstruction de la ville de Carthage sur le territoire même qui fut sa tombe en 146 av. J.-C. Il y crée la Troisième Légion et en 22 av. J.-C., elle et ses provinces sont colonisées et dépendent directement du Sénat romain : elles deviennent l’Africa proconsulaire dont la défense est assurée par la Troisième Légion.

 

4 av. J.-C. :

Hérode Antipas, second fils d’Hérode Ier (dit Hérode le Grand, le rebâtisseur du Temple de Jérusalem), est nommé à la mort de celui-ci, tétraque de Galilée et de Pérée.

 

26-36 de notre ère :

Ponce Pilate (Pontius Pilatus), procurateur romain de Judée, d’Idumée et de Samarie. Son épouse, Claudia Procura, finement citée dans l’Évangile de Matthieu pour indiquer son appartenance à la nouvelle secte juive qui mettait sens dessus dessous le Haut-Clergé de la Palestine et la Syrie (« Tandis qu’il siégeait au Tribunal, sa femme lui envoya dire : Ne te mêle pas des affaires de ce juste, car j’ai beaucoup souffert en songe aujourd’hui à cause de lui. » La Bible, Le Nouveau Testament, Matthieu, chapitre Chapitre XXVII, 19) serait la petite-fille de l’Empereur Auguste.

 

27 de notre ère :

Jean-Baptiste, jeune ascète juif de vingt-huit, prêchant la venue prochaine du Messie, est décapité dans la citadelle de Machéronte sur ordre d’Hérode Antipas.

 

7/9 avril 33 de notre ère :

Mort à Jérusalem du Fondateur du Christianisme et père de l’ère qui porte son nom : Jésus de Nazareth !

 

36 de notre ère :

Ponce Pilate est déposé par le gouverneur de Syrie, à la suite de plaintes de ses administrés.

 

Lapidation d’Étienne, disciple des premiers temps du Christianisme. Juif helléniste converti au Christianisme, disciple plein d’Esprit et de sagesse, il fut lapidé à mort par les Juifs rigoristes qui l’ont traduit devant le Sanhédrin. Son exécution eut lieu le même jour et, selon la prescription de la loi mosaïque, hors des remparts de la ville de Jérusalem, probablement près de la porte qui porte aujourd’hui son nom : La Porte Saint-Étienne ou Bâb Sitti Maryam comme l’appellent les Arabes indigènes. Aussi est-il considéré comme le premier Martyr chrétien. (Étienne fut pleuré à sa mort autant qu’il fut-il vénéré de son vivant par la nouvelle secte juive. Sa comparution devant le Sanhédrin, son discours demeuré mémorable, et sa lapidation sont relatés dans Le Nouveau Testamen, Acte des Apôtre, chapitres VI à XIII.)

 

« Hommes au cou raide et incirconcis de coeur et d’oreille, vous vous opposez toujours à l’Esprit-Saint. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aujourd’hui. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécutés ? Ils ont tué d’avance ceux qui annonçaient la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers ; vous qui avez reçu la loi d’après le ministère des anges, et ne l’avez point gardée.

 

En entendant ces paroles, tous ceux qui siégeaient dans le Sanhédrin rageaient en leurs coeurs et grinçaient des dents contre lui. Mais lui, rempli d’Esprit Saint, et le reagard ficé vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Ils crièrent d’une vois forte et se bouchèrent les oreilles ; puis d’un commun accord ils s’élancèrent sur lui et, l’entraînant hors de la ville, ils le lapidèrent. Les témoins avaient déposé leurs vêtements au pied d’un jeune homme appelé Saul. Et pendant qu’on le lapidait, Étienne priait et disait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Et s’étant mis à genoux, il cria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas cette faute. » Et ce disant, il s’endormit.

 

Quant à Saul, il approuvait ce meurtre. » (Nouveau Testament, Acte des Apôtre, chapitre VII, 51-60)

 

Première persécution de Chrétiens à grande échelle par les Juifs de Jérusalem.

 

« Il y eut ce jour-là une grande persécution contre l’Église de Jérusalem. Et tous ses membres, exceptés les Apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. » (Nouveau Testament, Acte des Apôtre, chapitre VIII, 1)

 

Friction sanglante entre les Hellénistes convertis au Christianisme et les Hellénistes de la Synagogue de Jérusalem : tous deux Juifs ; les uns de culture et de langue grecque (la langue des Séleucides païens), les autres, de culture judaïque frottée d’école grecque, parlant la langue orthodoxe du pays, laquelle depuis longtemps n’était pas l’hébreu, mais l’araméen.

 

Paul de Tarse, le futur Apôtre des Gentils, témoin en 36 de la lapidation d’Étienne, sera longtemps du nombre des persécuteurs avant d’être à son tour, en 67, du nombre des Martyrs chrétiens de Rome.

 

16 mars 37 de notre ère :

Mort de l’Empereur romain Tibère (Tiberius Claudius Nero) et début du règne de l’Empereur Caligula (Caius Caesar Germanicus). Arrière petit fils d’Auguste, il s’offre à l’adoration des Romains comme le “Nouveau Soleil”. C’est lui le fou sanguinaire qui souhaitait que l’Empire romain n’eut qu’une tête, afin de la décapiter d’un seul coup.

 

39 de notre ère :

Hérode Antipas est déposé par Caligula, Hérode Agrippa Ier reçoit son titre et ses territoires.

 

24 janvier 41 :

Mort de Caligula assassiné, et début du règne de Claude Ier (Tibérius Claudius Nero Drusus), frère de Tibère et neveu de Caligula. Hérode Agrippa Ier reçoit les provinces de Judée, de Samarie et d’Idumée, l’ancien royaume d’Hérode Antipas.

 

41-44 :

Le roi de Judée, Agrippa Ier, construit une nouvelle enceinte autour de Jérusalem, connue sous le nom de « Troisième Mur ».

 

42 :

Rome contrôle l’Afrique du Nord.

 

44 :

Jacques dit le Majeur, frère de l’apôtre Jean, est décapité par Hérode Agrippa Ier, qui meurt subitement la même année.

 

50 :

Décret de Claude Ier expulsant les Juifs de Jérusalem.

 

54 : Néron empereur de rome

Néron (Lucius Domitius Claudius Nero : 37-68), fils d’Agrippine la Jeune et de Dominitius Ahenobarbus ; neveu par sa mère de Caligula et arrière petits-fils d’Auguste : est proclamé empereur de Rome à l’âge de dix-sept ans. Sa mère Agrippine l’avait fait adopter par l’Empereur Claude qu’elle avait épousé en secondes noces. Il épousa Octavie, la fille de Claude, son père adoptif, à l’âge de seize ans. En 64, à l’âge de vingt-sept ans, accusé d’être l’incendiaire de la ville de Rome, il détourna la responsabilité sur les membres de la secte chrétienne et déclencha contre eux une persécution éternellement mémorable. Il eut deux précepteurs, dont le nom l’un le nom est resté célèbre à travers les siècles à cause du suicide que lui imposa son auguste élève : Burrhus et puis le grand philosophe grec : Sénèque. En 55, il fit empoisonner Britannicus, son frère par adoption (le fils de Claude) et quatre ans plus tard, fait périr sa mère Agrippine dont la tutelle devenait trop lourde et gênante. À partir de ce moment, il gouverne l’Empire en tyran absolu. Il répudie Octavie et épouse Poppée. Toutes ces belles horreurs demeurées célèbres, Néron les avait accomplies en moins de temps qu’il ne faut pour les écrire et les commenter, et surtout… en artiste. Devançant ces temps démocratiques où la célébrité à l’écran n’empêche pas l’accès à la Maison Blanche mais au contraire en facilite l’accès, il était en plus esthète, poète, musicien, déclamateur et grand comédien de talent. Déposé en 68 par Galba, il s’enfuit de Rome, se fit tuer par un de ses affranchis et, paraît-il, déclara en mourant : « Quel artiste le Monde perd avec moi. » Il avait moins de trente-et-un ans.

 

63 : Pompéi (partiellement détruite par un tremblement de terre)

Pompéi, cité prospère, et lieu de villégiature idéal aux familles romaines, s’étendant dans la baie de Naples au pied du Vésuve, est partiellement détruite par un tremblement de terre.

 

66-70 :

Première grande révolte des Juifs (notamment les Aristocrates de Jérusalem), contre l’occupation romaine.

 

Vespasien (Titus Flavius Vespasianus) conquiert la Galilée : les Zélotes [ 17 ] prennent le pouvoir à Jérusalem.

 

70 :

Prise de Jérusalem, fin de la révolte juive et destruction du Temple reconstruit par Hérode le Grand.

 

73 :

Siège et chute de Massada, forteresse romaine construite par Hérode le Grand et où s’étaient retranchés les Zélotes depuis 66.

 

78 :

Flavius Josèphe : La Guerre juive (ou La Guerre des Juifs). Son ouvrage, flatteur pour les Romains, traite de la période qui couvre l’invasion de la Palestine par Antiochus Épihane (175 av. J.-C.) jusqu’à la chute de Massada (en 73 ap. J.-C.) ainsi que l’insurrection juive en Tripolitaine (77 ap. J.-C.). C’est à peu près la seule source que possèdent les Historiens de ces deux siècles d’histoire judéo-romaine en Palestine, en Syrie et en Afrique du Nord.

 

24 août 79 : Éruption du Vésuve (Pompéi ensevelie sous les cendres)

Surprise par une éruption du Vésuve, Pompéi est ensevelie, en quarante-huit heures, sous six mètres de cendres et de lappili. [ 18 ]

 

97 :

L’Empire romain atteint sa plus grande étendue sous l’Empereur Trajan. Du règne d’Auguste à celui de Trajan (Marcus Ulplus Trjanus) l’Empire romain n’a cessé de s’étendre, jusqu’à dominer un territoire allant de l’Écosse à la mer Rouge, couvrant toutes les terres de la Méditerranée, ses îles et ses cités de l’Espagne à la Syrie, des pays de l’Afrique du Nord à l’Arménie. À l’égard des Chrétiens, il se montra juste et tolérant, se refusant à tout acte de violence contre eux. Il mourut brusquement au retour de ses campagnes d’Orient, laissant, en 117, le trône à Hadrien.

 

Vers 190 :

L’écrivain satirique grec d’origine syrienne, Lucien de Samosate, visite les sanctuaires de Sidon, de Byblos et d’Afqa, villes côtières de la montagne libanaise ; et laisse, entre autres, une impressionnante vision sur le grand sanctuaire consacré à Aphrodite Byblienne, dans lequel des orgies se célèbrent en l’honneur d’Adonis.

 

« Je me suis fait instruire de ces orgies. Les Bybliens disent donc que l’accident qui, du fait du sanglier, survint à Adonis, eut lieu dans leur pays. Et qu’en mémoire de cet événement, ils se frappent chaque année, se lamentent, célèbrent des orgies et mènent de grands deuils, dans toute la contrée. Lorsqu’ils ont cessé de se frapper et de pleurer, ils célèbrent d’abord, comme s’il était mort, les funérailles d’Adonis ; puis, le jour suivant, ils racontent qu’il vit, le font monter au ciel, puis se rasent la tête comme les Égyptiens après la mort d’Apis. Quant aux femmes qui ne veulent point se tondre les cheveux, elles s’acquittent par une amende qu’elles recueillent ainsi : elles doivent être prêtes, durant un jour entier, à tirer profit de leur propre beauté. La place où elles se trouvent n’est accessible qu’aux seuls étrangers, et les salaires qu’elles se font deviennent une offrande pour Aphrodite. On peut admirer un autre prodige sur le territoire de Byblos : c’est un fleuve qui, sortant du Mont-Liban, s’écoule dans la mer. On a conféré à ce fleuve le nom d’Adonis. Or, chaque année, ce fleuve s’ensanglante, et, ayant perdu sa coloration, s’épanche dans les flots, rougit une partie considérable du large et signale aux Bybliens le moment des deuils. On raconte que, dans ces mêmes jours, Adonis est blessé sur le Liban, et que son sang, en parvenant dans l’eau, change le fleuve et donne dans le fleuve cette terre qui n’est, pour la plus grande part, qu’ocre vermillonnée, et cette terre donne au fleuve une couleur de sang. Ce n’est donc pas le sang, comme on le dit, qui est la cause de ce phénomène ; c’est le terrain. Telle fut l’explication que me donna le Byblien. S’il parla selon la vérité, cette coïncidence ne m’en paraît pas moins éminemment divine. » [ 19 ]

 

180-200 :

Premiers martyrs d’Africains Chrétiens. Entre temps à Rome, est fondée la première Dynastie d’empereurs africains de sang et de foi carthaginois : Les Sévères. Septime Sévère (Lucius Septimus Severus, 193-211), le premier de la lignée, y introduit les cultes orientaux et phéniciens. Grâce aux Sévères, Rome allait désormais être plus carthaginoise que Carthage romaine.

 

212 :

L’Emperuer Caracalla (Marcus Aurelius Antonius Bassianus, 211-217), fils de Sévère, proclame l’égalité de toutes les cités de l’Empire. En 212, par l’édit qui porte le nom de l’année de sa promulgation, il accorde la citoyenneté romaine à tous les sujets libres de l’Empire romain.

 

247 :

Célébration dans l’Empire romain du millénaire de Rome.

 

249-251 :

Règne de l’Empereur Dèce (Caius Messius Decius). Son règne en Orient fut bref mais terrible et sanglant, il ordonna la septième persécution des Chrétiens.

 

Janvier 250 :

L’édit de Dèce visant la persécution systématique des premières communautés chrétiennes de l’Empire.

 

252 :

Épidémie de peste dans l’Empire romain. Des provinces entières sont décimées par le fléau, touchant surtout les enfants, les vieillards et les mal nourris.

 

254 :

Mort d’Origène, théologien et bibliste chrétien de langue grecque, à la suite des tortures subies des soldats de Dèce. (Il fut avec Augustin l’un des penseurs les plus marquants de l’Antiquité chrétienne. Ses enseignements et ses analyses de la Bible, et notamment du Nouveau Testament, sont fortement parfumés d’hellénisme platonicien.)

 

257-258 :

Reprenant la persécution systématique des premières communautés chrétiennes, interrompue un moment par la mort de Dèce, l’Empereur Valérien (Publius Licinius Valeranius) donne ordre de tuer sur-le-champ tout chef religieux chrétien : et que soient privés de leurs biens et de leurs titres tout noble, sénateur ou chevalier romain qui se déclare Chrétien ; et que si, malgré cela, ces renégats persistent a confesser le Christ, qu’ils soient mis à mort. Tandis que se déchaînaient ces persécutions d’une rare violence contre les Chrétiens qui, en refusant catégoriquement le culte impérial, sapaient le principe même du sceptre romaine, Dèce devait être vaincu et tué à Thrace par les Goths en 251. Vaincu et fait prisonnier à la bataille d’Édesse par le shah de Perse, Valérien mourra en captivité en 260.

 

« D’origine illyrienne et proclamé empereur en 249 par ses soldats, Dèce veut reconstruire l’unité de l’Empire romain autour de la religion traditionnelle. L’édit qu’il promulga en 250 contraint tous les habitants du monde romain à assister aux cérémonies sacrées et à montrer ensuite le certificat de présence délivré alors. Tout manquement est puni de mort. Cette mesure vise essentiellement les Chrétiens qui sont systématiquement persécutés. Beaucoup d’entre eux cèdent et abjurent leur foi. L’édit de Dèce, en provoquant les apostasies a gravement compromis l’harmonie des communautés chrétiennes. » (L’Histoire du Monde, L’Antiquité, 1993, Larousse, page 511)

 

284 :

Dioclétien (Caius Aurelius Valerianus Diocletianus) est proclamé empereur par ses soldats à la mort de Numérien (Marcus Aurelius Numerianus). [ 20 ]

 

300 :

Le romancier grec Longus, dit le Sophiste : Daphnis et Chloé. (Il sera traduit en français par  Jacques Amyot, en 1559, année dans laquelle il traduisit aussi une oeuvre majeure de Plutarque : Vie des hommes illustres).

 

303 :

Début de la persécution des Chrétiens par Dioclétien et publication des quatre édits ordonnant leur poursuite systématique dans toutes les provinces romaines de l’Orient et de l’Occident. (Maître souverain de l’Orient, Dioclétien résidait à Nicomédie, Maximien, maître de l’Occident, à Trèves. Malgré ce partage dyarchique, l’unité monarchique subsistait au sein du Royaume : premier Auguste de l’Empire, Dioclétien restait le souverain suprême avec l’épithète de Jovius, alors que Maximien portait celui d’Herculius, titre inférieur à celui de Dioclétien, les Césars étant subordonnés aux Augustes autant qu’un Gouverneur de province à son Roi.)

 

305 :

Constance Chlore (Flavius Valerius Constantius Clorus) est proclamé empereur ; il ne gouverna que deux ans. En 289, au moment de son mariage avec Téodora, il avait répudié Hélène, sa concubine, de qui il avait eu un fils et qu’il n’épousa jamais parce que non Romaine. À sa mort en 306, Constantin, son fils qu’il eut d’Hélène, fut déclaré Auguste par les légions de Bretagne ; et succéda à son père sous le nom de Constantin Ier le Grand (Flavius Valerius Aurelius Claudius Constantinus).

 

28 octobre 312 :

L’Empereur Constantin inflige la célèbre défaite à son rival Maxence lors de la bataille du Pont Milvius.

 

« Au cours de la nuit précédente, Constantin avait vu en songe le dieu des Chrétiens qui l’avait encouragé. Cette vision le poussa à faire apposer le monogramme chrétien sur le bouclier de ses soldats, qui furent vainqueurs. En février 313, Constantin et Licinius, son associé au trône, promulgant à Milan l’édit de tolérance par lequel les Chrétiens se voient reconnaître la liberté de culte. Les années suivantes sont marquées par une intervention progressive de l’Empereur en faveur de Église ‘catholique’ (c’est-à-dire ‘officiellement reconnue et universelle’) : immunité fiscale en faveur des clercs, mesure contre les hérétiques et les schismatiques, reconnais-sance des tribunaux ecclésiastiques et de l’affranchissement des esclaves dans les églises, sanctification du dimanche. Au concile de Nicée, Constantin, devenu désormais le seul maître de l’Empire après son affrontement final avec Licinius, se présente ouvertement comme un ‘serviteur du dieu des Chrétiens’. C’est au sein de telles déclarations, qui avec une foi sincère exprime la conscience d’un empereur aimant à se définir comme ‘l’Évêque de ceux de l’extérieur’ (c’est-à-dire des laïcs qui se situent en dehors de l’organisation ecclésiastique) que réside la mesure de la plus radicale transformation que le Monde romain ait connu. » (La Palestine, Histoire d’une Terre, Andrea Giardina, Mario Liverani, Biancamaria Scarcia Amoretti, Éditions l’Harmattan, 1990, page 106)

 

« C’est à la suite d’une vision où il lui serait apparu un signe qu’on suppose être le chrisme, avec cette devise en grec : En toutô nika (‘Triomphe par ceci’, en latin, In hoc signo vinces) qu’il plaça sur les boucliers de ses soldats avant la bataille du Pont Milvius, qu’il fut incité à voir dans sa victoire sur Maxence le résultat d’une intervention spirituelle. À partir de 312, il se rangea résolument du côté de l’Église et par l’édit de Milan (313) garantit aux Chrétiens une tolérance qui équivalait à la reconnaissance du Christianisme comme la religion d’État. Son entente avec Licinius prit fin en 324. Devenu alors seul maître de l’Empire, Constantin s’institua le champion de la foi orthodoxe et condamna les partisans d’Arius au concile de Nicée (325). Mais en face des hérésies il hésita souvent : quelques années plus tard il rappela les Ariens (les partisans d’Arius) et exila Athanase, le défenseur de la foi de Nicée. » (Petit Robert, Dictionnaire de Culture Générale, 1991, article : Constantin Premier le Grand, page 443)

 

324 : Constantinople

L’Empereur Constantin choisit la ville de Byzance pour établir sa nouvelle capitale, qui sera inaugurée le 11 mai 330 sous le nom de Constantinople. Devenue le cœur et le phare politique des peuples chrétiens d’Orient, ell fut la plus riche et la plus imposante de son temps, et étendit sa culture et son pouvoir sur tout le bassin méditerranéen [ 21 ]. C’est aussi l’année de la conversion de l’empereur Constantin au Christianisme, reconnaissant l’Église comme religion officielle de l’Empire romain d’Orient. Un pas décisif allait être franchi un demi-siècle plus tard, lorsque l’empereur Théodose Ier le Grand (Flavius Theodosius), condamnant sévèrement les oracles, les temples et les sacrifices païens, proscrivant et persécutant irrémédiablement le paganisme, fit du Christianisme la religion unique de l’Empire des Césars en Orient.

 

« Une héroïne mal connue,

dont la légende s’est très tôt emparée.

 

Hélène, Mère de Constantin

Hélène, originaire de Drepanum en Bithynie, dans la Turquie actuelle, était probablement serveuse dans une taverne quand elle rencontra l’empereur Constance Chlore, qui en fit sa concubine, en eut un fils, mais ne l’épousa jamais ; et la répudia au moment de son mariage avec Théodora, en 289. Chrétienne, elle a sûrement influencé son fils dans un sens favorable au Christianisme, mais n’a pas obtenu sa conversion de son vivant.

 

Quand Constantin devint empereur à la mort de Constance Chlore, il décide de rappeler sa mère à la cour de Nicomédie et lui décerne le titre d’Augusta. Ainsi, Hélène devient enfin impératrice [Flavius Julia Helena].

 

Dès la fin de l’Antiquité, les Chrétiens lui vouent une grande dévotion, lui attribuant la découverte des reliques les plus précieuses : en 326, juste avant sa mort, elle accomplit en effet un pèlerinage à Jérusalem et y aurait découvert les restes de la croix du Christ et les instruments de la passion, qu’elle aurait rapportés à Constantinople. » (L’Histoire du Monde, L’Antiquité, 1993, Larousse, page 537)

 

325 :

Premier concile œcuménique de Nicée [ 22 ], au temps de Bysance.

 

Réuni par l’Empereur Constantin pour régler la question de l’arianisme (doctrine d’Arius), il donna naissance à la célèbre profession de foi chrétienne qui poussa, contre la foi de Jésus-Christ (gloire à son nom, n’a-t-il pas dit : « Pourquoi m’appelles-tu père ? Dieu seul est Père ! » « Je remonte vers mon Dieu et votre Dieu, vers mon Père et votre Père »), sa doctrine dans les pires stupidités théologiques du paganïsme romain : [ 23 ]

 

« Profession de foi du Concile de Nicée

Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, né unique du Père, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, Dieu véritable de Dieu véritable, né et non créé, de même substance que le Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le Ciel et ce qui est sur la Terre, qui pour nous les hommes et pour notre salut, descendit, s’incarna et se fit homme, souffrit et ressuscita le troisième jour, monta au ciel, reviendra pour juger vivants et morts, et en l’Esprit Saint. » [ 24 ]

 

395 :

Naissance d’Attila, roi des Huns, dit « Fléau de Dieu. »

 

En Grèce : Les jeux Olympiques sont supprimés après mille ans d’existence.

 

405 :

Les Huns, peuples asiatiques turco-mongols, après avoir soumis les Alains, les Hérules, et les Ostrogoths, chassé les Wisigoths au Sud du Danube et vaincu les Gépides, [ 25 ] s’installent dans la cuvette danubienne (l’actuelle Hongrie). En 406, ils se lanceront de là dans une grande invasion de la Gaule, et en 437 de l’Empire Romain d’Occident (Byzance).

 

410 :

Chute de Rome devant Alaric 1er, roi des Wisigoths.

 

413-427 :

Augustin (Aurelius Augustinus, dit Saint Augustin), évêque africain et docteur de l’Église : rédaction en latin de sa plus grande œuvre, La cité de Dieu.

 

431 :

Concile d'Éphèse. [ 26 ] (Note importante à lire sur le paganisme en général et celui d’Éphèse en particulier.)

 

Troisième concile œcuménique réuni à Éphèse par Théodose II au sujet de l’union, dans le Christ, des deux natures divine et humaine de Jésus, et du titre de Mère de Dieu (Theodokos), attribué à la Vierge Marie. (Le patriarche de Constantinople, Nestorius, opposé à ces attributions païennes, fut condamné et banni du Royaume à l’issue du concile.)

 

434 :

Unifiés sous Attila en un vaste Empire, les Huns envahissent les Balkans.

 

448 :

Les Huns menacent Constantinople, siège de Byzance.

 

450 :

Début de l’époque Yamato au Japon. Tout comme à Babylone sous Hammurabi en 1793 av. J.-C, la société nippone s’ordonne autour de trois groupes très distncts : les Uji, les be, et les Yatsuko. Les princes de la famille régnante constituent la première classe : hommes libres tenant les clés du gouvernement et de l’administration ; les subordonnés forment la seconde classe : marchands, pêcheurs, travailleurs et paysans ; la troisième est celle des esclaves.

 

451 :

Deuxième concile œcuménique de Chalcédoine, au temps de Bysance.

 

453 :

Mort d’Attila et écroulement de l’Empire des Huns en Europe orientale.

 

476 :

Chute de l’Empire romain d’Occident, et disparition du règne de Rome sous la ruée des invasions barbares.

 

485 :

Les Huns, qui avaient envahi l’Inde, utilisent la selle, les étriers et les fers. Les peuples du bassin de l’Indus et du Nord du pays sont réduits  à leur merci et leurs villes pillées.

 

496 :

Baptême de Clovis.

 

530 :

Défaite des Huns en Inde.

 

545 :

Naissance à La Mecque [ 27 ], ville de la péninsule Arabique (aujourd’hui dans l’acutuelle Arabie Saoudite), de Abd-Allah de Quraysh (le futur père de Mouhammad [ 28 ], dit Mahomet en français, le Fondateur de l’Islam).

 

570 :

Mort à Médine de Abd-Allah, le père de Mahomet, qui naîtra, peu après la mort de son père, à la Mecque (le 29 août 570).

 

573 :

Naissance à La Mecque du premier calife de l’Islam, Abû Bakr Al-Siddik.

 

577 :

Mort d’Amîna ben Wahab, la mère de Mouhammad ibn Abd-Allah. (Celui-ci, âgé de sept ans, est d’abord élevé par son grand-père paternel, Abd al-Muttaleb ibn Hâchim, puis par son ncle Abû Tâlib.) [ 29 ]

 

591 :

Une certaine veuve de Quraych, du nom de Khadïdja, riche propriétaire de caravanes, engage à son service un jeune homme débrouillard et honnête qui va se charger de conduire les pèlerins et les marchands vers la Syrie. Elle tombe amoureuse de lui et, en 596, l’épouse après avoir bien expérimenté son cœur et sa fidélité à remplir tous ses engagements, et, dix ans plus tard, en 606, lui donne une fille : Fâtima. [ 30 ]

 

598 :

Naissance à La Mecque, dans le Hedjaz, de Ali ibn Abi Tâleb, ibn Abdul Muttaleb (ibn Hâchim, ibn abdul Manâf, ibn Qusay). Il est le benjamin de Tâleb, Jaafar et Akîl, ses trois frères. Leur mère est Fâtima, fille de Assad ibn Hâchim (ibn Manâf, ibn Qusay)

 

619 :

Décès cette même année à La Mecque de la première épouse de Mouhammad, Khadïdja (la plus grande figure de l’Islam), puis de Abû Tâlib, oncle paternel de Mouhammad et père de Ali.

 

(La suite prochainement…)


 
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[1Cliquez pour retourner au texte] Sapphô : « Elle naquit probablement vers 620 avant Jésus-Christ, à Mythylène. Son père s’appelait Scamandronymos, sa mère Cléïs. Elle avait deux frères, Larichos et Charaxos. Ce dernier était échanson en titre des cérémonies publiques à Mytilène, privilège réservé aux éphèbes de la noblesse. Ce Charaxos devait, par sa mauvaise conduite, désoler Sapphô. [...] Il paraît probable qu’elle épousa un riche insulaire d’Androx, Kerkolas, et qu’elle en eut une fille, Cleïs. Elle fut veuve de bonne heure. Esprit vif et curieux, porté vers les grandes entreprises, elle participa à une conspiration dirigée contre Pittacus, tyran de Lesbos. La conspiration ayant échoué, Sapphô fut bannie avec plusieurs aristocrates. Quelques écrivains ont supposé que cet exil lui avait été imposé pour avoir écrit des vers trop licencieux. C’est méconnaître l’époque à laquelle vivait Sapphô, époque où toute la Grèce glorifiait (entre beaucoup d’autres), le poète Anacréon. Sapphô rentra dans sa patrie quelques années plus tard, et ne la quitta plus. Ce fut sans doute vers cette époque que, déçue par ses rêves politiques, elle se livra tout entière à la poésie. Soit que Sapphô ait inauguré une nouvelle institution, soit qu’elle ait adopté une formule déjà usitée, elle devint l’animatrice d’un collège de danse et de musique, fréquenté par des jeunes filles de bonnes familles. Atthis, Dika, Gorgô, Curinnô, Anactoria... gracieuses silhouettes immortalisées par Psappha [nom de Sapphô en grec] ! Certaines venaient des cités étrangères, telle Sarde, capitale de la Lydie, attirées sans doute par le renom de Sapphô, musicienne et arbitre des élégances. [...] Ce serait d’ailleurs, si l’on en croit la légende, par désespoir d’amour pour un homme qui ne l’aimait pas que l’infortunée aurait mis fin à ses jours.” (Les Pionnières de l’Histoire, Claude Pasteur, Éditions du Sud/Éditions Albin Michel, Paris, 1963, pages 9-15)

 

[2] Les Rois de Perse de Cyrus à Alexandre :

 

                Cyrus II le Grand : 550-530 av. J.C. 

                Cambyse II : 530-522 av. J.C.

                Darius I : 522-486 av. J.C.

                Xerxès I : 486-465 av. J.C.

                Artaxerxès I Makrocheir (Longue-main: 465-424 av. J.C.

                Xerxès II : 424 av. J.C. (roi de Perse pendant 45 jours.)

                Darius II Nothos : 423-404 av. J.C.

                Artaxerxès II Mnémon : 404-358 av. J.C.

                Artaxerxès III Ochos : 358-338 av. J.C.

                Arsès : 338-336 av. J.C.

                Darius III Codoman : 336-330 av. J.C.

                Alexandre le Grand : 330-322 av. J.C.

 

                C’est Cyrus II le souverain qui mit fin à la captivité des Juifs : il est le fils Cyrus Ier, fils de Cambyse Ier, roi d’Anshan, et de Mandane.

 

 

[3] Marathon : Ancienne ville de Grèce, en Attique, située près de la baie de Marathon, à 40 kilomètres d’Athènes. 

 

[4] Victoire chryséléphantine : En or et en ivoire.                           

 

[5] Himation : Manteau ample sans manches que les Grecs portaient par-dessus l’habit ou enroulaient à même le corps de différentes façons.

 

[6] Arbèles : Aujourd’hui Erbil, ville d’Irak à l’Ouest du Grand Zab, dans le Kurdistan méridional.

 

[7] Diadoque : Titre du prince héritier en Grèce. Aussi donne-t-on ce nom aux sept généraux (les Sept Diadoques) qui se disputèrent l’Empire d’Alexandre à sa mort. Et leurs fils, qui firent de même : Les Épigones. Un des diadoques fut Ptolémée, fils de Lagos, satrape macédonien à qui Alexandre avait confié l’administration de l’Égypte. À la mort du Roi il continua d’administrer l’Égypte au nom de ses successeurs ; puis cinq ans plus tard, monta sur le trône sous le nom de Sétepenré Mériamon Ptoléme Sôter (Ptolémée I Sôter). Il fut le fondateur de la “Dynastie lagide de l’Époque Grecque et Romaine”. Un des souverains les plus connus de la dynastie des Ptolémée fut la célèbre Cléopâtre, laquelle règna un temps avec son frère Ptolémée XIII Néos Dionysos, qui était aussi son époux, avant de l’écarter du pouvoir avec l’aide de Jules César. À la mort de son frère, elle épousa son second frère, Ptolémée XIV l’Enfant, que l’intrigante fit assassiner quelques années plus tard. Avec son suicide (après la bataille navale d’Actium), s’éteignait le règne des Lagide et commençait la domination des Romains en Égypte.

 

[8] Repère plus détaillé de la Macédoine après Alexandre : Après la mort d’Alexandre, en proie aux luttes de ses divisions, la Macédoine passe successivement au général d’Alexandre Antigonos Monophtalmos et à son fils Démétrios Poliocrète, à Cassandre (Kassandros) en ~ 305 ; puis au roi d’Épire Pyrrhus II (parent éloigné d’Alexandre le Grand) en ~ 288 ; au roi de Thrace Lysimaque (Lusimakhos) lieutenant d’Alexandre et un des diadoques avec qui le roi Pyrrhus avait d’abord partagé le pouvoir ; enfin à Ptolémée I Soter, roi d’Égypte, beau-père de Lysimaque. Ces deux derniers furent d’abord alliés contre la Syrie de Séleuco. À la mort de son gendre à la bataille de Couropédion, en Phrygie, Ptolémée s’empara alors de la Macédoine. Après Ptolémée I, commence le règne de la dynastie des Antigonides, fondée par le petit-fils d’Antigonos Monophtalmos (d’où le nom de la dynastie des Antigonides.) Ces derniers régneront sur la pays jusqu’en 168 avant notre ère. À la défaite du dernier roi antigonide, Philippe V, vaincu en ~ 168 par les légions romaines de Paul-Émile à la bataille de Pydna, la Macédoine devint possession romaine et fut divisée en quatre provinces. On partage cette dernière période hellenistique et romaine en quatre tranches :

 

Règne des Antigonides en Macédoine (~ 278-~ 168).

Guerre de Macédoine contre les Romains (~ 214-~ 167).

La Macédoine devient province romaine (~ 148).

 

[9] Appius Claudius Caecus : Consul romain de haute culture, à la fois écrivain, orateur et juriste. Devenu dictateur, il prit des mesures favorables à la Plèbe et fit admettre les fils d’affranchis sur la liste des sénateurs. Outre la voie Appienne (via Appia) tracée de Rome à Capoue, il a entrepris la construction du premier aqueduc de Rome. Architecte de grands travaux d’intérêts publics, artisan de l’expansion romaine vers la Campanie (région d’Italie comprenant les provinces de Naples, d’Avellino, Bénévent, Caserte et Salerne), il fut aussi l’artisan de l’expansion romaine vers la Grande Grèce. Auteur de Dicours et Sentences morales, il est considéré comme le premier écrivain latin.

 

[10] Deuxième Guerre Punique : Ce nouveau conflit qui dura environ vingt ans entre Rome et Carthage eut essentiellement pour théâtre l’Italie elle-même. En 218 av. J.-C., Hannibal franchit les Pyrennées, traverse le Sud de la Gaule, franchit les Alpes et met en déroute les Romains. Il franchit l’Apennin en ~217, et remporte la célèbre victoire de Cannes en ~216, avant d’aller s’installer à Capoue. Malgré toutes ces victoires, retranché de Carthage, le chef carthaginois n’avait pas assez de forces pour donner le coup décisif à Rome. Retournant en Afrique pour défendre Carthage contre les armées de Scipion, il subit la défaite, restée célèbre, de Zama, au centre de la Tunisie. Général hors de pair, tacticien extraordinaire, Hannibal ne fut vaincu que par Carthage, qui lui avait refusé les renforts réclamés, et n’avait reconnu que trop tard les mérites de “ce général qui pouvait battre les Romains à Rome”.

 

[11] Fin de Hannibal : Sans désespérer de redresser la situation, Hannibal entreprit à Carthage de vastes réformes politiques, militaires et sociales. Mais vendu par les siens, jaloux de sa gloire (il fut élu magistrat suprême malgré sa défaite à Zama), il s’était expatrié en Syrie puis en Bithynie. Poursuivi par la haine romaine et menacé d’être livré à Rome, il finit, dit-on, par s’empoisonner.

 

[12] Micipsa : Fils de Massinnissa (tantôt l’allié des Romains tantôt des Carthaginois, poursuivant un seul rêve : « L’Afrique aux Africains ! ») et oncle de Jugurtha. Après avoir été l’unificateur de la Numidie, son père contribua à la victoire de Zama (en 201 av. J.-C.), et resta l’allié de Rome. À sa mort, sans friction avec le Sénat, son fils Micipsa hérita d’un vaste et puissant royaume, s’étendant de la Moulouya à la frontière carthaginoise et régna sous la tutelle des Romains.

 

[13] Tryphon et Antiochus VII dit le Bienfaiteur : Tryphon est le surnom donné au chef syrien de l’armée séleucide. Il usurpa un temps le trône sous Antiochus VII Sidêtês ou Everg7tem dit le Bienfaiteur.

 

[14] Carrhes ou Kharroe : Le Harran du Patriarche Abraham.

 

[15] Carrhes : L’actuel Harran, ou Hâran, bourgade syrienne en Mésopo-tamie, sur un affluent de l’Euphrate. (Voir aussi note 2 de l’article 1850 av. J.-C.) C’est l’anienne Carrhoé où séjourna Abraham.

 

[16] C’est là, devant un pan de ses murs rasés, unique vestige du Temple, qui, sous Hérode le Grand, en formait le soutènement de l’esplanade, appelé « le Mur Occidental du Temple » (l’actuel « Mur des Lamentations »), que les Juifs, pendant deux millénaires, ont pleuré leur nation déchue. Lieu symbolique depuis sa première destruction en 587 av. J.-C., sous Nabuchodonosor ; cantique de victoire et de renaissance depuis sa reconstruction en 536 av. J.-C., sous Cyrus ; source de regrets et d’espoir depuis sa nouvelle destruction par les légions romaines en 70, Temple divin que nul Nabuchodonosor ni armée ne peut démolir, nul Cyrus ou Hérode relever sans le Messie.

 

[17] Les Zélotes : Secte juive du premier siècle, nourrie de tradition pharisienne, mais dont les membres, “zélés” pour la stricte observance de la loi mosaïque et la fidélité aux coutumes encestrales qui en modulaient l’usage, sont souvent de redoutables fanatiques, ultra-nationalistes puisque le peuple d’Israël ne saurait obéir qu’à son Dieu. Ils s’insurgeront donc naturellement contre la domination romaine et s’en prirent aussi aux notables et aux fonctionnaires suspects de collaboration avec l’occupant. (Article Zélotes, Dictionnaire de la Bible, André-Marie Gérard).

 

[18] Pline le Jeune a laissé un récit sur la catastrophe de Pompéi dans ses Lettres VI (16 et 20), demeurées célèbres. Son oncle, Pline l’Ancien, qui commandait alors la flotte de Misène, accourut avec ses hommes au secours et périrent suffoqués avec eux avant de pouvoir battre en retraite. Des vingt mille habitants que comptait en ce temps la ville, deux mille furent, lors de l’éruption, figés dans des attitudes quotidiennes ou dans leur fuite. Cette prospère citée portuaire fut oubliée pendant dix-sept siècles : riches habitants, marchands et marins. Redécouverte par hasard en 1748, les quinze ans de fouilles archéologiques confirmèrent qu’elle n’avait été ni souillé, ni visitée, ni pillée : terreur superstieuse, respect de la mort, ou crainte de quelque contamination? Ses riches palais, ses mobiliers, ses trésors, ses bijoux, ses chandeliers, ses tapis, ses tableaux, ses riches peintures murales, ses statue et ses statuettes, ses marchan-dises, tout ce monde gisait intact dans sa gangue de cendre comme au dernier moment fatal. Il a fallu deux-cent cinquante ans pour en dégager les voies, déblayer les marchés, tirer de cette chape terrifiante les boutiques, les temples, le forum, les thermes et les amphitéâtres : ce fut une citée remarquablement conservée qui fut mise à jour, et un témoi-gnage intact de la vie romaine au Ier siècle.

 

[19] D’après Les Phéniciens, Aux origines du Liban, par Françoise Briguel-Chatonnet et Éric Gubel, Éditions Découvertes Gallimard Histoire, 1998, pages 40-141.

 

[20] Numérien : Jusqu’à son assassinat par Aper, préfet du prétoire, il succéda pour un an à son père Carus (Marius Aurelius Carus, empereur de 282-283), partageant le pouvoir avec son jeune frère Carin (Marius Aurelius Carinus), qui régna de 283 à 285, où il mourut assassiné par un tribun.

 

[21] Onze siècles plus tard, après sept semaines de combats, Constantinople sera prise, le 29 mai 1453, par Mehmed II, dit le Conquérant, qui mit fin à l’Empire byzantin et bâptisa Constantinople « Istanbul ».

 

[22] Histoire de la ville de Nicée : Aujourd’hui Iznik, ville d’Asie Mineure en Bithinie, sur le lac Isnik. Elle fut fondée en 316 av. J.-C. par Antigone le Borgne (Antigonos Monophtalmos), un des généraux d’Alexandre, sous le nom de Antigoneia, et fut prise par Lysimaque qui la baptisa Nikaia, du nom de sa femme, d’où le nom de Nicée. Elle fut au Moyen Âge l’une des villes les plus florissantes de l’Empire byzantin. Prise par les Sledjoukides en 1078, libérée et remise aux Byzantins par les Croisés en 1097, Nikaia fut la capitale de l’Empire de Nicée. Sous la domination turque depuis 1333, elle devint l’un des principaux centres de l’Empire ottoman, célèbre pour ses ateliers de poterie. À partir de 1331, elle prit le nom d’Isnik. “Le 2 mars 1331, après un siège d’un an, le sultan turc ottoman Orhan s’emparait de Nicée, laissant d’ailleurs aux Chrétiens l’usage de presque toutes leurs églises. La ville devenait Isnik. En 1402, elle fut pillée et ravagée par les bandes mongoles de Tamerlan, qui venait de battre le sultan Bayezid 1er Yildirim. Après sa victorieuse campagne de 1514 en Perse, Sélim 1er transplanta à Iznik des ouvriers iraniens en faïence, qui donnèrent à cet art une impulsion dont la ville tira profit et célébrité pendant plus de deux cents ans jusqu’à ce qu’au début du XVIIe siècle les ateliers fussent transférés à Istanbul au Tekfur Savari. À partir d’alors Iznik péréclita. Restée une halte sur la route d’Anatolie, elle cessa même de jouer ce rôle lors de la construction du chemin de fer d’Asie Mineure. Au cours de la guerre greco-turcque en 1922, elle eut à souffrir des incendies allumés par les combats. Ces dernières années, l’établissement d’un réseau routier dans la région et l’expansion du trafic automobile lui ont rendu les chances d’un nouvel avenir. Des multiples splendeurs dont la ville avait été pourvue il ne nous est parvenu que quelques ruines seulement. Et le site est l’un de ceux dont l’imagination du voyageur, aidée par la grandeur du paysage, devra le plus suppléer à la carence des vestiges du passé.” (Nagel Encyclopédie de Voyage, Turquie, Éditions Nagel, Genève/Suisse, 1988, pages 307-308)    

 

[23] Ce paganisme qui nous colle à la peau… Contrairement à l’esprit de cette chronologie, je me suis permis de critiquer ce point essentiel du Christianisme, étant ma religion, non pour le plaisir de le faire, mais par simple esprit de réforme. Et surtout pour montrer qu’en attaquant certains points du Paganisme greco-romain, qui est au Monde Antique ce que le Christianisme est au Monde Contemporain, le Christianisme de Nicée n’est pas sorti du cercle greco-romain en matière religieuse. On peut dire la même chose des Musulmans et de la Pierre Noire (dite « la Kaaba ») devant laquelle les fidèles se prosternent avec plus de paganisme que de vénération (puisque selon leur propre enseignement, on ne doit se prosterne que devant Dieu, et aucune pierre, aucun soleil n’est assez sacré pour Le représenter). Comme on peut dire cela des Juifs devant le Tabernacle et le Mur des Lamentations qui tourne à l’idolâtrie, tout sacré qu’ils soient (et quel que soit le souvenir qu’ils représentent : à mes yeux, c’est toujours un veau d’or… au propre et au figuré). Mais à chaque religion ses réformateurs, et si je critique la mienne et laisse aux autres le soin de s’occuper de la leur (c’est un principe que j’ai toujours respecté), ce côté iconoclâtre et idolâtre de la foi fait plus de bien que de mal à ses fidèles croyants (on a la religion qu’on mérite, et c’est surtout une question de niveau intellectuel !) et ne nuit en aucune façon à ceux qui professent une autre doctrine ou une autre foi. Ma chronologie ne poursuit aucun but religieux, sinon de montrer l’influence de l’intolérance religieuse au cours de l’Histoire, voilà ce qui me concerne et doit concerner tout le monde. Toujours est-il que, en règle générale (et certes je n’échappe pas à cette règle), nous critiquons dans les autres les mêmes défauts que nous portons en nous. Enfin, disons-le au seuil de cette fresque historique, le Paganisme que nous, les religions monothéistes, nous combattons et croyons avoir vaincu, a de son temps combattu comme nous d’autres formes de paganisme et d’idolâtrie... critiquant la paille dans l’œil  des autres, oubliant de voir la poutre dans la sienne. On n’est païen qu’aux yeux des autres, et inversement. Autrement dit, on ne voit jamais son propre paganisme. J’espère que le Daheshisme ne tombera pas dans ce même défaut… ce qui ne m’étonnera pas beaucoup ! Car malgré tous les enseignements reçus, la nature humaine surnage, l’on s’égare dans les mêmes erreurs du passé !

 

[24] Arabesque théologique de Nicée : Pourquoi ne pas dire directement qu’il est Dieu, simplement, ouvertement, au lieu de tourner autour du pot, confondant à plaisir le défini par le définissant, car on ne sait pas à qui s’applique cette strophe : « Dieu de Dieu, lumière de lumière, Dieu véritable de Dieu véritable, né et non créé, puisqu’il est ajouté, de même substance que le Père. Si la première s’applique à Dieu et non à Jésus, la seconde la rend inutile puisqu’elle le fait égal à Dieu. On voit aussi que le Credo de Nicée évite subtilement d’employer le verbe mourir,  à propos de Jésus, car selon lui Jésus-Christ, qui est Dieu, et Dieu supême avec le Dieu Unique, ne peut mourir. Et cependant, ne pouvant éviter l’écueil, le credo dit bien, souffrit et ressuscita. Si Jésus n’est pas mort, pourquoi réssusciter? Et s’il a réssuscité, c’est qu’il est mort. Et s’il est mort, pourquoi ne pas le dire. Car enfin, il est plus divin pour un IMMORTEL de mourir, que pour un être MORTEL de devenir immortel ; puisque en principe, les dieux peuvent tout sinon ne pas être.

 

[25] Les Alains : Peuple nomade d’origienne iranienne établi dans le Causase. Les Hérules : Peuple germanique originaire de Scandinavie établi à l’embouchure du Rhin. Les Ostrogoths, les Wisigoths et les Gépides : Peuples germaniques.

 

[26] Concile : Du latin concilium, assemblée. Réunion des premiers chefs de l’Église pour statuer sur des questions de dogme, de morale ou de discipline. Plus tard, avec la prédominance de Rome, elle a pris le sens d’ « assemblée des évêques de l’Église catholique ».

 

[27] La Mecque : En arabe Makka, ville de la péninsule Arabique située au Sud de Médine dans le Hedjaz, actuellement la capitale religieuse de l’Islam en Arabie Saoudite.

 

[28] Mouhammad (différentes manières d’écrire ou de prononcer son nom) : Muhammad ou Mahomet, mais il ne s’appelle pas plus « Mahomet » que Jésus le Nazaréen, dont le véritable nom était « Yassou’e » est devenu par translation et déformation « Jésus » en français.

 

[29] Abû Tâlib : Veut dire littéralement le père de Tâlib, ainsi désigne-t-on le chef d’une famille on ajoutant à son prénom celui de son fils aîné. Abû Tâlib est aussi le père de Ali, aussi ce dernier est-il appelé Ali ibn Abi Tâlib, et non Ali ibn Abû Tâlib. Grammaticalement on dit en arabe Abû Tâlib (le père de Tâlib) et Ali ibn Abi Tâlib (Ali, fils du père de Tâlib).

 

[30] Les enfants de Khadïdja : Selon certains chroniqueurs, elle donna à son nouvel époux deux fils, tous les deux morts en bas âge, et quatre filles, dont Fâtima.

 


 

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