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Article de la Semaine
Georges H. Chakkour
Site Jeune Lévrier
– Les Aberrations de la foi –
Persécution du Docteur Dahesh sous Béchara el-Khoury
[Article 8]
Le Pacte National libanais
« Ni l’habit fait le moine ni la religion le Président »
QUAND
LA ROUE tourna en sa faveur, d’opprimé le Clergé maronite devint
l’oppresseur des minorités, oubliant que d’autres communautés avaient droit à
la même liberté de pensée et d’action. La France mandataire essaya de laïciser
un tant soit peu le gouvernement sur les bases de la démocratie occidentale,
mais vite déposa les armes...
C’était jouer avec le feu.
Il aurait fallu recommencer la Révolution
française, dans une région qu’elle est venue apaiser.
« Les peuples chrétiens d’Orient sont semblables à une rose
au milieu des ronces. »
Un Pape du siècle passé a dit cette
gentillesse. En faisant cette déclaration il entendait les sujets ottomans
arabes et musulmans. En réalité c’est le Clergé lui-même qui en était les
ronces, car il n’est de pires ronces tant pour soi que pour les autres, que le
racisme et le fanatisme ! Ne pouvant consolider sa politique occidentale au
Moyen-Orient sans la bonne volonté du Patriarcat maronite, la France dut
compter avec l’esprit oligarchique et tribal de la région : féodal ! N’est-ce
pas étonnant que le premier diplomate chargé de parler au nom des communautés
du futur Liban (Conférence de la Paix), fut le Patriarche maronite Éliyas
Howayek, lequel revendiqua l’indépendance au nom de toutes les populations
des villes à majorité sunnite et des campagnes chiites, celles des cantons
druzes, grecs orthodoxes et catholiques, sans distinction, dit-il, de rite, de
race ou de confession. N’est-ce pas preuve que son pouvoir politique était bien
ancré au cœur de l’État. Que d’émeutes la France aurait alors eu sur les bras,
si ces malheureux citoyens, devenus subitement frères et sœurs d’un même
destin, avaient soupconné le despotisme qui se tramait en toile de fond
contre leurs droits à l’autodétermination stipulé dans le Pacte des Nations.
Tout indiquait, et bien dès le
commencement, que le Pacte National qui allait progressivement s’imposer
au Liban, et devenir inamovible à partir de 1943, n’était qu’une imposture
oligarchique aux fruits empoisonnés. La preuve ! Ce Pacte jamais ne fut
inséré dans la Constitution pour être ratifié ou amendé par le Parlement.
Ni l’habit ne fait le moine ni la religion
le Président... Quoiqu’il en soit, l’Affaire Dahesh confirme cette règle, le
pays était non seulement gouverné par l’Église, mais par une Église bien
abusive.
Je laisse la parole à Marie Hadad.
Testament historique de Marie Hadad
(Extrait)
[LE
CLERGÉ MQRONITE] a cherché par tous les moyens proscrits par la loi à mettre
obstacle au progrès de la vérité daheshiste au Liban, redoutable à son
autorité. Il a dans ce but calomnié nos principes dans la presse et, du haut de
la chaire dans ses églises, altéré nos enseignements par des sermons trompeurs.
Non seulement il diffama nos valeurs et
nous accusa de corrompre les esprits, il encouragea les autorités civiles
contre notre Maître dans le but de l’exiler sans procès équitable alors que
l’exil des citoyens, même dans un cas absolument grave touchant la sécurité
nationnale, est expressément proscrit par la Loi.
Le Clergé était bien placé pour savoir que
les enquêtes menées contre le Docteur Dahesh – où pas une seule fois ne lui fut
indiqué un seul chef d’accusation –
avaient toutes abouti à un non-lieu ! Elles ont surtout confirmé que « ses expériences spirituelles»
ne pouvaient avoir d’explication humaine possible, ni une source terrestre
accessible, quel que soit le degré de science acquis par l’homme. Selon les
propres conclusions de la police secrète, « elles tendent à la confirmation de
la foi en un monde invisible ». Autrement dit Dieu, le Christ et Ses prophètes.
Usant de faux témoignages, il [le Clergé
maronite] a cherché à forcer sa volonté sur nos juges. N’était-ce la sainte
Providence qui protège le Docteur Dahesh, sa force de caractère dans
l’adversité, nous serions tous devenus une proie facile dès le commencement.
Il a violé tous nos droits, pillé sa
liberté, et défiguré nos principes – se drapant du nom de Jésus pour accomplir
l’œuvre la plus cruelle depuis les temps barbares de l’inquisition.
Il a tissé autour de nous une toile de
cruautés dont on chercherait en vain un exemple aussi effrayant dans les
siècles sombres... En vérité, il a
couronné le front du Docteur Dahesh de la deuxième couronne d’épines, la seule
que jamais homme après Jésus méritât si glorieusement.
Depuis que la persécution a essayé de nous
assujettir et étouffer sous son étau, sans répit nous nous sommes adressé à la
conscience impartiale des hauts responsables, réitérant nos demandes au nom des
Droits de l’Homme. Et pas une fois nous ne heurtâmes ou blessâmes quelqu’un en
parole ou en médisance, usant de patience et de politesse envers tous, écrivant
à chacun d’eux dans les termes les plus respectueux, grand ou petit, ami ou
ennemi, les prévenant de la responsabilité d’une telle violation devant la loi.
Nous sommes des hommes et des femmes que jamais l’adversité ou la fortune n’ont
vu injustes, tyrans ou discourtois. Mais se taire plus longtemps serait une
pure lâcheté de notre part... Juges ? magistrats ? députés ? ministres ? la
presse ? Pas un ne bougea le doigt pour plaider notre cause, hormis une poignée
de braves qui firent de leur mieux, hélas inutilement. Plaider notre cause? au
contraire ! on nous mit du vinaigre sur la blessure comme jamais barbare ne
l’aurait fait. Ainsi aidèrent-ils la tyrannie à s’imposer et à consommer
l’injustice en attendant qu’un jour eux aussi, à leur tour, en soient la victime.
Malgré le fiel qui nous fut donné à boire,
nous n’avons jamais cessé de les considérer comme nos frères et nos sœurs.
Prenant à témoin la longue expérience des siècle, nous leur rappelions le
danger social derrière tout abus de pouvoir commis sur n’importe quel citoyen,
quelle que soit sa religion, quel que soit son Dieu, quel que soit le tort dont
il est accusé ; les exhortant à réfléchir, proposant l’ouverture de notre
procès, jetant devant leur cœur la preuve sublime de notre innocence, que l’enseignement
du Docteur Dahesh était destiné à être pour eux une mine d’amour et de progrès,
non de conflit et de haine (comme chacun doit l’être à chacun), que notre
religion ne prêche que la fraternité et le pardon, prenant Dieu à témoin que
notre idéal n’était que la liberté dans le respect de la loi, que nous avions
droit nous aussi, comme tout le monde, à la liberté de vivre, de penser, d’agir
et de nous exprimer selon ses valeurs. Enfin leur disions-nous :
Vous
cherchez en vain à nous vaincre, car il existe un Dieu au Ciel qui n’oublie pas
l’opprimé ! que l’injustice – même si elle échappe un temps au tribunal
humain – ne pourra se soustraire à la justice du Maître Suprême des Temps, que
l’abus est un cheval aveugle et sauvage qui finit par se jeter lui et son
cavalier dans les précipices du regret ! que l’oppression ne conduira le Liban qu’au désastre... ligne d’arrivée du
tyran et de la tyrannie !
Marie
Hadad
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Georges Henry Chakkour
L’Offrande Poétique

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Liban 1978
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